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Christophe Willem: «La vie, c’est le mouvement»

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Christophe Willem est un garçon compliqué mais pas trop. À la faveur de son cinquième album, qu’il a intitulé "Rio", il entend nous parler de sujets qui lui tiennent à cœur mais sans jamais se poser en donneur de leçons. D’autant moins qu’il se dit convaincu de ce que notre avenir est dans le dialogue, qu’il est vital, plus que jamais, de repousser nos limites et de se divertir, dans une totale bienveillance.

Vous avez écrit ou coécrit l’intégralité des chansons de cet album. C’est pour mieux faire passer le message ?

J’essaye à chaque fois d’aller au fond d’un sujet mais sans jamais être donneur de leçons. C’est vraiment la pire chose qu’on puisse penser de moi : « C’est quoi ce donneur de leçons ? » Dans la vie, je suis quelqu’un d’assez contemplatif, qui passe son temps à observer les gens. Cet album est celui sur lequel j’ai le plus écrit et, en même temps, c’est aussi celui sur lequel j’ai le moins parlé de moi. En même temps, en décrivant le monde qui m’entoure, j’en dis long sur moi, ne fût-ce que par le point de vue que j’adopte.

À chaque album ou presque, vous changez d’univers musical. Vous vous méfiez de la routine ?

On croit que nos routines nous rassurent mais, en fait, on ne se rend pas compte qu’elles nous éteignent. Dans la vie, je suis quelqu’un d’assez aventurier. Pas le genre à courir sac à dos à l’autre bout du monde mais plutôt du genre curieux de la vie, en général. Il n’y a rien de plus magique que de continuer à se faire de nouveaux repères, continuer à découvrir la vie, quel que soit son âge. La vie, c’est le mouvement. L’immobilisme, c’est la mort. Quand on est immobile, on est éteint, en train de disparaître. Je suis quelqu’un qui a constamment besoin de repousser ses limites, changer de points de vue.

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L’aventure n’est pas seule à tenir une place importante dans votre vie, l’amour aussi.

Je suis très sentimental. Je me nourris énormément des autres mais pas forcément dans une relation exclusive, à deux. On vit dans un monde où tout n’est qu’immédiateté, consommation, dates de péremption. Alors que l’amour platonique, l’amour qui garde ses distances, est éternel, sans limites. C’est terrible cette époque où même l’émotion se transforme en marketing. J’ai eu comme un déclic durant ma dernière tournée. Le sentiment de pouvoir être utile, de ne pas être le "bouffon" qui vient chanter sa petite chanson et puis qui s’en retourne chez lui. Je ne voulais plus être dans une légèreté que je qualifierais d’"accessoire", qui n’est pas essentielle. Aujourd’hui, j’ai le sentiment qu’on est tous en demande d’une légèreté vitale.

C’est pour toutes ces raisons que vous restez d’une discrétion absolue en ce qui concerne votre vie privée ?

Je protège ma vie privée, ma vie sentimentale, parce que je pars du principe que nous, les artistes, nous ne sommes que des vecteurs d’émotions, rien d’autre. Je trouve qu’il est beaucoup plus intéressant de mettre en avant une idée plutôt que la personne qui se charge de la véhiculer. Aujourd’hui, tout le monde est connecté, tout le monde donne son point de vue, tout le temps, sur tout. Tout ça se fait dans un véritable culte de la liberté de parole mais, dans le même temps, les gens n’ont jamais aussi peu dialogué.

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