Point G, mythe ou réalité?

Point G, mythe ou réalité?

Le point G… Déjà le nom intrigue ! Pourtant cette énigmatique lettre « G » est un simple hommage rendu en 1981 au docteur Ernst Gräfenberg – G comme Gräfenberg – qui trois décennies plus tôt, en 1950 mettait en évidence l’existence d’une zone située sur la partie antérieure du vagin qui semblait jouer un rôle dans l’orgasme féminin lors de la pénétration. Le gynécologue allemand réfugié à New York au moment de la deuxième Guerre mondiale devenait ainsi bien malgré lui l’homme qui avait découvert l’organe sexuel féminin le plus controversé qui soit. C’est qu’aujourd’hui encore il se trouve des scientifiques pour affirmer que ce point G n’est qu’un mythe.

Ce qui est certain, c’est qu’il existe à environ 3-5 centimètres de l’entrée du vagin, sur la face antérieure, le long de l’urètre, non pas un point mais une zone érogène dont la taille varie d’une femme à l’autre, pouvant être aussi petite qu’une bille et aussi large qu’une balle de ping-pong. Mais quelle que soit sa grandeur, sous l’effet de la stimulation directe et bien menée d’un sexe masculin – ou plus efficacement sous la pression de doigts habiles –, cette zone se gonfle, se plisse et durcit, pouvant engendrer un orgasme. Cette jouissance que connaîtraient seulement 10 % des femmes – les fameuses femmes fontaines – s’accompagne souvent de l’émission sous forme de jet d’un liquide clair sortant non du vagin mais de l’urètre. Et la quantité de cet éjaculat peut être importante puisqu’elle peut monter chez certaines femmes jusqu’à 300 ml !

Mais s’il existe bien une région plus sensible à l’intérieur du vagin, la controverse subsiste quant à son emplacement précis et sa nature. Le point G est-il un organe sexuel autonome ? Est-il l’équivalent de la prostate masculine ? Correspond-il au Fascia d’Halban, cette zone située entre le vagin et la vessie ? Est-il lié aux terminaisons nerveuses de la paroi vaginale ? Est-il dû à l’urètre ? Ou a-t-il un lien avec la structure interne du clitoris ? Aujourd’hui c’est cette dernière hypothèse qui remporte le plus de suffrages dans la communauté scientifique car le fameux point G semble bien correspondre à la structure clitoridienne interne. Il faut savoir que le clitoris est bien plus que le petit bouton que l’on peut voir mais un organe d’une dizaine de centimètres aux composantes internes importantes. La partie externe si sensible (elle est dotée de 8000 terminaisons nerveuses) est reliée par une tige à deux corps caverneux et deux bulbes vestibulaires qui entourent le vagin. Lors de l’excitation, ces parties intérieures se gorgent de sang et le clitoris entre en érection, augmente de volume et change de couleur. Stimulées lors d’une pénétration, ce sont ces parties profondes et internes du clitoris qui entraînent la jouissance et rendent caduque l’opposition entre orgasme vaginal et clitoridien ! En 2014, l’étude « Au-delà du point G : l’anatomie complexe clito-urethro-vaginale dans l’orgasme féminin » menée par des chercheurs français et italiens a confirmé combien ce qui est appelé le point G se confond avec la zone clitoridienne interne. Les scientifiques ont demandé à des couples d’avoir une relation sexuelle après avoir placé une sonde échographique sur le sexe féminin pour constater que lors de la pénétration et sous l’effet de l’excitation et du plaisir, c’est toute la zone clitoridienne qui se gonfle de sang. Les plaisirs ainsi offerts rajoutés aux sensations vaginales peuvent engendrer l’orgasme.

Le Point G semble dès lors avoir perdu de son mystère mais sans doute pas de son aura tant il fait l’objet de fantasmes. Pourtant le point G n’est pas la clef magique du plaisir même si il y participe. En 2005, la gynécologue française Marie-Claude Benattar expliquait que les dix femmes souffrant de difficultés orgasmiques à qui elle avait injecté de l’acide hyaluronique au niveau du point G avaient vu leur vie sexuelle améliorée. Après trois mois, celles-ci avaient remarqué une nette augmentation de leur excitabilité, de la sensation de plaisir, de la facilitation orgasmique et d’une amélioration du désir. Rien de moins...

 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern