Booba désigne Kaaris comme le «vainqueur» de leur combat: ça y est, c’est fini?

Booba désigne Kaaris comme le «vainqueur» de leur combat: ça y est, c’est fini?
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Booba vient de déclarer son ennemi juré Kaaris « vainqueur » de leur combat prévu au milieu d’un octogone. Mais sommes-nous véritablement face à un point final dans ce conflit qui dure depuis de longs mois ? C’est en tout cas ce que laissent présager les derniers échanges entre les deux hommes sur les réseaux sociaux. La hache de guerre n’est pas pour autant enterrée entre le rappeur de Sevran et le Duc de Boulogne. Pour tout comprendre, Soir mag récapitule (en long et en large).

Coup d’œil dans le rétro

S’il fallait nommer cette affaire, on pourrait la résumer en ces quelques mots : l’histoire d’un buzz. Un coup de pub organisé de bout en bout par les deux stars françaises, main dans la main ? Rien n’est moins sûr tant les deux rappeurs se détestent cordialement depuis plusieurs années. Ils n’ont pas grand-chose à gagner en déplaçant les projecteurs médiatiques sur un rival. Les bases du conflit semblent solides et ils l’ont d’ailleurs payé cher.

Rappelez-vous, l’histoire débute en août dernier, aux abords du magasin « duty free » de l’aéroport parisien d’Orly. Les deux stars et leur clan respectif attendent l’avion pour partir à Barcelone. Le hasard du calendrier les a réunis le même jour, dans le même terminal. La tension est palpable et finit par éclater en bagarre générale. Les dégâts sont nombreux et les rappeurs arrêtés puis mis en prison. L’un est placé à Fleury-Mérogis, l’autre à Fresnes en attendant leur procès. Ils seront ensuite libérés, condamnés à du sursis et à une lourde amende.

Une rixe qui dégénère, puis un combat dans les règles ?

S’ensuivent plusieurs mois de clashs. Les deux hommes utilisent les réseaux sociaux pour s’invectiver, se provoquer. Les mots doux fleurissent sur Instagram, considéré comme un véritable ring virtuel pour ces rappeurs bodybuildés. Le clash ne dénote alors pas dans un monde du rap où les artistes n’hésitent pas à se rendre les uppercut 2.0 – que ça soit sur les réseaux ou dans des chansons à l’aide de punchlines tantôt virulentes, tantôt vicieuses. « Il m’insulte, je réponds », dit sobrement Kaaris. Jusqu’au mois de décembre où les deux rappeurs ne voient plus qu’une seule issue possible à leur conflit : un combat de boxe.

B2O propose – le jour de Noël – et K2A ne se défile pas. Il accepte ce si beau cadeau déposé au pied du sapin. Ici, on a aussi affaire à une certaine idée de la « street credibility ». « Si je n’avais pas répondu à sa proposition, le lendemain certains médias auraient titré : ‘Booba défie Kaaris qui a peur et refuse de se battre’ (…) C’est une question d’honneur », rectifie Kaaris dans un long entretien. Rapidement, la MMA s’impose et remplace la boxe. Les deux hommes parlent d’un octogone. Dans ce sport de combat mixant les arts martiaux, tous les coups ou presque sont permis. Les compétitions du genre y sont interdites en France. Les rappeurs semblent pourtant à tout prix vouloir organiser l’événement. Il va donc falloir s’exporter.

Hors des frontières françaises

Et rapidement, une destination se dessine : Bruxelles. Le Palais 12 est contacté pour accueillir ce rendez-vous médiatique sans précédent. Côté Brussels Expo, on confirme alors étudier la demande. Benoît Hellings, l’échevin des sports Ecolo de la ville, fait une sortie médiatique remarquée  : « Le Palais 12 n’est pas un cirque ». Après quelques jours de tergiversation, la sanction tombe et le combat entre les deux Français prend un premier plomb dans l’aile. Cela ne se passera pas dans la capitale belge. Cyril Hanouna, lui, souhaite organiser l’événement. Cela n’aboutira pas, mais ce petit gars de la télé sait flairer les bons coups.

Pendant ce temps-là, la guéguerre continue entre Kaaris et Booba. D’abord uniquement accessible sur les réseaux sociaux, elle se déplace sur le petit écran. Et pour cause : le rappeur de Sevran fait la tournée des médias pour défendre l’arrivée sur le marché culturel de son nouvel album, Or Noir 3. Par bribes, que ça soit sur « Touche pas à mon poste » – l’émission de C8 présentée par Cyril Hanouna – ou dans « Les grandes gueules » sur RMC, il évoque cette inimitié et parle du combat. Booba, lui aussi, s’invite (ou plutôt est convié) sur TPMP pour y parler de l’octogone. Devant les caméras, le rappeur s’emporte et voit bien son opposant sortir « handicapé » du combat.

Des contrats à problèmes

Dans leur coin, les deux rappeurs tentent de monter un projet qui tient la route. Kaaris propose que cela se passe en Tunisie. Le Duc n’accorde que peu d’intérêt au projet, refuse de signer et monte un plan semblable du côté de Genève, en Suisse. Booba s’entoure d’une société spécialisée (SHC) dans l’organisation de combats et propose sa propre version du contrat. Il débarque même sur le plateau de « Touche pas à mon poste » pour le signer devant les caméras de télévision. Les organisateurs promettent un million d’euros à celui qui sort vainqueur de ce duel. Avec une somme aussi colossale, les observateurs pensaient alors que l’on approchait d’un accord…

C’était sans compter sur la réaction de Kaaris. Le 20 mars, il répond à la proposition suisse, sur Instagram forcément. « Maintenant que vous avez copié-collé sur le mien, autant signer l’original. Pourquoi signer une copie  ? », s’interroge-t-il. Il reproche à Booba d’avoir plagié – ou presque – les termes du contrat tunisien et propose au Duc de signer pour un combat en terres nord-africaines. « Les papiers sont arrivés avant », justifie-t-il. Refus catégorique de B20.

Point final ?

Le moins que l’on puisse dire, c’est que le Duc de Boulogne n’a que peu goûté à cette pique. Entre les deux rappeurs, l’escalade continue en ce mois de mars, près de huit mois après leur rixe à l’aéroport d’Orly. Cette fois, c’en est trop pour Booba qui prend la mouche et jette (étonnamment) l’éponge. « Le Duc te déclare vainqueur de l’Octogone. Bravo à toi et toute ton équipe (…) Ça avait commencé un matin de Noël, c’était si beau… », écrit-il sur Instagram avant de remercier les équipes de SHC qui se sont investies dans le projet genevois. Bien sûr, cela aurait pu s’arrêter là : finir sur un forfait sans la moindre polémique tapie dans un coin. Mais c’est mal connaître les deux hommes.

Kaaris a bien sûr répliqué sur les réseaux : « Booba, on t’a demandé de signer le contrat, pas de déclarer forfait. Ce n’est pas à toi de décider si j’ai gagné. T’es pas l’arbitre, ou sinon tu me dois un million si tu dis que j’ai gagné fils de tchoin ». Fleuri ! Reste à savoir si les deux hommes en resteront définitivement là. Il faut bien avoue qu’au fil des mois, ils ont réussi à surprendre les internautes, les fans de rap et même tous ceux qui n’y prêtent finalement que peu d’intérêt. Alors, pourquoi ne pas assister à un énième rebondissement : que ça soit une réconciliation inespérée ou une explication finale sur un ring. Enfin, un octogone plutôt !

 
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