Justine Triet dissèque la justice dans son nouveau film
« Anatomie d’une chute », Palme d’or au dernier Festival de Cannes, sonde les arcanes d’un procès, entre préjugés et vérités, dans un thriller envoûtant.

Justine Triet, vous aviez déjà mis en scène un procès dans « Victoria » en 2016. Qu’est-ce qui vous plaît dans ce dispositif ?
L’espace du tribunal est un lieu où la fiction démarre alors qu’on y cherche la vérité. Tant l’avocat qui défend Sandra, l’héroïne du film, que l’avocat général à charge créent un récit exagérant les faits. Leurs deux exposés se chevauchent et la vérité est au milieu. C’est très violent pour mon personnage car non seulement on lui vole son deuil, mais les autres le racontent à sa place.
Son avocat lui dit que ce qui compte n’est pas la vérité, mais la perception qu’on a d’elle…