Renaître après le suicide d’un proche

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Comment se relever lorsqu’un mari, un fils, une mère, un ami choisit délibérément de “s’effacer” ? Comment dominer l’absence et le sentiment de culpabilité ? Ils sont quatre à témoigner avec courage, osant parfois même braver l’angle mort des doutes et des questions définitivement sans réponse. Le suicide d’un être cher plonge ceux qui restent dans des abîmes de douleur. Il faut pourtant relever la tête, mener sa catharsis. Tous affirment l’importance de se faire aider par des professionnels formés à l’accompagnement du deuil. Chacun vit une relation particulière avec ce départ caractérisé par une violence intime. Cet homme et ces trois femmes, adultes et conscients de devoir réinterpréter leur vie, veulent fuir le désert des pourquoi, le sentiment d’abandon, les coups de blues et les larmes parfois brûlantes. Tous veulent guérir, chacun à sa façon. Formidable leçon d’humanité.

Pierre se bat avec la perte de l’autre et progresse

vers un mieuxIl semble comme en convalescence, toujours pétrifié, fragile et tellement touchant. Pierre, homosexuel, a perdu son mari il y a cinq ans, deux ans après leur mariage. Celui qui partageait sa vie, atteint d’une maladie dégénérative, s’est suicidé au Maroc. Pierre, traducteur européen, élude les détails. Ce Bruxellois quadragénaire vit désormais avec ses deux chats. Il se rend régulièrement au Centre de prévention du suicide, où il trouve une oreille attentive et des motifs d’espoir. « Mon compagnon avait la sclérose en plaques et la maladie progressait inexorablement. Il avait de plus en plus de mal à marcher. La vie était devenue si compliquée que nous avions décidé de nous séparer. Deux, trois jours avant son geste, pressentant le pire, je lui ai adressé des messages l’invitant à rentrer à Bruxelles. Puis la nouvelle est tombée. Je me suis senti coupable. J’ai entamé la litanie des si, si, si… J’étais effondré. Aujourd’hui, je ne passe plus mes journées à pleurer ou à ressasser mais j’ai encore besoin d’aide. C’est terrible de penser que je n’ai pas pu prévenir son suicide. Au début, vivre était devenu une douleur physique et psychologique. J’ai pensé abréger ma vie. »

Pierre a gardé les vêtements, “les traces”, la maison, les souvenirs heureux ou pas. Il a retrouvé un compagnon. Mais il ne mène plus la vie mondaine d’avant. Il a fait le tri de tout ce qui l’alourdissait. Dans son regard saturé d’émotion, on devine à la fois de l’irréparable et de la guérison. « Je me suis mis à la méditation deux fois par jour, qui m’apporte beaucoup de calme et de sérénité. Je suis à nouveau capable de rire et de faire des bêtises mais le terme survie plutôt que vie s’applique à mon cas. » Pierre a dû gérer l’incompréhension des familles, les silences gênés des amis, les attaques acides. Il trouve du réconfort dans le yoga. « Je considère la vie autrement et parfois je reste accaparé par la douleur mais je vois aussi des progrès en moi, comme un nouveau départ. »

