À la découverte de l’Abyssinie éthiopienne avec «Soir mag»

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À la découverte de l’Abyssinie éthiopienne avec «Soir mag»
Photos : DR

L’Éthiopie. D’emblée, nous avons tous en tête les images des années 1980 où famine, guerres, déplacement de populations, pauvreté… faisaient l’actualité. Quels changements !Pourvu de neuf régions où vivent différentes ethnies, le pays est aujourd’hui l’une des rares démocraties fédérales et parlementaires en Afrique. Une femme particulièrement appréciée préside désormais aux destinées du pays et un jeune Premier ministre mène tambour battant un grand nombre de réformes qui renforcent le « vivre ensemble ». Des performances économiques et la reprise du dialogue avec l’Érythrée voisine sont autant d’éléments positifs pour la seule nation d’Afrique à ne jamais avoir été colonisée. Depuis dix ans, l’ouverture au tourisme de qualité et non de masse devient une nouvelle source de revenus pour une population fière et accueillante.

La reine de Saba, mythe ou réalité ?

Autrefois, la légitimité du pouvoir impérial fut instaurée grâce à une légende : la mythique rencontre à Jérusalem entre la reine de Saba et le roi Salomon, qui aurait donné naissance à Ménélik, premier roi de la dynastie Salomonienne fondée au XIIIe siècle et qui régna sur l’Éthiopie jusqu’au reversement de l’empereur Hailé Sélassié par la junte militaire léniniste-marxiste en 1974, connue sous le nom de Derg ! La dynastie Salomonienne a fait suite à celle de Zagoué (bâtisseur de la ville de Lalibela) qui, elle-même, suivait le très puissant empire Aksoumite de 400 avant JC à 600 après JC, dont la capitale Aksoum était un carrefour commercial extrêmement important et qui abrite les fondations du palais de la mystérieuse reine de Saba.

Vu qu’il existe plus de deux ans entre le règne du roi Salomon et la souveraineté d’une reine dans la région d’Aksoum, les fondements de cette légende sont évidemment remis en cause… D’autant qu’il est aussi question d’une reine de Sabbat au Yémen voisin ! Mythe ou réalité, la reine de Saba est mentionnée dans des récits bibliques, coraniques et hébraïques comme ayant régné sur le royaume de Saba, qui à l’époque, s’étendait du Yémen au nord de l’Éthiopie et en Érythrée.

Beta Georgios à Lalibela.
Beta Georgios à Lalibela. - D.R.

Ferveur chrétienne d’hier et d’aujourd’hui

Au fil des siècles, l’Église chrétienne éthiopienne a érigé des lieux de culte étonnants sur les hauts plateaux d’Éthiopie, principalement dans la région du Tigré et à Lalibela. Des édifices excavés dans la roche de Lalibela, reconnus au Patrimoine mondial de l’Unesco, aux chapelles, églises et monastères creusés ou bâtis dans des lieux simplement improbables… l’Éthiopie compte de nombreux chefs-d’œuvre chrétiens. Souvent aux sommets de massifs et de montagnes, ces édifices témoignent de la foi du peuple éthiopien qui se rapproche autant que possible du ciel et de son Dieu.

Très croyants et très pratiquants, les Éthiopiens fêtent la Vierge Marie et saint Michel chaque mois dans les villes et les villages d’Abyssinie. En janvier par contre, dans une ferveur collective, le peuple réitère ses vœux de baptême à l’occasion de l’Épiphanie éthiopienne à travers des festivités extraordinaires qui s’étalent sur trois jours : le Timkat.

Les prêtres et les moines vêtus de leurs plus beaux habits dorés et de leur bâton de prière exhibent au cours de fastueuses processions les Tabots, symboles des Commandements de Dieu repris dans l’Arche d’Alliance originale, ramenés en Éthiopie par Ménélik à son retour de Jérusalem… Spectacle multicolore et multiséculaire, le Timkat éveille tous les sens et anime toute la population en liesse par des danses traditionnelles, des chants et des prières publiques.

Le blanc, les couleurs vives, les riches parures des officiants, les discours et les sermons soutiennent un clergé toujours très puissant dans cette région. Si la religion est le fil conducteur de l’histoire du nord-est de l’Éthiopie, si les festivités du Timkat magnifient indéniablement la découverte de l’Abyssinie, la dignité des populations rurales et la beauté des paysages marquent à jamais le visiteur au cours de ces trois jours de fêtes.

Célébration du Timkat.
Célébration du Timkat. - D.R.

Passer des paysages verts aux plateaux lunaires

Quand on survole la région, outre les fractures abyssales dans les hauts plateaux, ce sont les nombreuses zones fertiles cultivées qui interpellent le voyageur… Ici, on laboure aux jarrets de bœufs, on moissonne à la main, on vit de ce que la terre produit et on invite le voyageur à partager un café, un pur Arabica, grillé, concassé et infusé devant vous… Humez, goûtez… jamais vous ne l’oublierez !

Un peu plus à l’est, la dépression du Danakil sépare les hauts plateaux d’Abyssinie de l’Érythrée. Cette dépression qui vous plonge au-dessous du niveau de la mer (moins 157 m) est aussi la voie qui engage le grand rift africain et son enchaînement de lacs au Kenya et en Ouganda : le lac Kivu, le Tanganyika et le lac Malawi. Ceux-ci s’incrustent dans cette grande faille qui sépare les plaques tectoniques africaines. Du septième ciel au fin fond de la dépression du Danakil, les paysages se succèdent mais ne se ressemblent pas. Exactement comme les superbes coiffures des femmes tigréennes qui font place à la finesse traditionnelle des femmes Afar.

Ici la vie est rude et minimaliste… On se contente du peu de revenus engendrés par la collecte des plaques de sel arrachées au cœur du lac Assalé et remontées à dos de dromadaires vers Mekele, capitale de la région du Tigré. Le sel faisait déjà la richesse du royaume de la reine de Saba. Ici, tout est inoubliable !

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D.R.

 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern