Christopher Plummer, de «La mélodie du bonheur» à la consécration tardive

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C’est en 1965 qu’il incarne le baron Von Trapp, un veuf autrichien père de 7 enfants qui reprend goût à la vie grâce à la nouvelle gouvernante, la malicieuse Julie Andrews. Comédie musicale couronnée par cinq Oscars et deux Golden Globes, «La mélodie du bonheur» devient alors l’un des films les plus populaires au monde. Un rôle «rose guimauve», osera lâcher Plummer un demi-siècle plus tard, admettant avoir peu de sympathie pour ce personnage compassé qui l’a toutefois propulsé sur le devant de la scène.

Elevé à Montréal, Christopher Plummer avait entamé sa carrière à la fois en anglais et en français. L’acteur aura joué dans plus d’une centaine de films aussi variés que «L’armée des 12 singes» de Terry Gilliam, «Malcom X» de Spike Lee ou encore «Star Trek 6: Terre inconnue». Mais ce n’est qu’à 82 ans qu’il accède au graal: en 2012, il remporte l’Oscar du meilleur second rôle et un Golden Globe pour son interprétation sobre et émouvante d’un vieil homme assumant son homosexualité après la mort de sa femme dans «Beginners» de Nicholas Meyer. Il reste à ce jour le plus vieux lauréat d’un Oscar.

En 2018, il relève un nouveau record en devenant l’acteur le plus âgé parmi les sélectionnés pour l’Oscar du meilleur rôle grâce à son interprétation de J. Paul Getty, impitoyable et pingre milliardaire confronté à l’enlèvement de son petit-fils dans «Tout l’argent du monde» de Ridley Scott. Il remplace au pied levé Kevin Spacey, en pleine tourmente judiciaire pour des abus sexuels.

Shakespearien

Né le 13 décembre 1929 à Toronto, Christopher Plummer souhaite d’abord être pianiste professionnel avant de devenir acteur à 17 ans après avoir vu Laurence Olivier dans «Henry V». « Ma seule éducation était les vers, la poésie, les livres — les mots », confiait cet arrière-petit-fils du Premier ministre canadien John Abbott à l’International Herald Tribune. Acteur à l’allure froide et distinguée, il interprète plus de 75 rôles du répertoire shakespearien au Canada. En 1954, il se fait connaître à Broadway, où il campe notamment Marc Antoine dans «Jules César». En 1958, il tient son premier rôle au cinéma dans «Stage Struck» de Sidney Lumet avant de traverser l’Atlantique pour collaborer avec le National Theatre alors dirigé par Laurence Olivier.

Magnétique sur scène, collectionnant les prestigieuses nominations et les prix théâtraux, on le considère comme le premier acteur shakespearien digne de ce nom venu d’Amérique du Nord. Mais il peine à percer à l’écran. «La mélodie du bonheur» toutefois lui ouvre les portes de quelques premiers rôles comme le duc de Wellington dans «Waterloo» (1970), Rudyard Kipling dans «L’homme qui voulut être roi» (1975), le journaliste d’investigation Mike Wallace dans «Révélations» (1999), «Inside Man» (2006) ou «L’imaginarium du docteur Parnassus» (2009).

Après des années marquées par une multitude de rôles à la télévision, au cinéma et au théâtre, une ère de reconnaissance s’ouvre à lui après 80 ans. Son interprétation de Léon Tolstoï dans «Tolstoï, le dernier automne» de Michael Hoffman (2009), lui apporte sa première nomination aux Oscars. Quand il obtient sa première statuette en 2012, il lance au trophée, « Où étais-tu passé? Je t’ai attendu toute ma vie! ».

En 2012, il confiait à l’AFP qu’il souhaitait « travailler jusqu’au bout ». « J’ai réussi à boucler le cycle de tous les grands rôles du répertoire classique », confiait-il en 2018 au Guardian. « Je les ai tous joués, certains même plus d’une fois ». « Mais tous ceux qu’on me réserve maintenant sont formidables, les dix derniers ont tous été fascinants ». Il avait encore récemment tenu un rôle dans «A couteaux tirés» de Rian Johnson, aux côtés de Daniel Craig et Chris Evans. Père de la comédienne Amanda Plummer, il était marié depuis 1970 à l’actrice britannique Elaine Taylor, sa troisième épouse.

AFP

 
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