Ce que femme (libérée) veut…

Ce que femme (libérée) veut…

« Ce que femme veut, dieu le veut… » : l’adage populaire est connu. Et s’il prête à discussions – qui dira que les femmes ont décidé quoi que ce soit dans l’histoire du monde ? –, il pourrait trouver aujourd’hui une certaine réalité dans l’intimité. D’après les résultats d’une étude publiée en avril dernier dans la revue « Evolutionary Behavioral Sciences » (*), c’est la femme qui au sein du couple, déciderait de la fréquence des rapports sexuels et ferait qu’un couple cherche souvent à atteindre le 7 e ciel. Mais pas n’importe quelle femme. Celle qui permet au couple de vivre des rapports sexuels fréquents est une partenaire qui sait dissocier désirs et sentiments, plaisirs et émotions, qui peut passer au-dessus d’un différend avec son partenaire pour s’offrir mille voluptés !

Les effets du temps sur le désir

On vous explique : une équipe de psychologues de l’Université norvégienne des sciences et technologies (NTNU) a cherché à comprendre ce qui impactait la fréquence des parties de jambes de l’air au sein d’un couple établi. Pour ce faire, ils ont rencontré au sein de l’université 92 couples hétérosexuels âgés de 19 à 30 ans qui étaient ensemble depuis un mois pour les uns et 9 ans pour les autres. Ils ont d’abord constaté que ceux-ci avaient en moyenne deux – trois rapports sexuels par semaine. Ils ont ensuite croisé ces données avec les mille et un éléments sentimentaux, pratiques et physiques de la vie du couple…

Ils ont ainsi observé que le premier élément déterminant la fréquence des galipettes est la durée du lien. Plus la relation est installée et ancienne, moins le couple a de rapports sexuels. Ce que confirment maintes études et qu’explique le phénomène d’habituation : une stimulation voit sa réponse perdre graduellement en fréquence et en intensité quand elle est répétée. Au fil du temps, l’excitation si liée au désir décroît. Le corps est émoustillé par la nouveauté et l’inconnu. À force d’être touché, caressé par la même personne, il ne réagit plus de la même façon. Après 3 ans pour les uns, 5 ans pour les plus optimistes, il est bien moins excité. Les baisers et caresses ne font plus le même effet. Pas de surprise à ce niveau. De même, les psys norvégiens ont souligné que le facteur qui conditionnait le nombre de rapports était la passion, cet embrasement des sens qui se transforme au fil du temps en amour et engagement. Une autre façon d’évoquer les effets érotiques du temps sur la relation de couple.

Une femme qui dissocie sexe et sentiments

Mais ce qui nous intéresse ici davantage et qui est plus neuf est le profil féminin qui détermine la fréquence des rapports. « La découverte la plus remarquable de l’étude est peut-être que seules les attitudes de la femme à l’égard des relations sexuelles influent sur la fréquence des rapports sexuels », a d’ailleurs déclaré le psy Leif Kennair.

Face à un homme décrit comme plus désirant que la femme – et même trois fois plus désirant selon les psychologues norvégiens –, c’est la femme qui fait qu’un couple ait un nombre élevé de rapports. Si elle distingue les aspects sexuels d’une relation de ses dimensions relationnelles et émotionnelles, les rapports sexuels sont plus fréquents. « Les femmes qui ont tendance à être plus ouvertes aux relations sexuelles font la distinction entre les aspects positifs et physiques du sexe et les aspects relationnels et émotionnels d’une relation. Cela signifie qu’une dispute à table ou un conflit domestique – qui doit passer l’aspirateur ? – n’est peut-être pas aussi cruciale pour savoir si le couple a des rapports sexuels, » ont expliqué les chercheurs.

Une femme de compromis

Selon eux toujours, ces femmes qui différencient le sexe seraient plus ouvertes aux compromis, elles qui acceptent une galipette même quand il y a une tension. Une belle qualité que le compromis… Mais on ne jettera pas la pierre aux femmes qui ne peuvent pas désirer un partenaire avec lequel elles se sont disputées. Quoi de plus normal !? Le sexe est au cœur des relations émotionnelles et affectives. Il y est intimement lié et participe à la construction des sentiments. C’est sa force de se marier à toutes les dimensions d’une relation. Mais sa faiblesse aussi car les femmes peuvent voir le désir fragilisé par les conflits avec leur partenaire ; le désir étant très intimement lié à la qualité de la relation et souvent déterminé par lui.

Pourtant les femmes qui parviennent à dépasser un conflit parce qu’elles séparent sexe et émotions, n’ont pas tort. Bien au contraire ; se trouver ou se retrouver dans le plaisir participe à l’entente et sans nul doute à la résolution de petits problèmes domestiques.

(*)How intercourse frequency is affected by relationship length, relationship quality, and sexual strategies using couple data : étude menée par Grøntvedt, Trond Viggo, Kennair, Leif Edward Ottesen, Bendixen, Mons et publiée dans « Evolutionary Behavioral Sciences » en avril 2019.

Sur le même sujet
Université
 
Signé duBus
Signé Stéphane Bern