Le gaz change: 10 questions pour comprendre ce que vous devez faire

Le gaz change: 10 questions pour comprendre ce que vous devez faire

La conversion ne débutera qu’en 2018 et s’échelonnera jusqu’en 2029. Mais des centaines de milliers de Belges sont concernés. Et il est déjà temps de s’y préparer pour une bonne part d’entre eux. De quoi parle-t-on ? De la modification de notre approvisionnement en gaz naturel, pour les ménages et les entreprises alimentés par le réseau (on ne parle pas ici du gaz butane ou propane en bouteille ou en citerne, ni même du gaz destiné aux voitures). En résumé, les Pays-Bas, qui fournissent aujourd’hui environ la moitié de notre gaz naturel, vont progressivement stopper l’extraction (leur gisement s’amenuise) et donc leurs livraisons. Pour compenser, la Belgique va se tourner davantage vers d’autres fournisseurs, comme la Norvège, le Royaume-Uni, le Qatar et la Russie. Problème ? Le gaz naturel fourni par les Pays-Bas est un gaz pauvre, moins calorifique, alors que les autres pays livrent un gaz riche. Ces deux gaz ne peuvent pas être mélangés et sont livrés aujourd’hui sur des réseaux distincts. La composition du gaz naturel et donc son pouvoir énergétique varient selon les couches géologiques où il est capté. Le gaz pauvre hollandais contient, en moyenne, une énergie de 10,3 kWh/m3. Le gaz riche, lui, dégage en moyenne 11,4 kWh/m3. Et c’est cela qui impose une modification des appareils, en tout cas de ceux qui vont subitement passer du régime pauvre au régime riche ! Que faire ? Le point en dix questions.

Les régions concernées
: en bleu, les communes où le gaz naturel va changer et où les clients devront faire vérifier leurs appareils fonctionnant au gaz et éventuellement les faire régler, voire les remplacer s’ils sont trop vétustes.
Les régions concernées : en bleu, les communes où le gaz naturel va changer et où les clients devront faire vérifier leurs appareils fonctionnant au gaz et éventuellement les faire régler, voire les remplacer s’ils sont trop vétustes.

1. Suis-je concerné ?

Tous les clients alimentés à l’heure actuelle en gaz pauvre sont concernés, soit 1,6 million de particuliers et de sociétés. Ce gaz est distribué dans toute la région bruxelloise, mais aussi en province d’Anvers, dans les deux provinces de Brabant (sauf dans quelques communes qui font exception), dans une petite partie de la province de Liège, une petite partie du Hainaut et une petite partie de la province de Namur (voir la carte ci-dessus). Pour savoir avec certitude si votre commune est concernée, vous pouvez encoder votre code postal sur le site du gouvernement fédéral créé à cet effet (*).

2. Quand la conversion aura-t-elle lieu ?

Les opérations de conversion débuteront en 2018 et se poursuivront jusqu’en 2029. Chaque année, un certain nombre d‘utilisateurs seront convertis durant l’été. Un calendrier indicatif a été établi pour chaque commune. Il peut être consulté sur le site de votre gestionnaire de réseau de distribution (accessible aussi depuis le site fédéral). À titre d’exemple, le plan en Région bruxelloise prévoit une conversion dès juin 2020 et jusqu’en juin 2023, en quatre phases géographiques successives (le « Pentagone » en 2022, par exemple).

3. Qui va me prévenir ?

Votre gestionnaire de réseau et/ou votre fournisseur de gaz vous adressera une communication officielle, bien longtemps avant la date effective de conversion de votre zone. Une communication de rappel vous sera envoyée quelques mois avant la conversion.

4. Que dois-je faire ?

Si votre commune est concernée, vous devrez faire vérifier vos appareils fonctionnant au gaz naturel et éventuellement les faire régler, voire les remplacer s’ils sont trop vétustes et incompatibles avec le gaz riche. Le but est qu’ils continuent à fonctionner correctement et en toute sécurité. Chez les particuliers, les appareils qui fonctionnent au gaz naturel sont le plus souvent les chaudières, les petits et les grands chauffe-eau, les cuisinières et les taques de cuisson, les poêles, les convecteurs et les cheminées décoratives.

5. Qui va régler mes appareils ?

Vous devez vous-même faire venir un technicien habilité, votre chauffagiste par exemple, ou un technicien de la marque de votre appareil. L’idéal, pour éviter trop de frais, est de combiner cette vérification avec le prochain contrôle périodique obligatoire de votre chaudière. Demandez au technicien un rapport de visite indiquant quels appareils à gaz ont été vérifiés ainsi que les adaptations effectuées.

6. Qui va payer et combien cela coûte ?

La vérification est à charge du client. Selon une estimation du gouvernement fédéral, le coût, dans la majorité des cas, sera compris entre 0 € et 150 € pour 1 à 3 appareils domestiques. Dans certains cas, un technicien du gestionnaire de réseau de distribution devra faire une adaptation du régulateur de pression près de votre compteur de gaz ou de votre cabine de quartier. Cette adaptation-là est gratuite, prise en charge par votre gestionnaire de réseau de distribution.

7. Est-ce le locataire ou le propriétaire qui paye ?

Il incombe au propriétaire de tout appareil fonctionnant au gaz de s’assurer de la compatibilité au gaz riche et du réglage éventuel de l’appareil. Le propriétaire d’un logement donné en location doit donc supporter les coûts de la vérification et du réglage éventuel des appareils à gaz dont il est propriétaire.

8. Tous les appareils sont-ils compatibles avec le gaz riche ?

Non. Certains appareils à gaz plus anciens ne sont pas compatibles. Les appareils à gaz antérieurs à 1978 ne sont, en règle générale, pas compatibles, ce qui signifie qu’ils devront probablement être remplacés. Les appareils à gaz datant d’après 1978 sont généralement compatibles avec le gaz riche mais doivent parfois être adaptés pour fonctionner correctement et en toute sécurité. Attention aussi aux appareils à gaz achetés à l’étranger et qui ne répondent pas toujours aux normes légales en vigueur en Belgique : ils doivent être mis en conformité avec la législation belge ou remplacés.

9. Et si je ne fais rien ?

Selon les autorités fédérales, ne pas faire vérifier vos appareils à gaz peut présenter un risque après la conversion. En effet, il se pourrait que votre appareil à gaz ne fonctionne pas de manière optimale, par exemple qu’il produise plus de monoxyde de carbone (CO), qu’il consomme plus de gaz ou qu’il se détériore plus vite.

10. Ma facture de gaz riche (plus calorifique) sera-t-elle moins chère ?

Ne rêvez pas… Il ne devrait y avoir aucun impact sur votre facture d’énergie, car votre fournisseur prend déjà en compte la quantité d’énergie que le gaz vous a permis d’obtenir, et pas le volume de gaz qui vous a été livré.

(*) Plus d’infos sur www.legazchange.be/

 
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