Une baleine morte près de Montréal, probablement après une collision avec un bateau

Une baleine morte près de Montréal, probablement après une collision avec un bateau
BelgaImage

C’était la star de la semaine dernière à Montréal. Les habitants de la région ont alors eu la surprise de voir une baleine à bosse sauter joyeusement non loin des gratte-ciels de la ville. L’image était belle mais malheureusement, l’histoire s’arrête là. Aperçue pour la dernière fois dimanche, elle a été retrouvée morte mardi un peu plus en aval de la métropole, à Verchères, déjà en état de décomposition. Une nécropsie a été réalisée sur place et les vétérinaires ont rendu leurs premières conclusions.

Une baleine désorientée ou trop gourmande ?

Après avoir employé les grands moyens pour déplacer la carcasse, les experts ont donc découpé la baleine, qui s’est avérée être une jeune femelle d’environ 3 ans qui était en bonne santé, pour analyser chaque tissu. « Ce que l’on peut dire, c’est que l’animal présentait des signes de traumatisme. Il y avait la présence d’hématomes hémorragiques qui suggèrent fortement que l’animal a été frappé par un bateau », a déclaré Stéphane Lair, vétérinaire de l’Université de Montréal en charge des opérations. Pour confirmer cette suspicion, un rapport approfondi doit encore être réalisé, ce qui prendra un ou deux mois, afin d’établir « un diagnostic plus précis ».

La présence du cétacé dans les eaux montréalaises avait déjà fortement étonné. Ce n’est pas un cas unique mais il s’agit tout de même d’un événement rare. Normalement, les baleines à bosse sont présentes bien plus en aval du Saint-Laurent, à proximité de son embouchure des centaines de kilomètres plus loin.

Plusieurs hypothèses pourraient expliquer que celle-ci ait décidé d’aller si loin dans le fleuve : « c’était peut-être un animal qui était désorienté, ou un gourmand qui aurait suivi des poissons. La seule chose certaine, c’est qu’il était dans un habitat qui ne lui était pas approprié », raconte à Radio-Canada Robert Michaud, président du groupe de recherche et d'éducation sur les mammifères marins. « On a donné le plus de protections possibles. Les agents de pêche du Canada ont été avec l’animal pendant plusieurs jours », continue-il, même si cela s’est manifestement révélé insuffisant.

Il y avait « très peu d’options » d’interventions, selon Robert Michaud. « L’animal a fait une série de choix, de décisions ou d’erreurs qui l’ont amené à Montréal », constate-il. S’il y avait eu un animal en voie de disparition, des moyens plus conséquents encore auraient été mis en place mais vu que la baleine à bosse est classée comme espèce non en danger, c’est le maximum qui a pu être mis en place.

 
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Signé Stéphane Bern