Vivement 2021 après une année non érotique!

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Vivement 2021 ! On fêtera le réveillon confiné.e et en petit comité mais on se réjouit pleinement de terminer cette année qui a fragilisé notre santé, notre moral, nos vies familiale, sociale et professionnelle, nos projets, nos rêves, nos évasions et nos amours. Le bilan érotique de 2020 n’est guère positif. L’année presque terminée a ébranlé nos désirs et atténué nos plaisirs, comme le suggère une nouvelle enquête.

Moins d’orgasmes pour les femmes

Menée en ce mois de décembre auprès de 24.000 personnes – 12.654 femmes et 11.233 hommes – par Gleeden (1) qui se présente comme le « premier site des rencontres extra-conjugales pensé par des femmes », l’enquête tend à montrer que pandémie, confinement et jouissance sont difficilement compatibles. Surtout pour les femmes ! Pas moins de 81 % des participantes confient avoir connu moins d’orgasmes cette année. Et quand elles sont en couple, 61 % des femmes disent leur moindre envie de faire l’amour avec leur partenaire et 54 % leur incapacité à atteindre l’orgasme.

Les pourcentages ne surprendront pas car l’orgasme a besoin de lâcher-prise. Difficile de jouir quand on est enfermée chez soi 24 heures sur 24 avec les enfants présents et qu’on a les soucis domestiques en tête (souvent mal partagés entre les deux parents). La charge mentale liée aux tâches ménagères et la présence des enfants ont d’ailleurs été invoquées par 48 % et 44 % des participantes.

Plus de masturbation pour les hommes

Et même la masturbation n’a pas été au rendez-vous puisque 58 % des femmes disent s’être moins caressées cette année. Les hommes par contre n’ont pas hésité à profiter des journées de confinement pour se masturber puisqu’ils sont 72 % à confier avoir davantage connu ce plaisir solitaire et 63 % ont consulté davantage de sites pornographiques et 41 % ont dialogué avec des inconnues plus fréquemment qu’en 2019.

Ce qui au total, fait que plus de la moitié des hommes ont joui davantage qu’en 2019. Mais cela signifie-t-il qu’ils ont été plus satisfaits ? Rien n’est moins sûr car la masturbation peut être pratiquée non pour s’offrir un moment de plaisir et une explosion de sensations mais comme un moyen de se déstresser, de combler un manque. Ces explications sont plausibles car plusieurs études montrent que le moral est au plus bas. L’enquête CoviPrev menée depuis mars par Santé Publique France montre que les états dépressifs ont doublé entre fin septembre (11 %) et début novembre (21 %). De même l’étude (3) menée en novembre dernier par l’institut français Ifop établit que 57 % des Français déclarent avoir ressenti une baisse de moral durant le second confinement et 47 % ont confié manquer de tendresse et de câlins contre 33 % souffrant d’une baisse de relations sexuelles.

Moins de désirs et de relations sexuelles en 2020

Si la jouissance féminine ne fut pas au rendez-vous de 2020, le désir ne le fut pas davantage. En novembre dernier, le même site Gleeden sondait quelque 2541 Françaises pour établir que 8 femmes sur 10 connaissent une baisse de libido depuis qu’elles travaillent chez elles. Pour l’expliquer, elles invoquent le stress (81 %), une mauvaise gestion de leur temps libre et l’impression de ne pas savoir quand s’arrêter (68 %) le fait de sentir moins désirables (65 %) et l’absence de sorties (35 %).

Ces récentes enquêtes confirment les précédentes. En avril dernier, le sondage de l’Ifop (4) mené auprès de 3045 personnes, montrait que le confinement ne favorise guère les plaisirs des corps. Bien au contraire, la proportion de Français.e.s n’ayant pas eu de rapport sexuel au cours du dernier mois se révéla être presque deux fois plus élevée qu’à l’accoutumée : 44 % contre 26 % ! Cette baisse affectait avant tout les célibataires (-31 points) mais aussi les personnes en couple confinées sous le même toit (-11 points). Nos voisin.es firent moins l’amour et de surcroît se sentirent moins épanoui.e.s. Le sentiment de satisfaction à l’égard de leur vie sexuelle ne perdit pas moins de 7 points entre l’avant et l’après confinement chez les personnes en couple et 14 points chez les célibataires.

Et dans cette étude, ce furent également les femmes, qui déclaraient majoritairement moins désirantes. Ceci conduisit notamment certaines femmes à faire l’amour alors qu’elles n’en avaient pas forcément envie (12 %) : l’idée d’avoir un rapport pour faire plaisir à son partenaire a été plus fréquente (+7 points par rapport à 2014). Dans le stress du confinement, peut-être voient-elles le sexe comme un moyen de réconfort ou encore comme un moyen de consolider leur couple fragilisé par la pandémie.

Le même constat – mais moins sombre – fut observé aux États-Unis avec l’étude menée par l’Institut Kinsey spécialisé dans la recherche sexologique. Publiée en juin dernier dans Leisure Sciences (5), elle établit que la moitié des 1.559 personnes interrogées confia une diminution de leurs rapports sexuels. Cependant un.e participant.e sur cinq déclara avoir élargi son répertoire sexuel en incorporant de nouvelles activités tels l’envoi de sextos, l’essai de nouvelles positions sexuelles et le partage de fantasmes sexuels. On notera et soulignera que les personnes qui enrichirent leurs jeux érotiques étaient trois fois plus susceptibles de rapporter des améliorations dans leur vie sexuelle. De quoi nous rassurer quelque peu !

Un deuxième confinement moins dur

Le deuxième confinement – toujours d’actualité- semble être moins dur chez nos voisin.e.s car les conditions sont moins strictes. L’enquête (3) du 9 décembre établit que pour plus des trois quarts des Français (78 %) confinés avec le même conjoint qu’au printemps, les choses se passent mieux pour leur relation de couple, sachant que les femmes, sur qui reposent une grande part des charges mentales, domestiques et parentales lors du premier confinement, sont nettement plus nombreuses (22 %) que les hommes (14 %) à le vivre « beaucoup mieux ». Mais on attend vivement 2021 !

(1) Étude réalisée du 1er au 13 décembre 2020 auprès de 12 654 femmes et 11 233 hommes membres du site Gleeden en France, Belgique et Suisse mariés ou en couple ayant déclaré avoir un(e) amant(e) en 2020. (2) Enquête Gleeden réalisée en ligne du 20 au 27 novembre 2020 auprès de 2541 femmes mariées en France ayant déclaré être en télétravail au moment de l’enquête. (3) Étude Ifop pour Gleeden réalisée par questionnaire auto-administré en ligne du 24 au 30 novembre 2020 auprès d’un échantillon de 2 017 personnes, représentatif de la population âgée de 18 ans et plus résidant en France métropolitaine. » (4) L’enquête a été menée auprès d’un échantillon de 3 045 personnes par questionnaire auto-administré en ligne du 24 au 27 avril 2020. L’enquête Ifop a été menée pour Charles.co. (5) Less Sex, but More Sexual Diversity : Changes inSexual Behavior during the COVID-19 CoronavirusPandemic. Publication de Justin J. Lehmiller, Justin R. Garcia, Amanda N. Gesselman & Kristen P. Mark. Publié en juin 2020 dans Leisure Sciences

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