mercredi 30 avril 2008, 12:09
Astrid : « Je ne suis pas une superwoman »
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PIERRE DE VUYST
Nous l’avions accompagnée pour sa première mission en tant que représentante spéciale de Roll-Back Malaria (litt. faire reculer la malaria) en Afrique. Cette association est un partenariat mondial créé par l’OMS, le programme des Nations-Unies pour le développement, la Banque mondiale et l’Unicef et dont l’objectif est de réduire de moitié la morbidité liée au paludisme d’ici 2010.
En Tanzanie, la princesse Astrid avait délivré son message dans un vent de fraîcheur et de spontanéité bien trop rares au Palais. Elle l’a réitéré à l’occasion sa deuxième mission en Zambie. Au coin du feu où rôtissaient paisiblement un bœuf et cinq poulets à la broche, la Princesse se détendait avec les membres de l’expédition Zambèze, qui parcourent en Zodiac les 2 500 km du fleuve, à travers six pays, pour médiatiser la lutte contre la malaria. Sous le ciel étoilé qui éclaire à peine ce bout de terre perdu à une heure de route de Livingstone, elle s’est alors confiée, une bouteille de bière à la main (quand on vous disait que c’était relax !) aux membres de la presse présents, dont notre consœur Martine Dubuisson, du journal Le Soir. « Je n’ai rien comme mérite en tant que fille du Roi. Je ne suis pas une superwoman. Mais je peux faire en sorte que vous veniez avec moi, vous les médias et attirer l’attention. Moi, je peux aider à promouvoir des actions comme celle-ci. » Celle qui aurait aimé être médecin avoue franchement : « Je ne suis pas “aventure”, je laisse ça à mes enfants : ma fille a fait un saut à l’élastique ! »
Au cours de ce séjour, la Princesse aura visité des villages, des hôpitaux, partout distribué des moustiquaires. Partout, elle a été confrontée à des situations pénibles. « Émotionnellement, c’est très dur. J’ai parfois du mal à retenir mes larmes, surtout face au regard des enfants qui semble dire : “faites quelque chose”.
Astrid abordera toutes les questions posées, même sur les dotations de la famille royale et sur l’avenir public ou privé de ses enfants : « Je veux les laisser choisir leur voie, ne rien imposer. On fait tout pour qu’ils aient un métier, qu’ils soient heureux, bien dans leur peau. Et ils auront une profession. »
Mais ce voyage sera, surtout pour Astrid l’occasion d’envoyer un message au monde : « Nous sommes tous liés par une humanité commune et toutes les vies ont la même valeur. Le seul moyen de combattre la malaria est de se battre ensemble, se battre fort, se battre vite. »

