Vacances: comment vaincre le mal des transports

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Sur l’océan, cela commence souvent par la sensation d’avoir un peu froid, sur la route par celle d’avoir trop chaud. À la sensation de malaise viennent rapidement s’ajouter les premières nausées. Dès ce moment, le monde entier peut s’écrouler, les passagers du bateau passer par-dessus bord, cela vous est complètement égal. Vous êtes obnubilé par l’unique et intense désir de sortir-de-là-tout-de-suite! Mourir vous irait aussi. Et en attendant, surtout, que l’on évite de vous demander de consulter la carte ou même de vous adresser la parole. Et que dire des enfants, si ce n’est que bon nombre de parents redoutent les longs trajets sinueux en leur compagnie, notamment en montagne, quand il leur est absolument impossible de s’arrêter avant des kilomètres et que le petit ressemble de plus en plus à Shrek…

Les premiers symptômes peuvent être de nature diverse: une sensation de lourdeur, d’étourdissement, un malaise inexplicable, parfois des maux de tête, des sueurs froides, de la somnolence, de l’hypersalivation, de la tachycardie (le cœur bat plus vite) ou encore la sensation de respirer plus vite. Les enfants en bas âge ne pouvant expliquer leur ressenti, se mettent généralement à pleurer. Si la personne incommodée ne quitte pas rapidement le véhicule ou si l’accostage n’est pas prévu de sitôt, il y a fort à parier que les vomissements s’ensuivront. Le soulagement est souvent immédiat. Certaines personnes parviennent en revanche à contrôler la situation, soit en s’habituant aux mouvements du véhicule, soit parce qu’elles changent de place (celle du passager à l’avant et celle au milieu de la banquette arrière sont les plus adéquates à cet égard), qu’elles ouvrent la fenêtre, soit encore parce que la voiture gagne l’autoroute ou que le conducteur a réduit sa vitesse et évite les à-coups.

Un phénomène de discordance

Quel est le mécanisme qui conduit à ce sentiment de malaise? Nous avons posé la question au Dr Christian Van Nechel, neuro-ophtalmologue (Hôpital Erasme), spécialiste des troubles vestibulaires. «Notre organisme présente de nombreux capteurs sensoriels qui informent le cerveau de notre position dans l’espace, ainsi que de nos mouvements. Le mal des transports provient d’une discordance entre les informations sensorielles en provenance de l’œil et celles en provenance des organes de l’oreille interne, c’est-à-dire l’appareil vestibulaire, où sont situés les capteurs de l’équilibre et de la gravité», nous explique-t-il. Concrètement, comment cela se passe-t-il? Prenons le cas du bateau: notre oreille interne nous dit que l’on bouge beaucoup, alors que notre vision analyse un environnement beaucoup plus calme. Il y a donc discordance. Dans le cas de la voiture, c’est le contraire: notre oreille interne signale que l’on ne bouge pratiquement pas, alors que notre vision enregistre un paysage qui défile à toute vitesse. Là aussi il y a discordance. «En fait, l’oreille interne ne capte pas la vitesse, mais bien l’accélération, précise le Dr Van Nechel. Et donc, si vous roulez à vitesse constante, il n’y a pas d’accélération, donc peu d’informations vestibulaires, mais la vision capte le glissement du décor visuel, il y a donc discordance. D’où les enfants malades sur autoroute. Par contre, sur une route sinueuse en montagne, c’est une situation similaire au bateau: le vestibule capte plus de mouvements que la vision si l’enfant, assis à l’arrière, regarde à l’intérieur de la voiture ou pire encore s’il lit ou regarde une vidéo.» En avion (problème de trous d’air mis à part), il y a peu d’accélération, à part au décollage et à l’atterrissage, et pas d’informations visuelles de mouvements puisque l’habitacle bouge comme le passager. Il existe en revanche des vitesses et des balancements plus critiques que d’autres: «Ce sont ceux qui vous font faire un cycle complet d’oscillation en 5 secondes, poursuit le médecin. Il s’agit de la fréquence que notre corps a le plus de mal à décrypter et qui est donc, physiologiquement, la plus difficile à supporter. On la retrouve, par exemple, sur un bateau quand il est à l’ancre en mer et que son mouvement associe roulis et tangage.»

