Le sexe géant de Raspoutine

Le sexe géant de Raspoutine

Sa sexualité est à l’image de sa vie : excessive et mystique. Légendaire aussi. Raspoutine fut, dit-on, un diable du sexe. Le faux moine et vrai gourou prétendait en effet qu’il fallait s’enfoncer dans le péché pour se rapprocher de Dieu. Détruire le mal par le mal, pécher toujours davantage pour se repentir plus ! La belle affaire !

Raspoutine succomba au péché de la chair avec régularité et constance. Sa vie sexuelle commença à 13 ans en 1882 quand dans les bains de vapeur de son village natal de Pokrovskoïe en Sibérie, il rencontra la belle Maria, une veuve qui l’initia à l’amour. À 19 ans, le jeune paysan à qui on prêtait déjà des dons de voyance et de guérison, décida de se ranger et d’épouser Praskovia Doubrovina, une paysanne du village voisin qui lui donna 5 enfants. Mais le mariage ne calma guère ses ardeurs et le jeune Grigori vécut dans les excès des amours multiples sans que cela ne gênât trop son épouse qui expliquait «  Il y en a bien assez pour toutes !  ». Raspoutine eut de nombreuses maîtresses, des femmes du peuple comme des dames de la haute société de la ville de Saint-Pétersbourg où il s’installait en 1904. Invité à tous les bals et festivités, il tomba sans difficulté aucune, comtesses et princesses si ce n’est la tsarine elle-même. Les femmes se donnaient à lui quand elles n’étaient pas offertes par leurs époux désireux de s’arroger les bonnes grâces d’un homme influent auprès de la famille impériale. Raspoutine recevait aussi dans son appartement personnel celles qu’il appelait ses « ignorantes », leur prodiguait la bonne parole, offrait à manger et boire avant de s’isoler avec l’une de ses admiratrices trop heureuse d’être honorée par un saint, un mage doté de visions et de pouvoirs de guérisseur ! Raspoutine pouvait ainsi s’offrir dix admiratrices par jour ; ce qui ne l’empêchait pas de fréquenter des prostituées et de les emmener aux bains pour combattre en leur compagnie le démon de la luxure.

Raspoutine entouré de ses admiratrices dans son appartement de Saint-Petersbourg.
Raspoutine entouré de ses admiratrices dans son appartement de Saint-Petersbourg. - Belgaimage

Sans doute, la séduction qu’exerça Raspoutine était-elle redevable à l’importance que l’homme avait prise auprès des Romanov. Ses incantations magiques et religieuses avaient sauvé à plusieurs reprises leur fils hémophile. Au palais impérial, le moine était désormais écouté tant dans les domaines de la santé que de la politique. Mais Raspoutine était davantage qu’un mage influent, de l’avis général, il était un homme envoûtant. Même s’il était peu soigné, portait les cheveux gras et la barbe hirsute, il séduisait par le regard que tous décrivaient comme hypnotique, un qualificatif redevable sans doute à sa capacité de contracter et dilater volontairement les pupilles. Et puis l’homme avait un argument de taille pour séduire les femmes, un sexe qui disait-on, atteignait 30 centimètres en érection. L’engin était aussi grand qu’étonnant, présentant un point de beauté placé à la base. Regard hypnotique et sexe diabolique assuraient au moine une réputation sulfureuse qui persiste encore.

Et le pénis hors norme aura un destin étrange. La légende raconte qu’après l’assassinat du prophète – pour venir à bout de Raspoutine, il fallut user de cyanure, coups de fusil et noyade –, le sexe aurait été coupé par une servante qui découvrit le corps dans les eaux gelées de la Neva. La jeune domestique l’aurait alors conservé dans du formol avant de le revendre à la fille du moine qui ne supportait pas de voir le membre paternel vénéré comme symbole de virilité et fertilité. La relique précieuse se démultipliera miraculeusement, tantôt vendue par un certain Michaël Augustine, à l’hôtel des ventes Bonhams, à Londres, tantôt exposée dans les collections du Musée de l’érotisme de la ville de Saint-Petersbourg. Bien évidemment les deux phallus n’étaient pas ceux du mage : à Londres, un concombre des mers fut vendu et dans la ville russe, un sexe d’éléphanteau fut exposé…

 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern