Les 50 ans et plus se séparent désormais plus que les autres tranches d’âge

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Une étude française le révèle : la période des fêtes de fin d’année, qui coïncide avec les réunions de famille, des moments de partage pour les adultes et de magie pour les enfants, est également un élément déclencheur de désunion ! Une demande de divorce sur trois chez les personnes de 50 ans et plus est ainsi effectuée pendant ou juste après la quinzaine des fêtes de Noël et de Nouvel An ! Selon cette étude "Kantar TNS" pour le compte du site internet de rencontres dédié aux seniors "DisonsDemain.fr", la séparation figurerait souvent au menu des bonnes résolutions de l’an neuf. Et pour cause : ces moments familiaux par excellence semblent cristalliser les tensions ou les accentuer encore, estiment 20 % des votants de ce sondage. Interviewée par "Le Parisien", la psychothérapeute conjugale Camille Rochet considère la période comme un moment de grosse pression : « Il faut que tout se passe bien. On regarde plus que d’habitude l’attention que l’autre porte à votre égard. Le "moment" est symbolisé par le cadeau, notamment. » Et souvent celui-ci déçoit. « Tu m’offres toujours le même cadeau. Ça se voit que tu l’as acheté la veille ! »

Ce manque d’attention, le désintérêt, voire un certain égoïsme du partenaire, même s’il n’est pas neuf, deviendrait plus critique et encore plus intolérable en ces moments censés être de réjouissances, mais où les vieilles rancœurs ne tardent guère à remonter. Ce qui inciterait plus de "vieux" couples à franchir le pas de la rupture officielle. D’autant plus qu’on vit désormais "plus jeune" plus longtemps. Comme l’explique la psychothérapeute : « Avec l’espérance de vie qui se rallonge, on ne dit plus : "J’ai déjà 40 ou 50 ans". On se dit désormais : "Je n’ai QUE 40 ou 50 ans !" »

L’épouse le plus souvent à l’origine de la demande

Dans l’Hexagone, statistiquement, 45 % des mariages se terminent par un divorce. Quelque 130.000 personnes effectuent la procédure chaque année en France (découvrez les chiffres belges dans l’encadré ci-contre). L’âge moyen du divorce chez nos voisins est de 42 ans pour les hommes et 44 ans pour les femmes. Et pourtant, le nombre de divorces augmente proportionnellement plus vite chez les seniors (55-85 ans) que dans les autres tranches d’âge. Ainsi, bon an mal an, 15.000 seniors se séparent contractuellement après… 35 ans de mariage ! D’après l’Institut national d’études démographiques français (Ined), le taux de divorces après un mariage de plus de 35 ans a été multiplié par près de deux en dix ans et par neuf en 40 ans !

Les femmes sont le plus souvent à l’origine de la rupture du contrat : dans trois cas sur quatre pour les divorces avec contentieux (soit pour faute, soit pour altération du lien conjugal). C’était tout le contraire dans le passé, à l’époque où l’épouse restait le plus souvent au foyer. Mais désormais, la femme, indépendante financièrement, n’hésite plus longtemps à recouvrer sa liberté. Les causes de divorce le plus souvent invoquées sont l’infidélité, l’égoïsme du partenaire, le mauvais caractère, les comportements abusifs (jalousie, etc.), les désaccords concernant l’avenir, l’incompatibilité d’humeur, l’argent, le travail et… les beaux-parents (heureusement plus rarement). Si le couple a résisté à tous ces écueils dans ses jeunes années, il subsiste encore deux périodes critiques qui pourraient bien avoir sa peau : lorsque les enfants devenus grands quittent le nid familial pour vivre leur propre vie et au moment de prendre sa retraite. Les conjoints ne se retrouvent plus qu’à deux et face à face, au quotidien. Et là, ça passe ou ça casse. Mais, dans ce cas, n’est-ce pas pour mieux se reconstruire ?

En Belgique, on divorce moins mais de plus en plus tard

En 2016, selon les statistiques officielles belges, on a dénombré 23.583 divorces. C’est 4,4 % de moins qu’en 2015. Et cette évolution à la baisse est perceptible depuis 2009. Les trois Régions connaissent ce même phénomène, mais plus nettement dans la Région de Bruxelles-Capitale (-8,6 % en 2016) qu’en Flandre (-2,6 %) et en Wallonie (-3,3 %). Reste que le taux de divorces en Belgique reste un des plus élevés d’Europe. En données statistiques, sur 1.000 mariages, 426 se terminent par un divorce (439 en 2015). C’est à Bruxelles à nouveau que le taux de divorce est le moins élevé (380 divorces pour 1.000 mariages), bien mieux qu’en Flandre (411) et surtout qu’en Wallonie (472). L’âge auquel on divorce évolue lui aussi. L’âge moyen au (premier) divorce est de 44,6 ans pour le premier conjoint et de 42,1 ans pour le second (l’écart d’âge est tout à fait identique à celui observé pour les mariages). Ce qui signifie, en corollaire, qu’un écart d’âge plus important lors du mariage n’est pas une source spécifique de divorce.

Si l’âge du divorce augmente, c’est aussi une conséquence directe de la même évolution pour l’âge du mariage, qui ne cesse de croître chez nous. L’âge moyen au (premier) mariage est en 2016 de 32,5 ans pour le premier conjoint (32,0 en 2014) et de 30,0 ans pour le second conjoint (29,5 ans en 2014), soit un écart d’âge entre conjoints de 2,5 ans, relativement stable sur le long terme (2,5 ans en 2014). Globalement, le nombre de mariages en Belgique a légèrement baissé. En 2016, il y a eu 44.725 mariages. C’est 0,6 % de moins qu’en 2015. Et les disparités régionales sont ici aussi étonnantes. Les mariages diminuent à Bruxelles (-1,7 %) mais grimpent légèrement en Flandre (+0,7 %) et en Wallonie (+0,4 %). En 2016, 1.170 de ces mariages ont uni des personnes du même sexe. Cela représente une hausse de 7 % par rapport à 2015. Intéressant à relever : pour les mariages entre personnes de même sexe, les âges moyens au mariage sont sensiblement plus élevés : 36,6 et 32,3 ans pour les premiers et seconds conjoints des mariages entre femmes ; 41,9 et 35,4 ans pour les premiers et seconds conjoints des mariages entre hommes. Les écarts d’âge des conjoints homosexuels sont également plus importants (4,3 ans pour les femmes et 6,5 ans pour les hommes). En 2016, 335 divorces homosexuels ont été constatés. Mais difficile de fournir ici un taux exact de divorce, puisque le mariage homosexuel n’est autorisé que depuis 2003. On manque du recul nécessaire.

 
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