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La monarchie espagnole tremble : l’ancien roi Juan Carlos accusé d’avoir caché 100 millions € en Suisse

Le monarque aurait reçu cet argent d’Arabie saoudite selon des révélations de « La Tribune de Genève ». L’affaire commence à avoir des retombées politiques dans la péninsule ibérique.

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C’est un choc pour tout le pays ibérique ! Juan Carlos, qui a cédé son trône à son fils Felipe VI en 2014, est accusé d’avoir eu recours à des méthodes frauduleuses pour dissimuler une partie de sa fortune. On ne parle pas ici d’un petit montant mais d’environ 100 millions d’euros cachés en Suisse. C’est le journal « La Tribune de Genève » qui a étalé cette affaire dans sa une cette semaine. Le litige est si sérieux que cela a des conséquences politiques qui risquent de mettre la coalition au pouvoir dans une position délicate.

Des transactions en eaux troubles

Le contentieux prend racine dans un contexte particulier en 2008. Selon les révélations suisses, Juan Carlos aurait reçu cette somme faramineuse des mains du roi Abdallah de Jordanie en 2008, et cela sans contreparties. L’argent aurait ensuite été dissimulé aux yeux du public. Rien que cet élément est suffisant pour faire polémique mais ce n’est pas tout. Cette année-là, l’Espagne remporte un contrat de 6 milliards de dollars en Arabie saoudite afin de construire un TGV entre Médine et La Mecque, les deux villes saintes de l’islam situées dans le pays. Hasard ou pas ? Telle est la question qui se poserait aujourd’hui si ces accusations viendraient à être confirmées.

Ce que cet argent est devenu par la suite représente un contentieux supplémentaire. La banque Mirabeau, qui a accueilli la somme sans rechigner, est désormais sommée de s’expliquer. Autre élément : 65 millions auraient été versés par Juan Carlos à Corinna Larsen, connue comme étant l’ex-femme d’un prince allemand. Selon l’avocat de celle-ci, cela aurait été « une forme de donation pour elle et pour son fils, pour qui [Juan Carlos] avait de l’affection ».

Évidemment, la nouvelle a fait l’effet d’une bombe dans un pays où la monarchie est déjà fortement critiquée. Le gouvernement, composé des socialistes du PSOE, du parti de gauche radicale Podemos et de catalans, en est déjà déstabilisé. Si les premiers s’opposent à toute enquête parlementaire sous prétexte que Juan Carlos avait à l’époque l’immunité parlementaire, les autres ne sont pas du même avis. « Il faut lever tous les doutes sur le comportement corrompu présumé de l’ancien chef d’Etat », fait valoir le porte-parole de Podemos, Pablo Echenique. La gauche catalane dénonce quant à elle « l’opacité d’une famille payée 8 millions d’euros par an juste pour son nom, qui, en plus, fait des affaires avec les satrapes d’Arabie saoudite ».

En 2010, l'affaire Nóos avait déjà bien secoué la monarchie espagnole avec la mise en examen de l’infante Cristina de Borbón y Grecia et de son mari pour appropriation illicite de fonds publics.

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