Betty a retrouvé du sens et écrit un livre

Elle est la seule à donner sa véritable identité (les prénoms des autres ont été changés). Betty, 66 ans, travaille depuis neuf ans dans un groupe de paroles. Elle a mis son épreuve au service des autres. Son fils Mike s’est suicidé à 35 ans. Elle en parle ouvertement, presque sans pathos. « Il était mal dans sa peau depuis des années, depuis une violente agression à Matonge. Il avait été opéré et souffrait de névralgies faciales insupportables. Il était devenu très dépendant aux médicaments et à l’alcool, puis à la drogue car seul le cannabis calmait ses douleurs, mais il augmentait ses tendances suicidaires. J’en veux beaucoup aux psys qui l’ont bourré de médocs qui n’ont fait que l’enfoncer. » Betty a fait son deuil. De sa fenêtre, elle voit la maison où son fils a mis fin à ses jours. Betty l’avoue sereinement : « Je m’en suis remise grâce à des tas de thérapies. » Employée à temps plein chez Fortis Banque, pensionnée depuis 2009, elle a trouvé le salut : « J’ai appris des langues, le piano, le solfège car mon fils était musicien, un très bon musicien punk rock. C’est ma façon à moi de me rapprocher de lui. » Mike s’était une première fois jeté sous le métro Bockstael, ce qui lui avait infligé des mois de revalidation. « La deuxième fois, il s’est ouvert les veines. Je l’ai trouvé avec la police. J’étais certaine que le malheur allait venir. Quand j’ai tambouriné à sa porte, je savais… »

On se demande où elle a trouvé la force de se rétablir pour afficher cette paix qui impressionne. « Je pense à mon fils avec le sourire. Tant qu’il était là, je le voyais souffrir. Mais nous ne sommes pas qu’un paquet d’atomes. Il y a de l’esprit en nous. Ma vie n’est pas finie, mais la vie d’avant, oui. » Pour ne pas couper le cordon, Betty écrit un livre sur son fils, “Sa guitare et son chat”, ses deux passions. Elle s’est gorgée d’ouvrages de spiritualité. Elle a fait du bénévolat à l’hôpital Saint-Pierre. « Le suicide reste tabou, dit-elle. Je regrette de ne pas avoir été assez maternelle. Quand on aime son fils, il faut le lui dire et le lui montrer. Je lui parle souvent comme s’il était là. Je lui écris des poèmes. » Betty a refusé tous les antidépresseurs. Son remède à elle se nomme Chopin. Elle raconte un beau moment symbolique. « Je pense à des choses amusantes à son sujet. Le 7 octobre 2008, nous devions aller voir Chuck Berry ensemble au Cirque royal. Mike était déjà parti. J’ai invité une voisine qui avait perdu son fils d’un cancer. J’ai regardé la scène, Chuck Berry avait le même ampli. Mike m’a laissé un mot d’adieu, “Si je ne peux plus jouer, pour moi la vie n’a plus d’intérêt.” » Betty se tient droite. Elle a domestiqué son malheur mais n’oublie pas son cœur de mère.

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Pauline veut surmonter son déchirement

Ne parlez pas du 22 à Pauline. Cette date est inscrite en lettres de deuil. Car le 22 juillet 2016, sa mère de 69 ans s’est jetée du dernier étage d’un immeuble en Hollande. Cette Saint-Gilloise tout occupée à lancer sa start-up a vu le pire arriver : « Elle était dépressive depuis 20 ans et j’étais la grande confidente de son mal-être. Elle n’a laissé aucun message. » La reconstruction a débuté très tôt. « Je l’ai veillée toute une semaine. Je lui ai mis du vernis pour qu’elle soit belle. J’avais une maman sans rides. J’ai peaufiné mon discours d’adieu. Je n’ai pas voulu de gerbe. J’ai pris ses géraniums pour la fleurir et je lui ai dit tout bas “Je veux évoluer avec toi dans la sérénité.” » Pauline offre un visage radieux face au drame qui s’estompe. « Je lui offre ma bonne humeur. Je suis étonnée comme la vie reprend. » Elle a observé une stratégie bien à elle, de douceur et de reconnaissance. Mais elle a d’abord pris un chien, Lucie, un terrier griffon. Un premier pas vers la consolation que lui apportait aussi son compagnon. Elle a suivi un stage de méditation, où elle s’est écroulée. « Je suis restée en pleurs pendant trois heures dans les bois à pleurer toutes les larmes de mon corps avec des cris que je n’avais jamais émis auparavant. » Elle garde chez elle un petit sanctuaire.

