«Je suis la fille d’un pédocriminel, d’un monstre»: Audrey Pulvar s’exprime sur les accusations contre son père

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Voilà une semaine que l’ancienne chroniqueuse d’« On est pas couché » était sous les attaques sur les réseaux sociaux suite aux accusations dirigées contre son père. Marc Pulvar, décédé en 2008, est accusé d’avoir été un « pédocriminel » par trois femmes de sa famille, des cousines d’Audrey Pulvar. L’homme était une figure importante du syndicalisme martiniquais. Les trois femmes l’accusant veulent mettre un terme à « l’héroïsation du personnage » comme elles l’expliquaient dans une tribune.

C’est ce lundi 15 février, au micro de France Inter, qu’Audrey Pulvar s’est exprimée : « Évidemment, c’est quelque chose de très difficile. Je suis là en tant que moi, et en tant que fille d’un pédocriminel, d’un monstre au sens actuel du mot. Quand vous êtes la fille d’un monstre, forcément vous vous demandez si vous êtes un monstre vous-même ». Elle continue : « C’est un processus presque automatique. les choses sont un peu moins simples qu’elles n’y paraissent, et je ne suis pas là non plus pour répondre à mes détracteurs, dont je n’ai pas grand-chose à faire sur ce sujet ».

« Je les ai crues »

À l’annonce des accusations la semaine dernière, la journaliste a été presque immédiatement attaquée sur Twitter notamment. Elle a été accusée d’avoir une responsabilité dans le secret autour de son père. Elle s’est justifiée auprès de l’AFP et expliquant ne pas vouloir substituer sa parole à celle des victimes.

Durant l’interview, elle revient sur son enfance et cette période douloureuse. Quand vient la question d’un doute possible, Audrey Pulvar, émue, balaie la question. Elle explique que ses cousines lui ont raconté les événements il y avait déjà 20 ans : « Elles avaient 30 ans et moi aussi à peu près. On n’était plus des enfants. Je les ai crues. Je les ai crues pour deux raisons. D’abord, parce qu’effectivement, les victimes quand elles parlent c’est pour être crues et je suis toujours du côté des victimes, de celles et ceux qui dénoncent ce type de crime ».

Audrey Pulvar continue, visiblement émue : « Depuis 45 ans, je sais qu’il s’est passé des choses confusément, c’est-à-dire que quand j’avais 5 ans, 6 ans, 7 ans – j’étais donc très petite – il s’est passé des choses dont je sentais qu’elles n’étaient pas normales. (…) Je passais les vacances d’été avec mes cousines, sous la garde de mon père. Je sentais qu’il y avait un climat que je ne comprenais pas, mais je ne savais pas ce que c’était ».

Le temps d’identifier ce qu’il s’est passé

Quant à savoir pourquoi son père n’a pas été dénoncé plus tôt, Audrey Pulvar raconte : « Ça prend du temps, vous savez. (…) Les victimes ont mis 25 ans à parler. (…) Non, il ne m’est pas venu à l’idée de le dénoncer. Je ne savais pas que je savais. Ce n’est pas quelque chose qui est devant vous et que vous identifiez. Il faut du temps pour pouvoir se dire qu’on a vécu ces choses-là ».

En réalité, une plainte a déjà été déposée en 2002 par les cousines d’Audrey Pulvar, qui avaient alors une trentaine d’années. Les faits étaient prescrits puisqu’ayant eu lieu 25 ans plus tôt.

 
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