Après le déni, la famille royale à l’heure de la réconciliation

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L’annonce est venue mardi du Palais royal: dimanche, en présence de son épouse Paola, Albert a voulu « ouvrir un nouveau chapitre » en recevant Delphine dans sa résidence privée, pour la première fois depuis le combat judiciaire qui les a opposés pendant sept ans. « Après les tumultes, les blessures et la souffrance, vient le temps du pardon, de la guérison et de la réconciliation », souligne un communiqué cosigné « Delphine, Paola et Albert ».

Le texte est accompagné d’une photo où tous les trois posent, souriants, assis dans le salon du château. Il y est question de « poursuivre paisiblement » ce nouveau « chemin » ouvert lors d’une rencontre où « chacun a pu exprimer, sereinement et avec empathie, ses sentiments et son vécu ». Deux semaines après l’initiative du roi Philippe, le premier à recevoir Delphine après la décision de justice la consacrant princesse, la rencontre a des allures d’ultime coup de théâtre.

« Quel incroyable retournement de situation! », s’est exclamé Stéphane Bern, célèbre chroniqueur des têtes couronnées, joint par l’AFP. « C’est le roi Philippe en recevant sa demi-sœur qui a ouvert la porte à la réconciliation », a-t-il estimé. Un avis partagé par Vincent Dujardin, spécialiste belge de la monarchie, pour qui Philippe a sans doute « encouragé » la démarche de son père, dont l’image a été ternie par ce déni d’enfant. Delphine est née en février 1968 de la longue liaison qu’il a eue dans les années 60 et 70 avec la baronne Sibylle de Sélys Longchamps.

«Une sale affaire»

Albert - qui a régné de 1993 à 2013 - était alors prince héritier, marié depuis 1959 avec la future reine Paola, avec laquelle il a eu trois enfants dont l’aîné est Philippe (roi depuis 2013). Alors que le souverain a régulièrement été en contact avec Delphine jusqu’à son adolescence, il a brutalement rompu le lien en 2001, peu après la révélation de son existence par un journaliste. En 2013, après une vaine tentative de conciliation, Delphine Boël (le nom de l’époux de sa mère) s’est tournée vers les tribunaux pour faire reconnaître sa filiation.

La bataille s’est achevée le 1er octobre 2020 quand la cour d’appel de Bruxelles a établi que l’artiste plasticienne de 52 ans pouvait s’appeler «de Saxe-Cobourg», le patronyme de la famille royale, et bénéficier du titre de princesse. Entretemps, Albert II avait été contraint par la justice à un test ADN pour admettre sa paternité. Il avait vécu amèrement ce revers, fin janvier, prenant soin de rappeler n’avoir été « mêlé à aucune décision familiale, sociale ou éducative quelconque » relative à Delphine, dans un communiqué de ses avocats. Neuf mois plus tard, le temps semble à l’apaisement.

« C’est très positif pour la famille royale car c’était devenu une sale affaire », a commenté le chroniqueur belge Patrick Weber sur la chaîne RTBF. « L’entrevue permet d’initier la voie de la reconstruction entre Albert et Delphine », a fait valoir à l’AFP M. Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’université de Louvain-la-Neuve. Et s’il a fallu attendre toutes ces années, c’est aussi en raison de la crise conjugale qu’ont traversée Paola (83 ans) et Albert (86) et au temps nécessaire pour retisser le lien, relève Stéphane Bern.

« Albert ne voulait pas blesser la reine, c’est pour cela qu’il n’avait pas reconnu Delphine. Quand lui et Paola se sont réconciliés, ils ont essayé d’effacer les chemins de traverse », dit l’animateur et écrivain franco-luxembourgeois. « Aujourd’hui on peut dire que l’acte de pardon vient de la reine Paola », juge-t-il.

AFP

 
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