Franc-maçonnerie: la soirée à ne pas manquer

Franc-maçonnerie: la soirée à ne pas manquer
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E lle conserve cette part de mystère et de fascination qui trop souvent encore lui fait prêter des intentions malignes, voire malveillantes. Mais la franc-maçonnerie est-elle vraiment cette main invisible qui tire les ficelles du monde ? Philippe Liénard peut répondre à cette question. L’homme, avocat de son état, spécialisé en droit des affaires, magistrat suppléant au tribunal de première instance de Bruxelles, est aussi écrivain et éditeur. Spécialiste de la matière, il vient de publier une « Histoire de la franc-maçonnerie belge »* et donne régulièrement des conférences sur le sujet. Et pour cause ! Initié sous les auspices de la Grande Loge de Belgique, il en a gravi tous les échelons et occupé diverses fonctions dont celle de Vénérable Maître en 2005. Fondateur de trois autres loges maçonniques, il siège toujours activement parmi les hauts grades de la maçonnerie belge et a entrepris d’éclairer les masses sur le véritable rôle de cet ordre initiatique secret.

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Lors d’une conférence exceptionnelle qui aura lieu le 8 mai prochain dans le décor des « Armes de Bruxelles », vénérable institution gastronomique bruxelloise, le « Soir mag » a convié ce spécialiste à débattre de la question autour du thème « Belgique, histoire maçonnique mystérieuse » et d’un bon repas (inscriptions au dîner-conférence et toutes les informations ci-contre en page de droite).

Le choix de Léopold

« L’histoire de la franc-maçonnerie a commencé bien avant que la Belgique existe, alors que notre région était coincée entre toutes les grandes puissances qui ont d’ailleurs décidé de son existence. Des pays où la franc-maçonnerie était déjà très active et influente. Je me propose de démontrer le véritable rôle politique qu’a joué la franc-maçonnerie à l’époque », nous explique Philippe Liénard. Le conférencier de raconter aussi comment la maçonnerie a vécu les deux époques particulières qui ont suivi celle des Pays-Bas autrichiens, donc après 1794. Soit « la période française, lors de laquelle Napoléon a hypertrophié la franc-maçonnerie et se servait de son pouvoir pour servir ses volontés expansionnistes. » Et puis l’époque hollandaise et sa dimension religieuse particulière (avec une dichotomie protestante-catholique). « À l’époque, il n’était pas incompatible d’être maçon et catholique. Les choses évolueront par la suite. »

L’on découvrira ensuite le rôle qu’a joué la maçonnerie dans la création de notre pays et son influence dans les plus hautes sphères. « Sur les neuf membres que comptait le gouvernement provisoire au lendemain de la Révolution, six étaient francs-maçons. » Et dans le choix de Léopold de Saxe-Cobourg comme premier roi des Belges. « Ce n’était pas un hasard, même s’il était un troisième choix ». Dans un premier temps avaient été pressentis le fils du roi des Français Louis-Philippe, puis le fils de Napoléon, avant que le choix ne s’arrête sur une personne particulièrement appropriée : le prince Léopold vivait à Londres, a servi dans les armées du Tsar, s’entendait bien avec Guillaume d’Orange et a notamment été initié à la Loge de Berne en 1813 par Rodolphe-Abraham Schiferli, chevalier Rose-Croix du chapitre de la loge Zur Hoffnung, alors appartenant au Grand Orient de France. « Je vais expliquer la naissance de la Belgique sous l’angle maçonnique, présenter les principaux personnages qui y ont joué un rôle, mais aussi expliquer le combat qui fut celui de la maçonnerie pour offrir des funérailles décentes au roi Léopold Ier  ! »

Dans la dernière partie de la conférence, Philippe Liénard fera le point sur la maçonnerie d’aujourd’hui. « Quelles obédiences, quels couleur, goût, saveur elle a et de quoi la maçonnerie se mêle actuellement. Je comparerai aussi le maçon type d’aujourd’hui à celui des années 1800 (plutôt bourgeois) et à celui des années 1700 (plutôt aristocrate). » Ce sera peut-être aussi une occasion inespérée de faire le point sur la question qui agite les loges depuis des temps immémoriaux : le grand architecte de l’univers est-il barbu où une simple vue de l’esprit ?

* « Histoire de la franc-maçonnerie belge. Une existence « influente » depuis trois siècles ? », par Philippe Liénard, éd. Jourdan, 440 p., 25,90 euros.

 
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