André Lamy: «On ose toujours tout!»

André Lamy: «On ose toujours tout!»

Vous vous souvenez forcément de la première émission…

C’était le 14 mai 2007. L’idée est venue d’une conversation entre Jean-Jacques Deleeuw, directeur de Bel RTL à l’époque, et moi. Bel diffusait les séquences de Laurent Gerra. La radio avait aussi réalisé une maquette avec « Sois belge et tais-toi » qui n’avait pas tout à fait convaincu. J’ai dit à Jean-Jacques : « Mais pourquoi ne fais-tu pas un rendez-vous d’humour belgo-belge ? Je suis ton homme ! » On a démarré avec duBus et le premier à être brocardé fut Elio Di Rupo qui traitait Yves Leterme d’enculé ! Les deux premières années, on passait le soir dans le journal de Barbara Mertens et Pascal Vrebos. Quand ils sont montés au matin, on était dans le camion… Et dix ans après, on est toujours là.

Elio Di Rupo.
Elio Di Rupo.

Quelle est votre explication personnelle de cette belle longévité ?

Une émission pareille n’existait pas en Belgique. On n’investissait pas dans l’imitation des politiques. On visait seulement ce qui touche au music-hall alors qu’en France, c’est un sport national. Mon exigence était de pouvoir m’entourer de journalistes politiques, au fait des questions abordées, qui ne manquaient aucun épisode. Des journalistes qui disent ce qu’ils ne peuvent pas dire dans leurs articles ou leurs interventions. On peut tout dire sous couvert de l’humour et avec le filtre de l’imitation ! On tape sur le tout le monde et je prends personnellement beaucoup de plaisir à croquer les hommes politiques. Je crois pouvoir dire qu’on a ouvert une voie, dans laquelle se sont ensuite engouffrés « Le Grand Cactus » ou « Café serré » sur la RTBF. Mais ce qui m’étonne le plus, c’est qu’on parvient encore à se renouveler.

Le prince Laurent.
Le prince Laurent.

Vos têtes de Turc se renouvellent en effet : est-ce difficile d’entretenir tout ce paquet de voix ?

J’en ai 140 ! En fait, non, une fois que j’ai une voix, elle est bloquée dans mon registre. À l’origine, Frédéric duBus assurait tous les textes avec sa nature de formidable caricaturiste. Il est parti de son propre choix et a été remplacé par Olivier Leborgne qui est davantage comédien. Certaines voix passent aux oubliettes, comme celles de Melchior Wathelet, Jacqueline Galant, Marc Goblet ou Michel Daerden, d’autres sont versées dans la réserve. Aujourd’hui, je fais Pierre-Yves Jeholet ou Jean-Luc Crucke. Je suis bien aidé par mes cinq auteurs, essentiels à cette réussite. Il faut plusieurs têtes pour ne pas s’épuiser. Il y a aussi les émissions télé avec les déguisements qui, comme en radio, font 400.000 téléspectateurs.

Maggie De Block.
Maggie De Block.

Vous me jurez que vous avez toujours carte blanche ?

Je le jure. On s’est même moqué sur antenne du plan de départs de 105 personnes à RTL sans recevoir de remarque ni de rappel à l’ordre. On se moque des journalistes maison, comme Christophe Giltay, Loïc Parmentier ou Michel Henrion. On n’a ni censure ni pression. Liberté totale, c’est précieux, croyez-moi. Mais on a tous de la bouteille. On sent ce qui est « touchy », ce qu’on peut dire ou pas. On ne va pas bousiller l’émission sur un bon mot. On ose toujours tout y compris toucher à la famille royale. Ils y sont tous passés. Avant nous, personne ne se risquait à les caricaturer. On ratisse large en fait. « Votez pour moi » est populaire mais pas populacier. Ce n’est ni pipi caca ni axé sur le physique des gens. Ah si, on a tout de même fait un prout en évoquant le programme de la N-VA.

Le roi Philippe.
Le roi Philippe.

Ceux dont vous vous payez la tête, ils réagissent comment ?

Plutôt bien. Il y a ceux qui se disent qu’il vaut mieux être dedans, ceux qui râlent quand ils trouvent qu’on va trop fort, ceux pour qui c’est une reconnaissance. Seul Charles Michel l’a parfois eu mauvaise, mais je ne sais pas si ce n’est pas le fait de ses conseillers en communication.

Charles Michel.
Charles Michel.

Ne rien rater, trouver la formule qui fait mouche, garder le rythme et le niveau, c’est un boulot d’enfer, non ?

Très prenant, oui. On se consulte trois fois par jour, à 8h30, 14 et 20 heures. On divague, on déconne, on se répartit les dialogues. J’arrive à 5h30 pour dévorer la presse et guetter la petite phrase à ne pas manquer. Olivier Leborgne arrive à 7 heures. Il y a toujours un auteur de garde le matin. On ne s’en rend pas compte mais la séquence fait entre six et sept minutes avec plusieurs voix et personnages différents.

Donald Trump.
Donald Trump.

 
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