Tous les 22 de chaque mois, pendant un an, elle a revêtu la même robe que le jour de l’enterrement. Elle a surtout inventé un rituel libérateur, aimant, comme un antidote à un destin funeste. « J’ai conservé l’urne avec ses cendres durant plusieurs mois avant de les disperser en mer, à Wenduine. Je lui avais écrit une lettre de dix pages que j’ai photocopiée pour moi et dont j’ai brûlé l’original en la mélangeant à ses cendres. Avant cela, j’avais mis une touche de “J’adore” de Dior, son parfum préféré, avant de refermer le couvercle du cercueil. » Attentionnée, Pauline conserve des attaches : « J’utilise sa crème de jour, son shampooing, ses poudres à lessiver. » Puis elle revient au dernier moment sur la plage : « J’ai dessiné un grand cœur sur le sable. Nous avons sorti deux coupes de champagne avec mon ami. Et je me suis dit : “Un petit oiseau migrateur va t’emmener au soleil couchant.” » Tout ne va pas de soi cependant. Pauline y met du sien, de la volonté. Elle accuse la fatigue, ce symptôme si difficile à évacuer, cette épée de Damoclès prête à s’abattre. « Le deuil suinte là où on ne l’attend pas. » Tout reste en pointillé chez Pauline. Elle remplit des carnets intimes. Elle sort une photo d’une femme rayonnante et belle, sa maman. Elle fait parfois de mauvais rêves, voit des ombres sauter des toits, mais elle sait que le bonheur frémit à nouveau en elle, sans rien oublier.

Isabelle arrive à prendre la vie avec légèreté

Elle a des doigts d’enfant, finement ciselés, des yeux comme des amandes, et sirote un jus détox. Isabelle, une Française installée à Bruxelles après des études en psychologie, a perdu son petit ami à 18 ans, un âge où seule l’insouciance devrait guider une vie. Elle a 23 ans aujourd’hui, une expérience qui pèse lourd mais un langage qui rassure. « C’était mon premier amour. Je ne saurai jamais précisément les raisons de son geste. J’ai été très mal. Je suis passée par tous les sentiments. » On se doute que ceux-ci n’étaient pas faciles à vivre. « J’étais dans le déni complet. J’ai refusé d’en parler pendant deux ans. J’avais enfoui son acte au plus profond de moi. » Isabelle est la délicatesse incarnée, une fleur mince mais qui va mieux.

Rien d’obscur en elle, mais plutôt une bienveillance face à ce coup du sort un peu nébuleux. Elle ne laissera pas le chagrin fermenter. Changer de patrie l’a sans doute aidée à se remettre. Par pudeur, elle préfère ne pas donner de détails sur son geste ni même citer le prénom de son chéri dans cet article. Elle a frappé à la porte du CPS (lire notre encadré) qui fut « d’un soutien inégalable ». Elle ajoute ce qui ressemble à une profession de foi : « Je suis en résilience. Il faut être tolérant avec soi-même. Toutes les fêtes restent difficiles. La date anniversaire aussi. Je l’ai gravée en moi. Mais cette épreuve m’a fait prendre conscience de l’éphémère. Je jouis de l’instant présent. Je prends la vie avec légèreté et j’arrive un peu à me délivrer d’un poids. » Isabelle a gardé une place pour celui qui a décidé de se congédier, de disparaître à un stade où l’on aurait plutôt envie de croquer l’avenir à pleines dents. Elle amorce un sourire franc. Cet après-midi, elle anime un atelier avec de jeunes ados. Demain, elle trouvera un poste correspondant à son diplôme. Elle envisage le futur à Bruxelles. La jeunesse est son atout : « Je ne veux plus me morfondre », la première des bonnes résolutions.

Photo d’illustration.
Photo d’illustration.

“Il y a moyen de s’en sortir”

Maman de trois enfants, bientôt quatre, Katia Chapoutier a elle-même été confrontée au suicide de sa sœur, médecin de campagne, il y a onze ans. Est-ce cet événement tragique qui l’amène aujourd’hui à, comme elle dit, « indiquer un chemin vers la lumière » ? En fait, elle tient surtout à libérer la parole, redonner espoir, ouvrir vers un après où l’on se reconstruit.

Quel est le sens de votre livre, de ce recueil immensément humain ?

De dire aux endeuillés du suicide qu’ils peuvent trouver le bout du tunnel. Le suicide d’un proche vous plonge dans un marasme total. Au début, on imagine qu’on ne s’en remettra jamais. La première année, on est dans un brouillard total. La seconde, dans une solitude abyssale. On a l’impression de ne pouvoir parler qu’avec les grands brûlés de la vie comme vous. Mais non, on peut avancer sereinement vers une réparation. On découvre en soi des forces insoupçonnées, avec un tel instinct de survie. Il y a moyen de s’en sortir ! Même si on vit un enfer.

Katia Chapoutier (à dr.) et sa sœur.
Katia Chapoutier (à dr.) et sa sœur.

Comment s’en sortir ?

En se tournant vers les autres, dont on aura des retours gratifiants. On doit se décentrer de sa douleur. J’ai un témoin qui m’a dit : « En me reconnectant aux autres, ça m’a donné envie de poursuivre ma vie. » Cette vie n’est pas foutue. Mais j’avoue que tout est difficile, notamment les rapports avec les autres, qui ne sont pas prêts à entendre tant de violence liée au suicide. On devrait mettre sa peine dans un papier bulle pour parler avec eux car ils ne savent pas comment accueillir ces mots terribles.

Comment rompre avec le sentiment de culpabilité de ne pas avoir été assez attentif à la détresse du suicidé ?

C’est une question récurrente, en effet. On use tant de questions quand on se retrouve dans ce cas. Mais il ne faut jamais oublier que le suicide est un mille-feuille, un acte multifactoriel. Il faut accepter que beaucoup de raisons n’appartiennent qu’à celui qui a décidé de se suicider, que cela fait partie de son mystère et qu’on ne saura jamais. En pensant ainsi, on désamorce un peu de sa culpabilité. Et puis, il ne faut jamais ignorer les menaces ou les annonces d’un suicide, ne jamais penser ni se dire « Il ou elle ne le fera pas ». C’est l’erreur que j’ai commise avec ma sœur. C’est archifaux. Il faut prendre cela en considération.

Vous donnez un chiffre effrayant : chaque suicide impacterait 40 personnes dans l’entourage…

Parfois, c’est bien plus. Songez à un jeune qui se suicide, aux condisciples qui restent. Ma sœur était médecin de campagne. Sa mort a heurté énormément de ses patients. Pensez à un collègue qui disparaît, un voisin, un ami. On est au moins à 40 personnes en souffrance, souvent plus.

Votre livre ouvre des horizons apaisants : quelles clefs donner pour aller mieux ?

D’abord savoir que la bataille va être longue. Il faut manger, dormir, faire du sport car l’esprit est en surchauffe. Ensuite, il ne faut surtout pas croire qu’on peut s’en tirer seul : mieux vaut faire appel à un thérapeute qui connaît bien la problématique. Puis rejoindre un groupe de paroles où l’on rencontrera des gens plus loin que vous dans leur reconstruction qui vous démontreront qu’on peut remonter la pente. Je conseille aussi d’écrire, qui est aussi fondamental que parler, pour réduire la pression émotionnelle. Pour apprivoiser cette histoire insensée.

Que peut faire l’entourage direct ?

Des choses simples mais essentielles : apporter à manger au proche car il oublie souvent ses besoins vitaux. Le laisser parler. Le prendre dans ses bras. Mettre sa main sur son épaule. Lui laisser de l’espace pour évoquer le disparu. Nommer celui-ci. Partager des photos, des souvenirs. Surtout ne pas l’enfouir de peur de mal faire, que sa mort ne devienne pas un tabou.

