Fabien a le bon plan

Fabien a le bon plan

On ne présente plus Grand Corps Malade, alias Fabien Marsaud, cet ex-basketteur de 1,97 m auquel la vie a joué un vilain tour quand il avait 20 ans à peine, l’obligeant à passer au "Plan B". Adieu le parquet et les paniers, bonjour le slam. Les choses ne sont jamais aussi simples qu’on veut bien les livrer. Reste que le quadra est aujourd’hui un artiste à part entière, qui a déjà six albums à son actif et auquel on doit le scénario autant que la réalisation du film "Patients", récemment nominé pour le César du Meilleur Film. Un long-métrage qui fait écho au thème de la plupart de ses chansons et raconte les blessures que, parfois, la vie nous inflige mais aussi le courage, l’humour et la résilience qui, avec un peu de chance, nous sont offerts en contrepartie. Bref, tout ce qui vient en arrière-plan.

Il y a dans votre album une chanson qui s’intitule "Espoir adapté". Il semble qu’elle parle d’un moment très particulier, celui qui précède le "Plan B", quand on ne sait pas encore si on va trouver la force d’aller de l’avant.

C’est exactement ça. C’est le moment où tu comprends que, pour le plan A, c’est mort. Devant toi, tu n’as plus que des points d’interrogation géants. L’espoir est là, pas très loin, mais encore faut-il être capable de lui donner un sens. On dit de l’espoir que c’est la meilleure et la pire des choses mais moi, je vois ça comme quelque chose de très positif. L’absence totale d’espoir, il n’y a rien de pire. Même un espoir un peu fou, il te permet de te lever le matin et d’avancer.

La résilience est au cœur de votre histoire. Selon vous, qu’est-ce qui fait qu’une personne se révèle résiliente et l’autre pas ?

Aujourd’hui encore, je n’en ai pas la moindre idée. J’aimerais pouvoir donner la recette mais je ne la connais pas. Je sais qu’il faut une bonne dose d’optimisme. Avoir de l’humour, de l’autodérision, ça peut aider aussi. Surtout, il faut être capable de s’adapter, de changer de projet de vie. Passer au plan B, ce n’est pas forcément une mauvaise chose. C’est vrai que, chronologiquement, il arrive après le plan A, mais ça ne veut pas dire pour autant qu’il soit moins bien. Il faut juste trouver la force de se réinventer. Je crois que la résilience, on l’a en soi ou on ne l’a pas. Avec un peu de chance, elle se révèle à nous quand on en a le plus besoin.

Quand on est papa de deux petits garçons, comment fait-on pour leur transmettre une expérience aussi douloureuse que la vôtre et faire qu’à leur tour, ils y trouvent du positif ?

Je ne sais pas s’il faut vraiment leur raconter les choses. Ils comprennent tout, ils captent tout. Ça ne sert à rien de les surprotéger. J’ai toujours dit les choses, sans non plus en faire des caisses. Je n’hésite jamais quand je dois partager avec eux certains trucs compliqués. L’essentiel, c’est de bien choisir les mots, de ne pas faire peur. Ce que je veux leur faire comprendre, c’est que oui, parfois, on est face à un accident de la vie, mais on peut dépasser ça. On peut en faire quelque chose de bien. La vie ne se déroule jamais exactement comme on l’avait imaginé, c’est tant pis et c’est tant mieux. Parce que c’est ce qui permet d’aller puiser de la force en soi, de choper sa deuxième chance.

Grand Corps Malade sera le 5 août prochain au Festival Esperanzah ! à Floreffe.

 
 
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