Lena Dunham, soutien de MeToo, avoue avoir couvert un ami accusé d’agression sexuelle (vidéo)

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Lena Dunham. - DPA

En novembre 2017, Aurora Perrineau porte plainte contre Murray Miller et l’accuse de viol. Les faits remonteraient à l’année 2012 alors qu’elle n’avait que 17 ans et après une soirée alcoolisée. La jeune femme se serait réveillée aux côtés du réalisateur, en pleine relation sexuelle. Elle n’avait pas donné son consentement. Le procureur de Los Angeles, en août dernier, a abandonné les charges contre Murray Miller.

Toujours est-il que dans la foulée de cette accusation, Lena Dunham, pourtant fervente défenseuse du mouvement MeToo, avait publié une lettre ouverte. La créatrice de Girls y défendait farouchement son ami Murray Miller et réfutait totalement les accusations de viol qui pesaient sur lui : « J’ai fait une terrible erreur », reconnaît Lena Dunham ce mercredi 5 décembre dans une tribune publiée dans le Hollywood Reporter et épinglée par le Huffington Post.

« Mon plus grand regret »

À l’époque, l’actrice américaine avait écrit avoir une « connaissance privilégiée » des faits. Ce qui lui aurait alors permis de clamer l’innocence de Murray Miller. Aujourd’hui, Lena Dunham revient sur sa version. Rétropédalage en règle :

« Quand quelqu’un que je connaissais, quelqu’un que j’avais aimé en tant que frère, a été accusé, j’ai fait quelque chose d’inexcusable : j’ai pris la parole publiquement pour sa défense », a-t-elle écrit. Avant de révéler son mensonge : « Je n’avais pas les ‘informations d’initiés’ que je prétendais avoir mais plutôt une foi aveugle dans une histoire qui glissait et changeait sans cesse ».

« En novembre dernier, lorsque Aurora, la fille de Brittany, a accusé l’un de mes amis d’agression sexuelle, j’ai nié publiquement son expérience. Ce sera toujours mon plus grand regret. »

Ce 5 décembre, Lena Dunham a pris la parole au Women In Entertainment, un rendez-vous pour les femmes du monde des médias. Elle a réitéré ses excuses, s’attirant les foudres de la toile, comme l’épingle le Huffington Post.

« Mode de pensée masculin »

Mais surtout, Lena Dunham a cherché à expliquer son comportement. Pourquoi diable cette féministe engagée, éternel soutien du mouvement #MeToo, a-t-elle fait pencher la balance du côté de son ami plutôt que de celui de la supposée victime ?

Tentative d’explication par la principale intéressée : « C’est douloureux de réaliser que, alors que je pensais être consciente de moi-même, j’avais intériorisé le mode de pensée masculin dominant qui nous demande de le défendre à tout prix. Quelque chose en moi se sent toujours obligé de faire ce travail : plaire, ranger, faire les courses. »