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"La vie après le suicide d’un proche", par Katia Chapoutier, Le Passeur, 240 p., 19,50 € – e-Book : 8,90 €.

Six suicides par jour en Belgique

Au Centre de prévention du suicide (CPS), on accompagne aussi les proches. Avec des trésors d’empathie.

Il ne faut pas se voiler la face : la Belgique est frappée de plein fouet par le suicide : six par jour, 2.000 par an, plus 40.000 tentatives. Nous occupons la 6e place au niveau européen. Au CPS à Bruxelles, une équipe s’occupe d’accompagner le deuil des proches. Elle absorbe une part de leur profond désarroi en les aidant à émerger, à se réconcilier avec la vie. Dans une petite pièce aux couleurs chaudes, trois praticiens prennent le temps d’écouter, de remettre en perspective, de cautériser. Tous deux psychologues, Alexia Kervyn est psychothérapeute systémicienne, Nicolas Miest psychanalyste jungien. Ils traitent l’indicible en professionnels, une intervention bien nécessaire face au traumatisme de ceux qui restent. « Il faut les accueillir mais aussi les contenir, car la douleur peut parfois les submerger. Notre but est de les rejoindre au fond du puits avec un grappin pour les aider à remonter », débute Nicolas Miest. La renaissance peut prendre des années. Certains refoulent ce drame en eux très longtemps ; d’autres viennent après une semaine. « Mais tous ont besoin de bienveillance pour calmer leur peur, leur tristesse, leur colère », rajoute Alexia Kervyn. « Le suicide s’apparente à une transgression de l’interdit, peut-être la plus grave. Ceux qui restent doivent recréer du sens dans leur vie. » Dans l’intimité de ce petit cocon, des mots s’échangent, premier pas vers un mieux.

Mais le suicide règne comme un fantôme, « il y a des réminiscences ». « On n’efface pas la cicatrice, reconnaît Nicolas Miest. Il y a un avant et un après, une insécurité. Je compare souvent la situation à une forêt calcinée où, petit à petit, la vie reprend ses droits. » Il faut cohabiter avec des images cauchemardesques, accepter l’absence mais aussi admettre la volonté du disparu. « On ne peut pas tout décoder, estiment ensemble les deux psys. Il faut s’arrêter au seuil du mystère de l’autre. » La souffrance peut décroître, la paix venir à pas comptés, en tête en tête, en famille, en couple ou dans un groupe de paroles, au fil des séances une ou plusieurs fois par semaine. « Comment vivre ? Comment a-t-il pu me faire ça s’il m’aimait ? », ces questions reviennent comme une torture lancinante, un couteau dans la plaie ouverte du chagrin. Parfois, le dialogue s’interrompt puis reprend. Il arrive même que le psychothérapeute, inquiet voire alerté, aille rechercher celui ou celle qui s’épuise pour le convaincre de ne pas abandonner. Ne jamais abdiquer, toujours croire, faire confiance à la nature humaine, penser à demain. Mais savoir aussi que certaines familles sont plus touchées par le suicide, que des interactions morbides menacent, que le découragement peut survenir et saper tous les efforts. « C’est une souffrance massive, constatent les deux psys. Ils ont souvent l’impression qu’il n’y a plus de chemin alors que nous pouvons les aider à accéder à une forme d’apaisement. »

Centre de prévention du suicide, 108 av. Winston Churchill, 1180 Bruxelles. Tél. 02-650.08.69. www.preventiondusuicide.be/. Ligne d’écoute gratuite et anonyme : 0800-32.123. On recherche aussi des bénévoles pour l’accueil téléphonique 24h/24, 7 jours/7 toute l’année. Tél. 02-640.51.56. benevolat@preventionsuicide.be. Formation assurée sur place. Une nouvelle brochure “Après le suicide d’un proche” sort ce 20 novembre.

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