Voluptueuses fessées

Voluptueuses fessées
édition la musardine

C’est de la fessée coquine que l’on vous entretient ici, celle que des adultes consentants jouent à se donner dans la moiteur de certaines maisons ou dans l’intimité de leur chambre à coucher. Si l’on en croit Jean Feixas, la pratique est aujourd’hui appréciée : « le bruit de la fessée est devenu du dernier chic dans beaucoup d’établissements où rythme pour rythme, il peut remplacer celui de la techno ». Et l’auteur de « L’histoire de la fessée, de la sévère à la voluptueuse » d’évoquer Madonna qui au magazine Voici déclara en 1993 « J’aime qu’on me gifle les seins et qu’on me claque le cul. Pas trop fort mais suffisamment pour en sentir les brûlures. » La star ne semble pas avoir perdu ce penchant car quatorze ans plus tard pour la sortie de son album Hard Candy, elle se déguisait en fouetteuse, habillée de cuir et de ceinture d’acier.

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Notre époque a encore ses concours de fessée qui ont lieu dans des impasses parisiennes, des soirées « spanking » (fessée) pour les hommes organisées dans des clubs, des ateliers pour jeux de filles, des appareils proposés dans des clubs new yorkais pour mesurer l’intensité de l’exercice. On note au passage qu’en Belgique, l’Académie des arts de l’amour propose régulièrement des formations « fessée » pour aider les couples à pimenter leur vie érotique.

Le divertissement sexuel par excellence

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Mais si notre société semble apprécier la fessée (et détester et condamner sa version punitive administrée aux enfants) elle n’est pas la première. L’auteur français qui est aussi avocat, dessinateur de presse et commissaire divisionnaire, nous explique que la pratique est la plus vieille du monde tant dans ses versions punitives que ludiques. Il note cependant que la fessée érotique connut son âge d’or durant les Années folles. La fessée devint « le divertissement sexuel par excellence ». Nombre d’établissements sérieux proposaient des spectacles sur ce thème. Ils intégraient de très jeunes filles et des garçonnets mais comme l’explique Jean Feixas, les rôles étaient tenus par des « faux-poids », soit des mineures qui n’en étaient plus mais en avaient l’air. Il s’agissait de ne pas avoir d’ennuis avec la police des mœurs, la Mondaine ! Le casting n’était pas parfait, nous dit l’auteur, car des femmes jouaient les gamines délurées pendant des années. La mode était telle que la fessée eut son « Guide Rose » sorti en 1935 qui donnait des étoiles aux établissements afin d’aider les clients à faire leur choix.

Sur les genoux de Madame Camille

Ces années avaient bien évidemment leur star en la matière, une certaine Madame Camille qui dirigeait sa maison de la rue Lepic d’une baguette inflexible. Devant des spectateurs masculins et féminins, Madame Camille couchait sur ses genoux une jeune indisciplinée ou une fausse bourgeoise bien fessue et la punissait d’une faute quelconque. Des jeux de miroirs permettaient au public toujours plus nombreux d’apprécier tous les aspects de la représentation. Le spectacle avait un tel succès que Madame Camille immortalisa ses prestations et faisait vendre sous le manteau les clichés.

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Souvenirs de jeunesse de Malraux

En ces Années folles, il n’y avait pas que les maisons professionnelles qui offraient de tels jeux mais des particuliers aussi. Des petites annonces spécialisées proposaient des leçons particulières, des couples donnaient en privé des spectacles de fessées alternées. Les maisons d’édition n’étaient pas en reste qui publiaient des récits souvent mal écrits et illustrés tous signés par des auteures dont les noms avaient tous des consonances anglaises, Miss Coote, Miss Dean, Sadie Blackeyes…

Mais on citera un nom plus célèbre, André Malraux qui évoque lui aussi un souvenir de fessée dans la Voie royale de 1930 : Un jour on me mena à Paris, dans un petit bordel minable. Au salon, il y avait une seule femme, attachée sur un chevalet par des cordes… les jupes relevées…

-De face ou de dos ?

– De dos !…

Autour, six ou sept types, petits-bourgeois à cravates toutes faites et veston d’alpaga, les yeux hors de la tête, les joues cramoisies, s’efforçant de faire croire qu’ils voulaient s’amuser… Ils s’approchaient de la dame, l’un après l’autre, la fessaient, une seule claque chacun, payaient et s’en allaient, ou montaient au premier étage… »

L’histoire de la fessée est paru aux éditions La Musardine, 312 p., 24,90 euros. D’une plume élégante, Jean Feixas raconte la très longue histoire de la fessée qu’elle soit coquine, disciplinaire ou châtiment, pratiquée dans les maisons privées, les écoles, les couvents ou sur les places publiques. Il aborde aussi sa dimension symbolique. Un ouvrage des plus documentés, riche de 160 illustrations

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