La réforme des Victoires de la Musique, objet d’une nouvelle controverse

La réforme des Victoires de la Musique, objet d’une nouvelle controverse
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C’était attendu et ça n’a pas manqué ! Une véritable fronde a été suscitée par la volonté de rebâtir la structure des Victoires de la Musique. Un point crispe tout particulièrement : les catégories primées sont moins nombreuses (huit pour être exact contre treize en 2019) et allégées de toute identification de genre. Exemple : les différentes catégories pour les albums, que ce soit rap, rock, variétés… sont remplacées par une seul et unique entrée « album ».

Pluie de remontrances

Il n’en fallait pas plus pour provoquer un véritable tollé. Déjà en temps normal, les Victoires de la Musique sont accusées de manquer de diversité sociale et musicale. Alors tout édulcorer au sein de catégories aseptisées ? Il s’agit pour certains d’une véritable déclaration de guerre. « Invisibilisation systématique du rap », « coup de couteau donné au rock »… Les critiques viennent de toute part.

Auprès de l’AFP, le DJ et producteur Martin Meissonnier se désole de voir « un monde qui se referme au lieu de s’ouvrir », alors que la journaliste fondatrice de « Madame Rap » Eloïse Bouton note que cela s’inscrit dans un cadre où on constaterait encore et toujours trop « peu de rappeurs et peu de femmes ». Le chanteur Manu Dibango et le membre fondateur du groupe Kassav’ Jacob Desvarieux reprochent un manque toujours flagrant « de diversité de couleurs ».

Une défense bien préparée

Bref, la réforme a provoqué une zizanie encore plus forte qu’à l’accoutumée. Bien évidemment, les organisateurs de la cérémonie étaient prêts à encaisser le choc. « C’est un choix, on savait qu’on ouvrirait le débat, c’est bien de l’ouvrir, le débat est sain et il ne faut pas l’éviter », explique leur président, Romain Vivien, qui fait valoir une meilleure « lisibilité » des catégories en 2020.

« Nous voulions éviter de catégoriser les artistes, et puis le public ne s’y retrouvait pas forcément. C’était aussi une demande d’artistes, qui nous disaient “on veut concourir avec tout le monde" », ajoute-il avant de glisser qu’« auparavant, seuls les gagnants chantaient durant la cérémonie. Là tous les nommés se produisent ».

Pas sûr que tout le monde ait compris les bonnes volontés qu’il tente de faire valoir. Cela dit, il ne se dédouane pas de tout. Romain Vivien reconnaît ainsi le manque de diversité lors de la cérémonie, même s’il pose la question de l’origine de ce constat : « est-ce lié aux catégories enlevées ou aux gens qui votent ? ». Que ce soit l’une ou l’autre réponse, comme il le dit lui-même, c’est un problème sur lequel « il va falloir y travailler ».

 
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