Ondes électromagnétiques: l’ennemi invisible

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Faire appel à un géobiologue est une excellente idée pour mesurer l’influence des ondes sur la santé. Nous avons contacté Jean-François Guillotte, et l’avons envoyé tester une maison située à la campagne, dans la région de Hannut. C’est en effet là qu’habitent Bertrand et Geneviève, un couple de quadragénaires qui souffrent depuis plusieurs années de maux de tête à répétition et qui se sont aperçus que même leur chien faisait des crises d’épilepsie. Vivant depuis quelques années à 30 mètres d’une église dotée d’une antenne-relais et étant eux-mêmes très connectés, Bertrand et Geneviève se sont demandé s’il pouvait y avoir un lien de cause à effet entre leur environnement et leur mode de vie d’une part et les céphalées dont ils souffrent constamment d’autre part. Ils ont donc accepté la proposition du « Soir mag » et nous en ont livré les résultats, assortis des conseils prodigués par Jean-François Guillotte, après une visite minutieuse qui aura duré trois heures. Il semblerait, à l’issue de celle-ci, que le couple serait bel et bien en train de subir les effets du cumul de toutes les sources d’ondes électromagnétiques présentes dans son habitation.

Jean-François Guillotte, géobiologue, mesure les ondes électromagnétiques et les champs électriques.
Jean-François Guillotte, géobiologue, mesure les ondes électromagnétiques et les champs électriques.

Le jardin

À l’extérieur de la maison qui, rappelons-le, se trouve à 30 mètres d’une église portant une antenne-relais, toutes sources confondues, la puissance maximale est de 7 milliwatts. « Nous sommes partout en dessous de la norme légale en Belgique. L’antenne de l’église émet 0,26 volt/m dans ma maison alors que la norme est de 3 volts/m », nous explique Bertrand. « Mais, quand on compare aux normes allemandes en baubiologie – mesures beaucoup plus strictes, déterminant un habitat sain – nous atteignons ainsi, à l’extérieur de la maison… sept fois la dose de 1 milliwatt considérée en baubiologie comme ayant déjà un effet « extrêmement significatif » ! » La proximité de l’antenne GSM est la cause principale de pollution électromagnétique dans le jardin du couple. Un résultat interpellant. En effet, selon le géobiologue, les ondes électromagnétiques peuvent, à la longue, perturber l’activité de notre système cellulaire, nerveux, endocrinien et immunitaire, et notamment avoir un impact sur le vieillissement des cellules et sur le cerveau. Des pathologies lourdes sont aussi notées (infarctus, leucémies, tumeurs cérébrales). Dans le magazine « Bio Info », Jean-François Guillotte rappelle les résultats d’une étude menée en 2003, en France et en Belgique, par René Santini. Par rapport aux stations d’antennes relais, il était apparu qu’en fonction de la distance des antennes, des maux de tête, des perturbations du sommeil et un sentiment d’inconfort pouvaient apparaître jusqu’à 200 mètres. De l’irritabilité, des problèmes cardiovasculaires et des difficultés de concentration jusqu’à 100 mètres. Les femmes seraient plus sensibles que les hommes pour sept symptômes : maux de tête, nausées, perte d’appétit, perturbations du sommeil, tendance dépressive, sentiment d’inconfort et perturbations visuelles. Les sujets plus âgés y seraient plus sensibles que les jeunes et la position « face aux antennes » serait la plus nocive.

Le salon

Mesures prises : 5 milliwatts pour le wifi et 4 milliwatts pour un téléphone sans fil (DECT). Avec l’effet cumulatif, on arrive déjà à 9 milliwatts, c’est-à-dire encore plus que dans le jardin !

Le bureau

Le deuxième téléphone sans fil et le wifi atteignent des pics dans cette pièce. Pourquoi ? Parce que c’est ici qu’est branché l’unique modem équipé d’un émetteur wifi de la maison. Quand Geneviève travaille à son bureau, sa tête se trouve exactement à moins de deux mètres du modem wifi et du téléphone sans fil. Sans compter son ordinateur et sa tablette qui peuvent se trouver là également. Le conseil de Jean-François Guillotte est dans ce cas de privilégier la connexion par câble de l’ordinateur et de couper le wifi qui ne sert en réalité qu’à surfer sur la tablette, ce qu’elle ne fait pas en permanence pour diminuer drastiquement la puissance des pollutions électromagnétiques venant de l’extérieur, on peut aussi réaliser un blindage complet de la pièce avec une peinture spéciale (comptez 200 euros le pot pour 40 m2).

La chambre

Cet endroit qui doit privilégier le sommeil est sans conteste la pièce qui porte finalement le plus à conséquence sur la santé du couple. On peut dire que Bertrand et Geneviève ont fait fort : dans cette pièce se trouve exactement tout ce qui ne devrait pas s’y trouver et qui en fait une source d’ondes très importante. Durant la nuit, Geneviève dépose sa montre connectée de type « Applewatch » sur sa table de chevet, ainsi que sa tablette, à proximité de sa tête donc. « C’est un peu comme si elle dormait dans le four à micro-ondes », rit son mari. Aux ondes électromagnétiques que ces deux appareils émettent, vient s’ajouter le problème des champs électriques de basses fréquences issus du réseau électrique 220V/50Hz. Ceux-ci sont émis par le radio-réveil de Bertrand, les deux lampes de chevet non équipées d’une connexion à la terre à la terre et émettent un champ électrique même si elles sont éteintes… sans compter les lits électriques dont les sommiers métalliques, n’étant pas raccordés à la terre, propagent un champ électrique sur leur corps. N’importe quel adepte du feng-shui en mangerait son pyjama. Un bon point cependant : Bertrand et Geneviève n’ont pas placé de télévision dans leur chambre. Le conseil de Jean-François Guillotte : si l’on ne veut pas se séparer de son lit électrique, on peut s’arranger pour que l’ensemble des parties métalliques soient raccordées à la terre. Tous les appareils électriques pourraient aussi être branchés sur une multiprises blindée avec raccordement à la terre (que l’on coupe avant d’aller dormir). Le radio-réveil doit être placé à au moins trois mètres du lit ou être remplacé par un simple réveil sur piles. On peut aussi placer le lit (à condition qu’il ne soit pas électrique) sous un baldaquin spécialement prévu à cet effet et/ou sur un tapis de sol raccordé à la terre. En tout état de cause : tablette, GSM, smartphone, téléphone sans fil, télévision, radio, ordinateur… n’ont rien à faire dans une chambre prévue pour se ressourcer.

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Si vous apprenez qu’une antenne-relais va être installée près de chez vous, songez à téléphoner à l’ISSEP (Institut scientifique de service public), à Liège, qui enverra quelqu’un pour vérifier que les normes légales ne soient pas dépassées. Tél. 04-229.83.11.