Même le sexe se met à l’écologie…

Même le sexe se met à l’écologie…

La planète bleue se met au vert et ambitionne de manger, boire, habiter, rouler, voyager en se souciant de l’environnement. Bio, écolo, naturel sont sans conteste les mots de notre époque, sans oublier le sacro-saint équitable. Même notre intimité suit le mouvement. Et oui… le sexe n’est pas seulement cette force subversive qui bouscule l’ordre établi et va à l’encontre de la bienséance ; il répond aussi à l’esprit du temps. La preuve en est avec ce petit guide « Osez… le sexe bio et écolo ». Marc Dannam y donne mille et un conseils pratiques pour vivre sa sexualité en harmonie avec des conceptions écologiques, parlant aussi bien de sous-vêtements bios que de sites de rencontres rassemblant des personnes amoureuses de la nature, la vie bio et durable – on reprend ici le slogan de « ecolorencontre.com » – ou d’aphrodisiaques naturels. L’auteur nous dit comment bien vivre une partie de jambe en l’air en pleine forêt, à la plage, dans son jardin, dans un hamac. Reprend les positions du Kama-sutra dont les noms évoquent la nature : la position de la vache sacrée, du tigre, de l’éléphant, du lierre. Il nous parle de méthodes contraceptives naturelles comme de mariages verts. Il aborde ainsi de nombreux aspects de la vie sexuelle et amoureuse mais on se focalise ici sur quelques aspects de cette sexualité verte mais pas forcément plus joyeuse tant les nouveaux interdits sont nombreux.

Préservatifs vegans

Si autrefois les préservatifs étaient constitués de boyaux de porcs et donc biodégradables, la plupart de ceux qui sont utilisés aujourd’hui sont en latex. Ils contiennent de nombreux conservateurs et stabilisants chimiques qui nuisent à l’environnement : des nanoparticules, du nonxyphénol ou du paraben qui sont de perturbateurs endocriniens affectant le développement hormonal et pouvant favoriser l’apparition de cancer… De plus les 4 milliards de préservatifs qui sortent chaque année des usines atterrissent souvent dans les toilettes, ce qui est loin d’être idéal car ils vont polluer les eaux et boucher les stations d’épuration. Ils doivent terminer leurs bons et loyaux services dans la poubelle des déchets ménagers. Et si on veut en utiliser, on oublie les grandes marques pour choisir les préservatifs que le guide labellise « bios » : ceux de la société Profil ou les vegans de Green condom. Des lubrifiants bios existent aussi tels ceux de la société Sensua organics.

Sextoys à l’énergie solaire

En ce qui concerne les sextoys dont les ventes ont explosé ces dernières années, le constat n’est guère plus réjouissant. Non seulement les jouets sexuels sont énergivores mais ils contiennent des phtalates parfois très dangereux et en concentration très élevée. Des alternatives sont proposées par Marc Dannam : les sextoys qui fonctionnent à l’énergie solaire comme le Solar Vibe de la société Blow fish ou le sextoy qui se recharge à l’huile de bras en tournant une manivelle : le Earth Angel de la société Camden. En ce qui concerne le phtalate, il y a les jouets sexuels de la société Abyliss qui en sont dépourvus.

Pornos verts : « eat pussy not pork »

Bien évidemment, regarder du porno pollue et nuit à la planète… À lui seul le site Pornhub laisse une empreinte carbone importante, pas moins de 6 millions de kilowatts-heure en 2016 soit l’équivalent de 11000 ampoules allumées toute l’année. On fait quoi alors si on veut s’offrir une petite vidéo hot ? « Osez le sexe bio et écolo » recommande le site Fuck for forest créé au début des années 2010 par deux jeunes norvégiens Tommy Horn Ellingsen et Leona Johansson. Leur site diffuse des vidéos de personnes baisant ou se masturbant devant les caméras. Rien d’original sauf que tous les acteurs sont des amateurs activistes écologiques qui offrent bénévolement leurs images. Et surtout les bénéfices du site vont pour une part restreinte aux frais de fonctionnement du site et pour l’autre part à une association verte militante. Les images sont – il le faut dire-, très différentes de celles que l’on peut voir sur les sites x traditionnels comme celles d’une belle tatouée se déshabillant alors qu’elle travaille dans son potager et terminant en s’offrant tous les plaisirs avec une carotte bien placée ! Il y a aussi le site « vegporn » avec des jeunes gens très natures qui plaident pour le végétarisme ; « eat pussy not pork » est un slogan affiché sur le site. Mais vous devrez être abonnés pour profiter d’eux. Citons encore « sexecology.org » qui va plus loin encore car ses deux fondatrices Annie Sprinkle et Elizabeth Stephens n’offrent pas des images pornographiques mais des expériences érotiques et écologiques atypiques puisqu’elles déclarent « faire l’amour avec la terre… »

Osez le sexe bio et écolo est publié à La Musardine, 160 p., 9 euros

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