Le parti de la bière fait recette lors des élections à Vienne

Le parti de la bière fait recette lors des élections à Vienne
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La capitale autrichienne serait-elle prête à adopter la « bièrocratie » ? C’est en tout cas le souhait porté par une partie des électeurs viennois qui ont voté dimanche pour le « parti de la bière » (Bierpartei) lors des élections régionales. Cette formation politique insolite a récolté près de 13.000 voix, soit environ 2% de l’électorat. Pas assez pour atteindre les 5% nécessaires à une entrée au Parlement régional mais un score suffisant pour élire ses membres au niveau des arrondissements. Et si ses propositions peuvent parfois sembler un peu loufoques, entre les lignes, ses partisans ont des idées tout à fait sérieuses.

Une percée inespérée

Derrière le Bierpartei, on trouve Marco Pogo, un médecin viennois devenu rockeur, qui a voulu reproduire en Autriche le mouvement pro-bière qui a pris racine en Europe de l’Est. En 2015, il crée le parti et se présente aux élections de 2019. Mais il ne récolte alors que 0,6% des voix à Vienne (soit 0,1% au niveau national).

Cette année, il tient sa revanche. Avec le slogan « Make Wien dicht again » (« Rendre Vienne à nouveau épaisse », en référence à l’attrait pour le vin de l’ancien bourgmestre de Vienne Michael Häupl), Marco Pogo a réussi à obtenir un siège au conseil de Simmering, l’un des arrondissements de Vienne. En tout, le parti a obtenu onze sièges d’arrondissements et est devenu le huitième plus important parti de la région. Un score au-delà des espérances puisque le Bierpartei ne compte que six membres ! Marco Pogo est donc activement à la recherche de partisans pour occuper ces postes.

Un parti ouvert sur le monde et défenseur des fêtes populaires

Parmi les points du programme du Bierpartei, on trouve par exemple l’installation de fontaines à bière dans la capitale autrichienne, ou encore la distribution d'un tonneau de 50 litres de bière par habitant. A priori, cela paraît absurde, mais le message est plus subliminal. En défendant ces idées, Marco Pogo compte notamment dénoncer la politique d’aide du gouvernement du chancelier Kurz au monde de la culture, les grandes institutions comme l’Opéra de Vienne étant bien plus soutenues que les petites institutions. Le Bierpartei compte donc défendre les « concerts de musique bruyante dans des rades sales et glauques » qui voient la bière couler à flot.

Un autre exemple de ces messages subtils est la proposition de soutenir la « tolérance envers les bières étrangères » qui participeraient à un enrichissement de la vie en communauté. Ici, c’est clairement la politique anti-immigration du gouvernement autrichien qui est visée. Enfin, preuve que le parti adopte une position europhile : son site internet se termine par .eu et non .at.

Ces positionnements montrent le désamour croissant des Autrichiens pour les thèses d’extrême-droite. Cela se confirme surtout par la chute du parti FPÖ, qui passe de 30% à 7% des voix, tout juste assez pour finir au parlement régional. Le parti social-démocrate finit grand vainqueur avec 41%, suivi par le parti populaire du chancelier conservateur (20%), les Verts (14,8%) et le parti centriste NEOS (7,5%).

 
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