En Chine, la star de la musique aux millions de fans mais… qui n’existe pas (vidéo)

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Comme elle, 31 autres « candidats » participent à ce télé-crochet musical très particulier, où ils affrontent grâce à la magie de l’incrustation numérique un jury de trois professionnels -- en chair et en os, eux. Lancée cette année, « Dimension Nova » est regardée en ligne par des millions d’internautes à chaque émission. Elle surfe sur le phénomène, né au Japon mais désormais populaire ailleurs en Asie, des « idoles », ces jeunes chanteurs ou chanteuses enjoués à l’image inoffensive, soutenus par un intense marketing afin d’obtenir un maximum de fans.

Selon ses producteurs, « Dimension Nova » est le premier télé-crochet au monde à mettre en scène des candidats virtuels. Contrairement aux vraies stars, « on ne connaît pas leur vie de tous les jours, donc ils alimentent davantage l’imagination », déclare à l’AFP Liu Jun, un jeune homme de 28 ans fan d’Amy. « Une idole virtuelle est indestructible. Du moment que son image est là, elle reste dans ton cœur pour toujours », explique-t-il en référence à son idole, dont il a assisté à une dizaine de concerts et d’événements avec des centaines d’autres spectateurs aussi réels que conquis. Lors de l’un d’entre eux, Liu Jun a pu « discuter » avec elle via un écran géant. Et une imprimante distribuait des « autographes » de la star.

« Une vraie âme »

Les idoles virtuelles, dont le concept est lui aussi né au Japon, gagnent en popularité en Chine via concerts, émissions télévisées et reportages. Selon la plateforme internet de diffusion de vidéos iQiyi (sorte de Netflix chinois), qui diffuse « Dimension Nova », 390 millions de Chinois s’intéresseraient à ce phénomène. « L’idée de ce télé-crochet, c’est de montrer que les idoles virtuelles peuvent débarquer dans le monde réel », explique à l’AFP Liu Jiachao, le producteur de l’émission.

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L’apparence extérieure des personnages est créée par des animateurs 3D sur ordinateur. Mais ce sont de vrais acteurs qui leur donnent vie grâce à la technique de la capture de mouvements. En clair, lorsque les comédiens bougent, leurs avatars virtuels effectuent les mêmes gestes sur l’écran. « Chaque idole virtuelle a une vraie âme », assure à l’AFP Liu Yong, le PDG de Beijing Mizhi Tech, l’entreprise qui a créé le personnage d’Amy. « Ils ont leur propre personnalité, caractéristiques et préférences ».

Durant l’émission, les caméras filment les coulisses, où les concepteurs des personnages virtuels se montrent stressés avant la performance de leurs bébés numériques. « Amy, c’est comme ma fille », explique Xu Xingmei, l’animatrice chargée des expressions et des mouvements de la star virtuelle. « Quand je la vois sur scène, j’ai l’impression qu’elle est enfin devenue adulte ».

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Pannes

Amy est le symbole d’un secteur d’activité qui devrait peser 1,5 milliard de yuans (190 millions d’euros) en Chine d’ici deux ans, selon une étude du cabinet pékinois Newsijie. Mais l’arrivée d’un trop grand nombre d’idoles virtuelles sur le marché pourrait se faire au détriment de la qualité, pointent des experts. « Pour entrer (dans ce secteur), il vous faut l’argent, la technologie et la persévérance », résume Cao Pu, directeur général de l’entreprise Shanghai Henian Technology, créatrice des plus populaires personnages numériques en Chine.

Sans compter que les idoles, même virtuelles, ne sont pas à l’abri de défaillances. Lors d’une des apparitions d’Amy dans « Dimension Nova », seule sa casquette apparaissait ainsi à l’écran. D’autres candidats se sont eux désintégrés au beau milieu de leur prestation après une panne technique. « C’est vraiment embarrassant. Cette émission n’est pas adaptée pour les humains », a ironisé un spectateur sur les réseaux sociaux.

Mais les créateurs de « Dimension Nova » croient en leur projet. « Les spectateurs qui regardent l’émission depuis le début verront que le niveau technique a bien progressé », explique Liu Jiachao, le producteur. « Quand quelque chose de nouveau apparaît, la controverse est inévitable ».

AFP

 
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