La chasse aux polluants domestiques !

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Les molécules chimiques présentes dans nos maisons se comptent par centaines. Cela va des produits solvants dans les peintures aux retardateurs de flammes que l’on trouve dans les matelas, en passant par le monoxyde de carbone, les matériaux de construction (présence de plomb, radon, amiante…), les moisissures, les bioacides (ou "pesticides d’intérieur") comme les anti-moustiques, anti-acariens, anti-fourmis, etc., mais aussi les parfums d’ambiance, les cosmétiques… Ce sont des substances que l’on est susceptible de toucher, respirer, parfois même d’ingérer et qui, à long terme, peuvent avoir un impact considérable sur la santé. « Tout le monde sait que ce sont des produits nocifs, mais dès qu’il s’agit de légiférer, la situation échappe à tout contrôle », déplore Jean-François Rixen, secrétaire général de l’asbl Eco-Conso. « En fait, dans le domaine chimique, on joue un peu à l’apprenti sorcier. Avant de pouvoir interdire un produit, il faut le définir précisément, établir des critères de dangerosité, étudier une par une les molécules qui le composent, déterminer l’impact de toxicité sur la santé… Cela demande un temps considérable. Et en Belgique, il n’existe pas d’obligation de prouver l’innocuité d’un produit avant de le mettre sur le marché. On doit attendre pour réagir d’en avoir découvert un effet négatif. Il suffit de voir le temps qui a coulé entre les premières constatations sur les effets de l’amiante et le moment où l’on a légiféré à ce propos ! Il faudrait pouvoir avancer à la fois du côté scientifique et politique, sans se laisser impressionner par les lobbys. Parfois, l’entreprise anticipe et s’adapte en remplaçant le produit suspect par un autre, mais c’est rare. Alors, en attendant, nous attirons l’attention du public sur la prévention ! »

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Revenons aux fondamentaux !

Parmi toutes les molécules chimiques, certaines ont la capacité de perturber l’organisme humain : elles se définissent par leur capacité à interagir avec le système hormonal qui régule des tas de choses dans le corps. Ce sont les fameux "perturbateurs endocriniens" : les phtalates, les pesticides, le bisphénol, le parabène, les retardateurs de flammes… ont ce pouvoir. Il faut savoir que les produits chimiques peuvent agir à doses faibles. Le risque existe, quelle que soit leur quantité. Tout d’abord par voie d’ingestion (par exemple les conservateurs alimentaires ou encore les récipients en plastique que l’on place au four à micro-ondes), ensuite par voie aérienne (poussières de…) et enfin par voie cutanée (les parabènes contenus dans certaines crèmes solaires par exemple). Si rien ne permet de prouver la toxicité de certains produits puisque l’on manque de temps et de recul pour le faire, on peut au moins tenter d’en limiter l’usage ou carrément de l’éviter si l’on est une femme enceinte, un adolescent ou un jeune enfant. « Nous préconisons de revenir aux fondamentaux, conseille Jean-François Rixen. Pourquoi utiliser une panoplie de produits complexes quand on peut se contenter de produits naturels aux pouvoirs similaires ? Le vinaigre, l’huile de lin, le bicarbonate de soude… Pourquoi coller son nouveau plancher plutôt que le clouer comme l’on faisait autrefois ? Pourquoi utiliser de la peinture plutôt que de la chaux quand c’est possible ? Pourquoi peindre la chambre du futur bébé une semaine avant sa naissance si l’on peut y penser un mois plus tôt ? Si les maisons neuves contiennent généralement davantage de matériaux toxiques que les anciennes, celles-ci demandent en revanche un examen attentif par rapport à la présence d’amiante ou de canalisations en plomb. L’essentiel est de savoir qu’il existe des alternatives pour tout ! »

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Comment vivre dans une maison saine

◗ Aérez tous les jours, pendant un quart d’heure, surtout si votre habitation est bien isolée ou que la pièce est humide. Dans ce cas, réglez le problème en aérant davantage, surtout s’il y a de la condensation et envisagez des travaux d’assainissement en cas de fuites ou de remontées capillaires dans les murs.

◗ Entretenez les appareils de combustion, les cheminées et la hotte afin de diminuer le risque de fuite de monoxyde de carbone (mortel !) et d’oxydes d’azote (NOx).

◗ Nettoyez avec des produits d’entretien écologiques. Sinon, vérifiez la date de péremption des produits chimiques et pensez à bien fermer les flacons, sinon ils dégagent des polluants en permanence. Pensez à l’eau, aux chiffons et lavettes microfibres (attrape-poussière efficaces), au bicarbonate de soude (celui-ci ôte les odeurs et moisissures, nettoie le four, entretient les canalisations) et au percarbonate de soude (blanchit le linge, dégraisse les joints), aux cristaux de soude à utiliser avec des gants (ôte les taches tenaces de fruits, de sang, de graisse, vivifie l’émail de la salle de bain, rend son éclat à la verrerie), au vinaigre d’alcool (désinfecte le frigo, ôte le calcaire, lave les vitres, adoucit le linge), au savon noir ménager (dégraisse les sols et les plans de travail, détache le linge, lave les vitres), au vrai savon de Marseille (lessive), à l’huile de lin (entretient le bois et les terres cuites), au jus de citron (désodorise, détartre, assainit et rafraîchit), au sel (récure, détache le thé au fond des tasses, conserve la couleur d’un jean), aux huiles essentielles (parfument, assainissent ou désinfectent), au marc de café (désodorise frigo et poubelle), à l’acide citrique (enlève les dépôts de rouille, à ne pas utiliser sur des surfaces délicates), à la cire d’abeille et autres cires végétales (polit les meubles en bois et les planchers), au Blanc d’Espagne (ou Blanc de Meudon qui récure en douceur la vitrocéramique et polit l’argenterie), à la terre de Sommières (enlève les taches grasses – notamment d’huile et de maquillage – sur les tissus et les sols) et aux cendres de bois (nettoie la vitre du poêle).

◗ Utilisez des matériaux naturels pour les colles, les peintures, les papiers peints, les meubles, les revêtements de sol.

◗ Papier peint : préférez le papier peint de cellulose 100 % naturel (il est fait de papier recyclé, de fibres de bois de pin et de liants naturels). Optez aussi pour la toile en fibre de verre à peindre, qui se pose sur les murs irréguliers. Évitez les papiers vinyle car ils contiennent des phtalates. Quant au papier peint traditionnel, il ne convient pas aux pièces humides.

◗ Enduits minéraux : plâtre, argile ou chaux : ils ont l’avantage de réduire les pollutions intérieures (attention au plâtre cependant qui est naturellement radioactif), de réguler l’humidité intérieure, de contribuer au confort thermique, de permettre une meilleure absorption acoustique et d’avoir une durée de vie assez longue.

◗ Bois, liège ou bambou : choisissez des éléments en bois massif non collés et non traités avec des fongicides ou des insecticides.

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Infos : asbl Éco-Conso, association de défense de l’environnement (Namur).