Trucs et médocs contre la cinétose

* Avant de partir en bateau: avoir bien dormi, n’être pas stressé, emporter un bon pull, avoir calé son estomac par un petit repas sans alcool et s’installer soit à la barre, soit à un endroit d’où l’on puisse fixer l’horizon, loin des odeurs de diesel ou d’essence, à l’extérieur et le plus bas possible.

*Avant de partir en voiture ou en autocar: porter des vêtements qui ne serrent pas, s’installer à l’avant ou, dans la voiture, au milieu de la banquette arrière, ouvrir la fenêtre, ne pas lire, parler à l’entourage sans quitter la route des yeux et face à celle-ci.

* «Dans tous les cas: vous pouvez prendre un antinauséeux ou un antihistaminique (disponible sans ordonnance), sachant que ce dernier, qui diminue le signal issu de l’oreille interne, présente l’inconvénient d’être sédatif, avertit le Dr Van Nechel. Le médicament le plus efficace à l’heure actuelle – mais on ne le trouve qu’en France – est la scopolamine: il s’agit de patches cutanés qui présentent moins d’effets secondaires sur le plan digestif.»

* Parmi les remèdes naturels antiémétiques sur le marché, on dispose du gingembre, de l’huile essentielle de menthe poivrée ou encore de la coculine (homéopathique).

* Des exercices lents de respiration abdominale profonde permettent de diminuer les symptômes, ne serait-ce qu’en distrayant la personne de son malaise. Il faut essayer, ce faisant, de désynchroniser sa respiration du mouvement du corps, en accélérant légèrement le rythme respiratoire.

* Nouveau sur le marché: les lunettes imaginées par la start-up Boarding Ring qui contiennent du liquide en mouvement dans des anneaux disposés autour des yeux. Une fois portées, la vision perçoit une information similaire à l’oreille interne. Les deux sens sont synchronisés et le mal des transports disparaît en quelques minutes. Existe en modèles adultes (75 euros) et enfants (60 euros). Info: boardingring.com/

Le saviez-vous?

Globalement, on considère que 30% de la population est sujette au mal des transports, principalement les femmes (70%), ainsi que les enfants âgés de 2 à 12 ans. Les nourrissons semblent épargnés: leur position couchée et le fait de dormir – donc d’avoir les yeux fermés – devraient expliquer cet avantage.

Les marins ont le mal de mer…

Une étude a démontré qu’après 30 ans de métier, 80% des marins naviguant en mer d’Islande souffrent toujours du mal de mer. Pire: la majorité des accidents domestiques, principalement des chutes, dont sont victimes les marins islandais se produisent dans les trois jours qui suivent leur débarquement. Le temps que l’oreille interne et la vision se remettent au même diapason…

… les astronautes le mal de l’air

Les astronautes envoyés dans l’espace sont malades pendant les deux jours qui suivent le décollage, au point de ne pouvoir rien faire. Cette inactivité a un coût qui incite les labos de recherche et les agences spatiales à dégager des budgets colossaux pour tenter de venir à bout de ce problème. En vain jusqu’à présent. Seule la scopolamine les soulage un peu.

Dans la nature de l’homme

Quand il y a discordance entre la vision et l’oreille interne, le cerveau ne sait plus à quoi se fier et émet ce signal d’alarme, vital, ancré dans notre système neuronal, qu’est la cinétose. Pourquoi vital? Parce qu’il avertit l’humain qu’il est désormais incapable de se situer correctement dans l’espace, donc de tenir son équilibre, et qu’il risque de chuter.

 
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