«Le tampon est une poubelle chimique»

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Dans un documentaire récent diffusé sur France5, Margaux et Justine expliquaient la fatigue immense qu’elles ont d’abord ressentie, suivie de nausées, vomissements, rougeurs de la peau, gonflement de la langue, hypotension, emballement du cœur et les organes qui lâchent les uns après les autres. Les deux jeunes Françaises âgées respectivement de 23 et 26 ans témoignaient et osaient dire la mort qu’elles ont frôlée pour avoir mis un tampon… «Si le flux menstruel est bloqué par le tampon dans le vagin et que dans celui-ci, il y a déjà le staphylocoque doré – entre 20 et 30% des femmes en sont porteuses–, celui-ci va utiliser le flux menstruel comme milieu de culture, se développer et libérer ses toxines dans le sang», explique le professeur Gérard Lina, microbiologiste du Centre national de référence des staphylocoques de Lyon. Si l’on sait que depuis l’an 2000, les cas d’infections au staphylocoque sont en augmentation, il est difficile de chiffrer précisément la responsabilité du tampon dans le choc toxique menstruel, le CTM, car souvent le bon diagnostic n’est pas posé. Ainsi Margaux s’est vue d’abord expliquer que sa vie sexuelle était à l’origine de son problème de santé. On estime pourtant que le nombre de CTM a quadruplé en 12 ans. Mais le flou subsiste à propos des mécanismes précis qui lient la bactérie et la protection hygiénique interne. Flou que le professeur Lina veut lever. Décidé à étudier en quoi la protection intime modifie la physiologie de la bactérie, le scientifique s’est lancé non sans mal dans la collecte de tampons usagés. Mais là n’est pas le seul problème de santé posé par le tampon. Blanchi au chlore, le dispositif peut contenir de la dioxine, un des produits chimiques les plus dangereux. Or cette molécule a une structure chimique lui permettant d’être facilement absorbée par les parois du vagin qui, de surcroît, sont perméables. «Les quantités de dioxine de chaque tampon sont faibles mais durant leur vie, les femmes utilisent en moyenne 11.000 protections», s’inquiète Philippe Tierno, microbiologiste et pathologiste à l’université de New York. Le chercheur belge Dominique Lison, de l’UCL, précise quant à lui que lors de ses recherches, les 70 femmes atteintes d’endométriose, maladie du tissu qui tapisse l’utérus, présentaient un taux de dioxine plus élevé que le groupe test. Ainsi les recherches de scientifiques des quatre coins du monde pointent différents éléments qui peuvent inquiéter les femmes utilisant les tampons; les uns mettent en évidence les chocs toxiques menstruels, les autres soulignent les liens entre endométriose et dioxine, les derniers montrent que les tampons contiennent des perturbateurs endocriniens, des substances cancérigènes et des phtalates nuisibles à la fertilité. «Le tampon est une poubelle chimique», assène Bernard Tailliez qui a testé en 2016 les tampons de six grandes marques! De quoi inciter les femmes à réclamer des études scientifiques précises sur les dangers pour leur santé de cet objet de leur hygiène intime dont la composition n’est même pas renseignée sur l’emballage!

 
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