Exposition: venez revivre les années 80 à Liège

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Partout, des affiches. De tous formats. Colorées. Sur papier glacé. Des posters. Des photos. Des Unes de magazines. En français, en anglais. Des stars belges, françaises, internationales. Un peu partout, des écrans géants. Hyper colorisés. En musique, ils déversent un flot ininterrompu d’images sortant tout droit d’un temps, pas si lointain pourtant, que les moins de 20 ans ne peuvent pas avoir connu. Après « Tout Hergé », « Tout Simenon » ou encore « J’avais 20 ans en 1945 », c’est une immersion, complète, dans la culture et l’univers des années 80 que nous propose cette fois Europa Expo.

Grave, excentrique et délurée

Délicieusement libérée, cette décennie nous a offert le meilleur… comme le pire ! Drôle, osée sans doute, mais particulièrement réussie, l’exposition a choisi de ne rien cacher de ces extravagances parfois de mauvais goût. Sur écrans, photos, panneaux, dans des vitrines également se côtoient tous les univers. Le cinéma est largement représenté, avec la projection de scènes cultes de films mythiques : « Indiana Jones », « Le Père Noël est une ordure », « Les bronzés font du ski »… Un peu plus loin, face à Goldorak ou aux Gremlins, les grands d’aujourd’hui se souviennent des enfants qu’ils étaient hier.

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Le parcours est aussi l’occasion de découvrir que les années 80 furent riches en rebondissements. Qui sait vraiment – ou se souvient encore – qu’elles virent la naissance du rap, l’apparition des DJ, des radios libres et des premiers effets spéciaux au cinéma ? Le son surfera, lui aussi, sur la vague de la nouveauté avec l’arrivée sur le marché de batteries, synthétiseurs et de tout un appareillage électronique qui ne va plus cesser d’évoluer. Un peu plus loin, tout en restant très accessible, l’exposition devient soudain moins légère, plus engagée. Les sujets varient : politique, hausse du chômage, chute du mur de Berlin, arrivée de Margaret Thatcher en Grande-Bretagne, grandes catastrophes écologiques, IVG, bébés éprouvettes… Sur un écran géant, le visiteur est invité à revivre la poignée de mains, historique, entre Helmut Kohl et François Mitterrand, à Verdun.

La médiatisation de l’humanitaire

La thématique du sida est aussi l’occasion de mettre en avant les premiers grands concerts humanitaires – on se souvient tous de « We are the world » de Michaël Jackson – qui vont donner naissance aux premiers rassemblements caritatifs : ONG, Restos du cœur, téléthons… À côté de clichés de Jean-Jacques Goldman, Sandra Kim, Lio, Plastic Bertrand, Mylène Farmer, Madonna, de photos du pape Jean-Paul II également, Coluche occupe d’ailleurs une place importante. « Il n’est pas seulement humoriste. Il a tenu à éveiller des consciences », assure Alain Mager, administrateur délégué d’Europa Expo. « Nous avons trouvé qu’il avait pleinement sa place dans cette sélection, auprès des grandes figures qui ont marqué la décennie. Rappelons, au passage, qu’il s’est déplacé, en personne, à Liège, pour inaugurer, début janvier 1986, le Resto du cœur de la Cité ardente, le premier de toute la Belgique. »

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Après un détour dans les méandres des extravagances capillaires chères à ces années 80 – détour où beaucoup de visiteurs s’attardent longuement et rient beaucoup –, le parcours s’achève par l’évocation de la destruction du mur de Berlin qui va sonner la fin de la guerre froide. « La démolition de cette “frontière” est bien plus qu’un acte politique », commente encore Alain Mager. « Elle est un peu le symbole de notre exposition. Un acte d’ouverture. De liberté. Le message est identique à celui qui a traversé toutes ces années 80 : il faut vivre. Profiter. Et s’amuser. Encore et encore… »

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« Génération 80 Expérience », jusqu’au 2 juin à la gare de Liège-Guillemins, www.europaexpo.be

Dans « Génération 80 », notre collaboratrice Ingrid Otto raconte les moments forts et légers de la décennie

La présidence de Ronald Reagan, Sophie Marceau dans « La boum », l’élection de François Mitterrand, l’exploit des Diables rouges à Mexico, le premier magasin Ikea, les radios libres, les jeux vidéo… Vous racontez les années 80 à travers une multitude d’événements qui appartiennent à tous les domaines aussi bien politiques que culturels. Comment les avez-vous sélectionnés ?

Je suis partie de mes propres souvenirs avant de me documenter sur les faits marquants de cette décennie. C’est ainsi que j’ai retenu en toute subjectivité une soixantaine d’événements qui racontent cette époque avec toujours en tête la volonté de raconter des anecdotes étonnantes, d’évoquer la petite histoire dans la grande Histoire. Par exemple, pour la victoire de Sandra Kim à l’Eurovision, je rappelle qu’elle a triché sur son âge pour pouvoir participer. Pour la chute du mur de Berlin, j’évoque la raison pour laquelle il y a eu une véritable ruée aux postes frontières entre Berlin Est et Berlin Ouest… Tous ces moments forts sont mélangés sans tenir compte des domaines dont ils relèvent pour former un joyeux zapping. On peut lire l’ouvrage en picorant les événements.

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Au-delà des mille et un faits qui marquent les années 80, peut-on dégager un esprit propre à cette décennie ?

L’ambition du livre était de raconter cette décennie à travers ses moments forts et non d’avoir une approche sociologique. Mais je dirais que cette époque est marquée par une grande liberté et une incroyable légèreté. Celles-ci se manifestent dans de nombreux domaines. À la télé par exemple, l’émission « Gym Tonic » se termine par des images où les deux animatrices Véronique et Davina sont nues sous la douche. Avant son JT du samedi, TF1 présente le strip-tease d’une jeune femme… Les radios libres fleurissent un peu partout. Les chaînes privées apparaissent. La mode est colorée et bling-bling. Les séries télé comme « Dynastie » célèbrent l’argent et la réussite, comme les romans de Sulitzer.

Quel est votre souvenir préféré de cette décennie ?

« La boum » ! Le film de Claude Pinoteau correspondait à ce que je vivais alors.

Reporters
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« Génération 80 » est paru aux éditions Belgo Belge, 200 p., 18,90 euros.

 
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