Les chiens préférés des Belges

Le classement, transmis par la Société Royale Saint-Hubert, centralise les naissances des chiens de race survenues l’année dernière mais aussi les enregistrements de tous les nouveaux zinnekes du Royaume dans le registre national d’identification des chiens, DogID (il reprend tous les animaux pucés). Ce classement donne donc une idée très claire des chiens préférés des Belges. Les stars de 2017 s’appellent chihuahuas et border collies.

Voici le top 20 des races

1. CHIHUAHUA (19.802 nouveaux animaux inscrits en 2017 dans DogID)

2. BORDER COLLIE (8.695)

3. CANIS VULGARIS (croisement) (8.595)

4. JACK RUSSELL TERRIER (6.855)

5. LABRADOR RETRIEVER (6.198)

6. BOULEDOGUE FRANÇAIS (6.087)

7. BERGER MALINOIS (5.630)

8. AMERICAN STAFFORDSHIRE TERRIER (5..627)

9. SPITZ ALLEMAND (5.623)

10. BERGER ALLEMAND (5.439)

11. TECKEL (4.408)

12. GOLDEN RETRIEVER (4.239)

13. SHIH TZU (4.160)

14. BICHON MALTAIS (4.134)

15. YORKSHIRE TERRIER (3.916)

16. CAVALIER KING CHARLES SPANIEL (3.087)

17. BULLDOG ANGLAIS (2.954)

18. BOUVIER BERNOIS (2.540)

19. COCKER SPANIEL ANGLAIS (2.391)

20. BEAGLE (2.376)

Pour les chihuahuas et les border collies, le classement et les chiffres de naissances sont comparables à 2015 et 2016, ce qui installe durablement ces animaux au sommet de la hiérarchie canine du pays. En troisième position du classement de DogID, les croisés, avec près de 8.600 enregistrements. Suivent les Jack Russell, toujours bien placés depuis des années, avec 6.800 nouvelles inscriptions. Si l’on regarde la population totale des chiens en Belgique, les Jack Russell et les chihuahuas sont désormais les plus nombreux, avec près de 200.000 individus dans chacune des races.

Effet de mode sur les refuges

Si le chihuahua est un chien assez facile, il n’en va pas de même pour le border collie, animal intelligent sélectionné pour ses capacités de travail et qui demande un investissement en temps de la part du maître (lire aussi plus loin l’interview d’une éleveuse). L’effet de mode se ressent alors jusque dans les refuges. «Nous avons eu en 2017 une quarantaine de border collies abandonnés chez nous», nous explique Ludivine Nolf, porte-parole de Veeweyde, à Anderlecht. «Les raisons des abandons sont souvent les mêmes: le manque de temps du maître pour s’occuper du chien, le manque d’espace et les problèmes de comportement, comme la nervosité ou l’agressivité du border. Contrairement à ce que l’on pourrait croire, ce n’est pas un chien de famille. Il a besoin d’exercices quotidiens, besoin d’un maître sportif qui va s’en occuper au moins une heure ou deux par jour. Sans cela, le chien devient très nerveux.» Heureusement, autre impact de la mode, ces chiens ne restent pas longtemps dans les refuges, très vite adoptés, surtout les plus jeunes. «Nous conseillons aux nouveaux maîtres d’aller systématiquement au dressage avec ces chiens», termine Ludivine Nolf.

Où acheter?

Si vous cherchez un chien, l’adoption dans un refuge est certainement une option à étudier. Et si vous préférez acheter un chiot, la Société Royale Saint-Hubert conseille de fuir les commerçants peu scrupuleux ou les annonces sur internet pour s’orienter vers les éleveurs reconnus et agréés, gage de sérieux et de bon conseil. Vous trouverez les informations sur le site www.srsh.be/.

«Un border collie a besoin de travailler»

Alexia Van Heuverswyn, de Biévène (Brabant flamand), élève des border collies depuis cinq ans, avec une spécialité: les chiens destinés à l’agility, un sport canin où l’animal évolue sur un parcours d’obstacles guidé par son maître. Éleveuse reconnue par la société Saint-Hubert, elle met en garde Monsieur Tout-le-Monde contre l’effet de mode actuel. «Je comprends le succès des border collies. Ils sont très beaux, ni trop grands ni trop petits, mais il faut bien savoir que ces chiens ne deviendront pas tous de bons chiens de famille bien calmes! Ce ne sont pas vraiment des chiens de compagnie… Le border collie a un énorme besoin de travailler et de réfléchir. Le maître doit donc lui consacrer au minimum deux heures par jour et lui proposer des exercices. Dans le cas contraire, le border peut avoir un comportement destructeur dans la maison ou se mettre à mordiller les enfants pour les rassembler dans un coin comme il le ferait avec des moutons! Il n’est pas nécessaire d’avoir un grand jardin mais il faut s’occuper du chien, le sortir, lui proposer quotidiennement des activités physiques et qui le font réfléchir.» Dernier conseil d’Alexia si vous êtes tout de même tenté par l’un de ces chiens de berger: «Je recommande de s’adresser à un éleveur reconnu, agréé. Il conseillera le bon type de chien, la bonne lignée. Des chiens sont plutôt sélectionnés pour guider des troupeaux, d’autres pour l’agility, par exemple. Et il est important aussi de s’assurer que le chien est en bonne santé, le border collie étant susceptible de développer avec l’âge des problèmes articulaires ou de l’épilepsie.»

DR

Jacqueline et ses chihuahuas, 35 ans d’amour

Jacqueline Michiels, installée à Jupille, près de Liège, élève des chihuahuas depuis 35 ans et collectionne les prix aux concours. C’est dire si elle en connaît un rayon sur ces petits chiens désormais très en vogue. «Il y a 30 ans, ils ne l’étaient pas du tout», nous dit-elle. «Il a suffi que quelques vedettes, comme Paris Hilton, se promènent avec un chihuahua et la mode était lancée. Ce que je regrette!». Dans son jardin, une quinzaine de chihuahuas, à poils longs ou poils courts, viennent immédiatement entourer les pieds des visiteurs, avant de suivre leur maîtresse. «Ils sont gentils et très sociables. Au fil des années, ce sont les caractères que j’ai privilégiés lors des croisements. Je surveille fortement les différentes saillies, pour éviter la consanguinité», nous explique-t-elle en nous montrant ses petits protégés. Elle en a une trentaine chez elle pour le moment, qu’elle connaît par leur petit nom, même ceux qui sont destinés à la vente. «C’est normal. Ils vivent avec moi pendant plusieurs mois», dit-elle. Si son activité est florissante («J’ai beaucoup de demandes. Trop même! J’ai même vendu un chien au Japon!»), elle regrette l’effet de mode autour des chihuahuas. «Dès que le chihuahua est devenu à la mode, et cela vaut pour les autres races, des marchands se sont précipités sur le marché pour faire de l’argent, notamment avec des fermes d’élevage dans les pays de l’Est. On a fait n’importe quoi. J’ai vu des chihuahuas qui ressemblaient à des Jack Russell, d’autres qui sont agressifs, peureux, hargneux au possible. Il y a des trafics aussi, depuis la Russie notamment, avec des importations de chiens complètement illégales, sans aucun papier ni vaccin.» Jacqueline Michiels déconseille vivement d’acheter son chien via une filière qui n‘est pas sûre. «C’est vrai que mes chihuahuas, qui ont un pedigree et tous les vaccins, sont plus chers que dans une animalerie (comptez 1.000 euros, ndlr) mais vous pouvez être sûr de leur qualité.» Réputé facile, le chihuahua est-il indiqué dans toutes les maisons, toutes les familles? «Soyons clairs: un chihuahua est un bon animal de compagnie, qui vit très bien même en appartement, mais ce n’est pas un jouet, une peluche, qu’on achète pour la Saint-Nicolas du gamin. Il faut s’en occuper, et pendant 12-14 ans. Je le déconseille aussi pour une famille avec des petits enfants. Il a besoin d’un minimum de calme», explique Jacqueline Michiels. «Cela m’arrive de dire non à un candidat acheteur. Je veux être sûre que mes animaux seront heureux dans leur nouvelle famille!», termine-t-elle, avec trois ou quatre chiens sur les genoux.

OLIVIER POLET

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