vendredi 25 avril 2008, 11:32
Hitler ni juif, ni père
Alain Van Der Eecken
Depuis des décennies, l’histoire familiale d’Adolf Hitler est encombrée d’une mythologie qui tient du bric-à-brac malsain, d’une revisitation pathologique, enfin de délires qui laissent des traces ça et là, permettant à une fascination putride de trouver de nouveaux points d’ancrage et à certains secteurs de l’édition de bénéficier d’une rente inépuisable.
Au terme d’une enquête, Jean-Paul Mulders, journaliste au quotidien « Het Laatste Nieuws », fait justice de quelques-unes de ces constructions qui émaillent la littérature spécialisée. Mulders a retrouvé des membres de la famille d’Hitler, en Autriche où une dizaine d’entre eux porte le nom d’Hüttlers et aux Etats-Unis, à Long Island, où vivent trois arrière-neveux. Jean-Paul Mulders a effectué des prélèvements ADN qu’il a fait analyser, présentant, selon le journaliste, une concordance prouvant qu’Adolf Hitler était bien de cette lignée et non « un batard ayant eu un grand-père juif ». Autre légende, celle de Jean-Marie Loret, né en 1918, près de Saint-Quentin, qui se présentait comme le fruit d’une liaison qu’Hitler aurait eue en France. Selon cette thèse, M. Loret ayant eu une nombreuse descendance, certains se croyaient autorisés à affirmer qu’il y avait des dizaines de descendants d’Hitler en France. Ayant fait analyser l’ADN récolté au dos d’un timbre prélevé sur une lettre envoyée par Jean-Marie Loret, le journaliste indique que le « profil ADN s’écarte fortement de celui des descendants américains et autrichiens d’Hitler ».
Selon Jean-Paul Mulders, ces deux mythes ont donc été sacrifiés sur l’autel de la vérité « historique ». Bien sûr, d’autres légendes continuent à nourrir la mythologie du « Führer », on ne peut que tristement constater que ce filon n’est pas prêt à se tarir.

