Ils brassent avec vous et pour vous

Nicolas Goffin et Antoine Lavis (de g. à dr.) ont imaginé et mis en œuvre le concept du brassage à domicile.
Nicolas Goffin et Antoine Lavis (de g. à dr.) ont imaginé et mis en œuvre le concept du brassage à domicile.

Mimi et Thierry sont ravis : ils pourront bientôt déguster leur « Couvée du Coucou » élaborée par leurs soins avec l’aide de JBCV, à savoir « J’irai brasser chez vous ». « C’était le cadeau d’anniversaire de nos filles, explique le couple. Une idée très sympa. Ça nous a pris tout l’après-midi pour brasser notre bière maison. On a tiré 18 litres. Tout est mis en bouteille. Et maintenant, il faut attendre quelques semaines avant de goûter pour voir ce que ça donne. » Cette microproduction, unique en son genre, les remplit de joie. Ils pourront très vite déboucher la « Cuvée du Coucou », clin d’œil à leur lieu de vie.

À l’origine de JBCV, on trouve deux amis amateurs de bière qui ne se doutaient pas au départ de l’accueil enthousiaste que leur initiative susciterait. Antoine Lavis, 32 ans, est originaire de Havrenne, non loin… de l’abbaye de Rochefort. « J’avais un ami qui faisait de la bière, retrace-t-il aujourd’hui. Il préparait le brassin, s’occupait de tout. Je me suis rendu compte que ce n’était pas si compliqué. J’ai commencé avec quelques casseroles dans le garage de la maison des parents de mon futur associé. C’était totalement artisanal et empirique. » Renfort appréciable, Antoine Lavis bénéficie des conseils du maître brasseur de la Rochefort. Un monde s’ouvre à lui. Il trouve un partenaire en la personne de Nicolas Goffin. L’idée germe tout doucement. En attendant, il décroche son diplôme de sciences agronomiques, spécialisé en aménagement du territoire. La passion devenue hobby et qui se transformera un jour en activité principale doit encore mûrir. « Je suis parti deux ans me former au Québec dans un « brew pub » comme on dit là-bas. Il en existe plein à Montréal. Ce sont des brasseries qui produisent leur propre bière. C’est courant en Amérique du Nord. Je suis devenu brasseur manager. Puis je suis rentré en Belgique compléter ma formation en ingénieur industriel. »

L’amateur de bières a identifié son métier. Moyennement épanoui dans ses précédents jobs, il commence à concevoir son projet : et pourquoi pas aller à domicile, chez les gens, en fabriquant ensemble leur propre bière ? L’idée est séduisante mais est-elle rentable ? Au vu des premiers résultats, la tendance semble positive. « Ça nous a pris deux ans pour faire aboutir l’idée, reprend Antoine Lavis. Il a fallu tout organiser, tout imaginer car rien n’était configuré. J’ai pu bénéficier du coaching d’une « couveuse d’entreprises » en marketing, gestion et comptabilité. Le vrai lancement s’est opéré il y a six mois. Et je dois dire qu’on a de la demande… »

Le salon, la terrasse, le garage se transforment en microbrasserie

JBCV étend son réseau de collaborateurs dans différentes villes belges et compte encore se développer. Laurent Noël, animateur JBCV, est de ceux-là dans son atelier d’Overijse. Il se déplace au gré des appels. La séance dure quatre heures et est facturée 300 € + les frais de déplacement. Si l’on souhaite inviter d’autres amis à assister au brassage, il faut compter dix euros par personne en plus. Comptez quatre personnes pour impliquer tout le monde. JBCV débarque toujours avec un petit cadeau : des bières de la coopérative de la Brasserie de la Lesse. Et l’animation démarre. Le salon, la terrasse, le garage se transforment en microbrasserie. L’expérience tient à la fois du jeu et du sur-mesure. « On définit ensemble en direct ce qu’on veut : amertume, goût, choix de la levure et du houblon, épices. Seul le mélange de céréales se fait préalablement, détaille Antoine Lavis. On fixe la couleur, le degré d’alcool et c’est parti ! » Lui assure la partie technique, tandis que les clients concoctent la cuvée à faire boire aux amis. Le tout ressemble à une grande première, qui plus est personnalisée. Difficile de trouver plus convivial et très belge aussi. JBCV anime des mariages, des ateliers, des créations en famille ou entre copains. Et pour enrichir leur expérience, les animateurs repartent toujours avec deux bouteilles produites selon leur style. Elles seront conservées, puis testées et évaluées dans une sorte de registre maison à consulter.

Antoine Lavis (qui est aussi comédien amateur) se réjouit d’avoir eu le bon plan. Celui-ci s’avère festif et il crée de l’animation. Au fil du temps, il s’aventure dans des mélanges inédits : « Je me souviens d’une bière avec des pétales de sureau, ou d’autres aux fruits ou au miel. À chaque fois, c’est une tentative et une découverte. » Lui arrive-t-il de se rater ? « C’est rare mais c’est parfois arrivé, admet-il. En fait, nous avons suffisamment de connaissances pour que tout se passe bien. » JBCV s’inscrit dans une tendance de fond : l’amour des Belges pour les bières spéciales. Celles-ci le sont plus que tout puisqu’elles sont inédites et en tirage infinitésimal. « Ce penchant me vient de mon père, conclut-il. Il prend plaisir à faire ses confitures, ses légumes en revendiquant l’autonomie. Idem ici pour la bière que chacun peut imaginer à sa guise. » Et puis quel plaisir de bientôt trinquer à la « Cuvée du Coucou » qui attend sagement la consécration.

Antoine et Nicolas emportent tout leur matériel de brassage chez le client.
Antoine et Nicolas emportent tout leur matériel de brassage chez le client.
Opération brassage dans le garage, la cuisine, le jardin…
Opération brassage dans le garage, la cuisine, le jardin…
Les bouteilles finalisées sont soigneusement étiquetées et emballées.
Les bouteilles finalisées sont soigneusement étiquetées et emballées.
L’après-midi se termine par une dégustation festive avec les amis qui ont participé à la confection de la bière.
L’après-midi se termine par une dégustation festive avec les amis qui ont participé à la confection de la bière.

 
 
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