Le meilleur moyen de faire jouir une femme

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Le grand Freud affirma que la jouissance clitoridienne était immature et que les vraies femmes, non névrosées et non déviantes, se devaient de vivre l’orgasme vaginal. Freud a l’excuse de son siècle. Pourtant aujourd’hui encore, près de 100 ans après les déclarations du père de la psychanalyse, il se trouve encore des sexologues des plus réputés pour vous expliquer lors de cours de sexologie qu’il ne faut pas aider les femmes à s’épanouir au lit en mettant l’accent sur le clitoris car ce plaisir enferme dans une sensation solitaire et ne permet pas le partage... Et le spécialiste renommé de préciser qu’il faut au contraire développer d’autres habiletés physiques pour que le coït soit jouissif ! Sans nul doute maîtriser les mouvements du bassin, les contractions du périnée et le travail de la respiration sont essentiels au plaisir mais pourquoi diable le clitoris devrait-il être mis hors-jeu d’une partie de jambes en l’air ? Des caresses clitoridiennes ne peuvent-elles être intégrées aux jeux sexuels du couple ? De plus cet organe, ce « bouton de rose » comme l’appela le XVIIIe siècle, est impliqué dans l’orgasme vaginal, ses parties internes (corps caverneux et bulbes vestibulaires) stimulées lors de la pénétration entraînant la jouissance.

Orgueil de mâles et plaisir de femmes

L’anathème dont souffre encore le clitoris s’explique sans doute par un vieil orgueil machiste. Certains hommes peuvent avoir des difficultés à accepter de ne pas être à l’origine de la jouissance féminine. Ils peuvent vivre mal de voir leur sexe bandant et tout-puissant battu sur l’échelle du plaisir par le clitoris car ce petit organe destiné au seul plaisir et dont le gland apparent est doté de 8000 terminaisons nerveuses est le moyen privilégié pour que les femmes montent au 7 e ciel. Dès 1976, le rapport de la sexologue américaine Shere Hit mené auprès de milliers de femmes établissait que seulement 30 % des femmes avaient régulièrement un orgasme lors de la pénétration vaginale et que le centre de leur plaisir était la stimulation clitoridienne. Et quarante plus tard, les choses ne semblent guère avoir changé. Une nouvelle étude menée par Debby Herbenick de l’Université de l’Indiana et publiée en juillet dernier dans le Journal of Sex & Marital Therapy atteste que seulement 18,4 % des femmes interrogées (1055 âgées de 18 à 94 ans) atteignent l’orgasme lors de la pénétration… Par contre 36,6 % d’entre elles ont déclaré que la stimulation du clitoris est nécessaire pour jouir pendant les rapports sexuels et 36 % supplémentaires ont indiqué que, bien que la stimulation du clitoris ne soit pas nécessaire, leur orgasme est amélioré si leur clitoris est stimulé pendant les rapports sexuels.

Stimulation douce et pression modérée

Ces messieurs savent dès lors ce qu’il leur reste à faire s’ils veulent que leur partenaire monte au 7 e ciel en leur compagnie. Mais attention, si le clito est essentiel pour le plaisir de la grande majorité des femmes, les façons de le stimuler sont multiples tant au niveau de l’emplacement que des mouvements ou de la pression. Si les deux tiers des femmes interrogées aiment que leur clito soit directement stimulé de façon douce et modérée – gare aux caresses trop appuyées, elles peuvent être douloureuses –, les unes (64 %) aiment qu’il soit caressé de haut en bas, les autres (51 %) qu’il soit titillé par des mouvements circulaires, les dernières (30 %) par des frottements de gauche à droite. Et comme tout lasse quand la routine s’installe, quelque 75 % des femmes apprécient également les changements de rythme et de mouvement.

Le plaisir ne serait ainsi qu’une question technique ? Une affaire de rythme, de mouvements et de pression ? Non bien évidemment. Si les gestes comptent comme leur précision – et pour poser les bons, mieux vaut en parler au sein du couple –, l’intimité émotionnelle du couple est également importante. L’étude publiée par le périodique scientifique l’atteste qui précise que la plupart des femmes interrogées ont dit que leurs plaisirs sont plus grands si elles nouent une relation intime et émotionnelle forte avec leur partenaire.

 
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Signé Stéphane Bern