Les Pays-Bas choqués par la création d’un parti «pédophile»

Les Pays-Bas choqués par la création d’un parti «pédophile»
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A priori, son nom ne semble pas étrange outre-mesure. Officiellement dénommé « Parti de la charité, de la liberté et de la diversité » (Partij voor Naastenliefde, Vrijheid en Diversiteit), le PNVD pourrait sembler un parti comme un autre. Mais croire cela serait une grosse erreur ! Pour mieux en comprendre la teneur, les médias néerlandais l’ont donc surnommé le « pedopartij » (pédo-parti). Alors que ce dernier tente de se présenter pour les élections de 2021, son programme (défendant notamment la suppression de la majorité sexuelle et la dépénalisation de la pédopornographie) a provoqué une indignation générale au pays des tulipes. En un peu plus d’une semaine, plus de 550.000 personnes ont déjà signé une pétition pour demander son interdiction. Pas de quoi impressionner le PNVD.

Des propositions de lois qui suscitent le dégoût

De façon globale, le PNVD se dit en faveur d’un « libéralisme humain ». Mais dans le détail, son programme de 21 pages n’a pas manqué de soulever les cœurs. Parmi les exemples relevés par la RTBF, on trouve notamment cette mesure : « Toutes les personnes, quel que soit leur âge, y compris les enfants ont le droit de disposer de leur corps. Cela s’applique également en matière sexuelle. N’importe qui peut avoir des contacts sexuels avec son consentement », est-il écrit, avant d’ajouter : « la détention privée de toutes les formes de pornographie, y compris la pornographie enfantine, est autorisée ».

Mais l’attachement du parti à la « liberté sexuelle » ne s’arrête pas là ! Loin de se contenter de la légalisation de facto de la pédophilie, le PNVD demande aussi à ce que « les contacts sexuels avec des animaux redeviennent légaux » et la « légalisation de la nécrophilie si le défunt a explicitement donné son autorisation écrite à cet effet ».

Parmi les 550.000 opposants au parti, on trouve aussi des stars, comme la chanteuse soul Glennis Grace qui se dit « dégoutée que cela puisse se produire ». « Dans quel monde est-ce qu’on vit ? », demande-t-elle sur Instagram en relayant la pétition pour interdire le parti. Le PNVD, lui, ne se laisse pas démonté et riposte même sur Twitter. « Cette pétition montre la raison d’être d’un parti libéral humain comme le PNVD. Ses fondateurs estiment qu’une interdiction de parti "porterait une atteinte grave à la démocratie », écrit-il.

Ce n’est pourtant pas la première fois que le PNVD tente de percer. Créé en 2006 par trois hommes se déclarant ouvertement pédophiles, le parti défendait déjà les mêmes idées. Parmi ses autres positionnements, il se déclarait aussi profondément eurosceptique, partisan des drogues dures et du nudisme en tout lieu, opposé au mariage qui devrait être selon lui banni de la loi, sans compter son opposition à l’immigration et à la religion. Mais en 2010, il finit par être interdit. Dix ans plus tard, il retente le coup mais il semble improbable qu’il recueille les 580 signatures nécessaires pour avoir une chance de participer aux élections législatives qui auront lieu en mars prochain.

 
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