Tollé en Espagne: la télévision publique «offense» la famille royale

Tollé en Espagne: la télévision publique «offense» la famille royale
Capture d’écran Twitter

Ce ne sont que quelques mots mais ils ont déclenché une véritable polémique au sein de la classe politique espagnole. Ce mercredi, une partie de cette dernière a accusé la télévision publique espagnole, la TVE, d’être hostile à la famille royale du pays. Son tort : un bandeau à propos de la fille du roi Felipe VI et de l’ancien roi Juan Carlos : « Leonor quitte l'Espagne, comme son grand-père ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher une véritable zizanie à Madrid.

Une confrontation frontale gauche-droite

Lorsque ce bandeau a été diffusé, la TVE abordait alors le cas du départ de l’héritière du trône, âgée de 15 ans, qui partira l’année prochaine suivre le reste de sa scolarité au Pays de Galles. Manifestement, pour celui ou celle qui a écrit le bandeau, cela a fait penser à l’exil de Juan Carlos pour Abou Dhabi, après une série d’affaires judiciaires et des accusations de corruption. Autrement dit, la famille royale espagnole semble de plus en plus déserter les palais de Madrid.

Aujourd’hui, cette polémique sur Leonor et Juan Carlos a pris une dimension beaucoup plus large. La droite a ainsi accusé la TVE, et plus largement le groupe audiovisuel public RTVE qui possède aussi la radio RNE, d’être soumise au gouvernement de gauche de Pedro Sánchez. Il faut préciser qu’en Espagne, la droite est très attachée à la figure du roi. Cela est moins le cas des socialistes, parmi lesquels le souvenir de la répression des républicains espagnols pendant la guerre civile est encore vif. Cela est encore plus vrai pour le parti Podemos, situé encore plus à gauche, lui aussi au pouvoir, qui a d’ailleurs commenté l’affaire sur Twitter : « Le bandeau de TVE ne devrait pas déranger les royalistes qui pensent que Juan Carlos est innocent et est parti d'Espagne pour changer d'air. S'il les dérange, c'est parce qu'ils reconnaissent qu'effectivement, Juan Carlos est corrompu ».

Un autre élément joue ici dans la polémique : en Espagne, c’est le gouvernement qui nomme le patron de la RTVE. Puisque la gauche est au pouvoir, c’est donc elle qui l’a désigné la dernière fois. Un fait qui sert aujourd’hui d’argument pour le parti populaire, relégué dans l’opposition de droite. « La dérive de la RTVE n'a pas de limites. Elle attaque désormais la Couronne. (...) La TVE ne peut pas être la chaîne officielle du gouvernement mais doit être celle de tous les Espagnols. Assez de manipulations », a-t-elle dénoncé sur Twitter.

De son côté, la directrice de la TVE, Rosa María Mateo reconnaît une « grave erreur » et a promis que les personnes responsables du bandeau seraient « démis de leurs fonctions ». Cette « grave irresponsabilité ne peut ternir l'engagement inébranlable de RTVE envers la défense des valeurs constitutionnelles et des institutions de l'Etat et en particulier de la Couronne », a-t-elle conclut.

 
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