Après son coup de gueule, Laurent Delahousse est défendu par ses supérieurs

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Lors de la soirée électorale de dimanche passé, Laurent Delahousse animait le débat sur France 2, dans le cadre des élections régionales et départementales. Fatigué du brouhaha ambiant, le journaliste s’est alors montré excédé. « Ça fait longtemps que je n'ai pas animé un débat politique, je commence à vraiment comprendre les Français de plus en plus », a-t-il déclaré. Une opinion qui tranche par sa sincérité mais qui pose question sur la place des journalistes lors de ce type de débat. Ce mardi, il a néanmoins reçu le soutien du patron de l'information de France Télévisions, Laurent Guimier, qui a commenté en détail cette prise de parole inhabituelle.

« Il est totalement dans son rôle »

Laurent Guimier est notamment intervenu sur un point : celui du concept de la neutralité journalistique. « La neutralité, ça ne veut pas dire ne pas avoir d'avis », rappelle le supérieur de Laurent Delahousse, interviewé par France Info. « On a souvent reproché aux présentateurs, à la télé, et je ne parle pas de Laurent Delahousse, mais globalement, à nous, journalistes, d'être totalement déconnectés de ce que ressentent les Français. Parce que c'est Laurent Delahousse, alors évidemment c'est très visible. Et quand il dit ce qu'il pense dans une soirée électorale, ce qu'il ressent profondément, lorsqu'il assiste à un débat politique, je pense qu'il ne sort absolument pas de son rôle », estime Laurent Guimier.

Le patron de l’information en profite par ailleurs pour rappeler la position des journalistes dans le cadre des débats sur les enjeux de société. « Ce que je demande à nos journalistes, à nos présentateurs, à nos reporters, c'est d'être totalement immergés dans la réalité française. Je pense vraiment qu'il est totalement dans son rôle », répète-t-il à nouveau envers Laurent Delahousse.

Laurent Guimier a également tenu à réagir vis-à-vis de l’autre prise de parole du présentateur du journal qui a marqué la soirée, celle où il s’offusque qu’« une chaîne d’information » (qu’il n’a pas nommée) détourne parfois « un produit d’information considéré comme un objet de consommation », avec des conséquences logiques sur le débat public. « Après, que des médias produisent pour faire de l'audience, oui évidemment c'est le cas. Mais ça n'est pas le cas du service public », assure le patron de l’information de France Télévisions. « Nous avons beaucoup de missions, nous avons une mission essentielle dans l'année qui vient (avec l'élection présidentielle, NDLR), et on y travaille beaucoup, c'est de lutter contre le dérèglement médiatique, c'est de se dire que dans ce bouleversement, ce bazar parfois, cette violence qui s'exerce contre les journalistes, nous avons un rôle d'apaisement, de partage. C'est très loin de la logique d'audience ».