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Le shibari, le «bondage japonais» arrive en Belgique (photos)

Pratique underground venue du Japon, le « bondage japonais » perce en Occident. Lâcher prise obligatoire !

Temps de lecture: 3 min

C’est dans les locaux de Babylon Loveshop, à Quaregnon, qu’à l’occasion de la Saint-Valentin, nous sommes conviés à une « démonstration » de cet art pluricentenaire, qui oscille a priori entre performance artistique, voyeurisme ou jeu sadomasochiste… Le curseur dépend des « artistes » et du… public, plutôt sage ici en l’occurrence, plus intrigué que réellement avide de sensations fortes. Ils sont deux : Formiga (25 ans), l’encordée, et Oka (24), l’encordeur.

C’est dans un silence de cathédrale qu’Oka commence à entourer Formiga de liens. Les regards sont complices, les gestes précis. La proximité physique entre les deux « performeurs » est palpable. Le fond musical, entêtant, saccadé, ajoute à la montée en puissance. Elle s’offre, mais contrôle chaque geste. La tension enserre les chairs, même si bizarrement, on ne ressent pas de tension sexuelle.

Un maître mot : maîtrise

Le début est très technique, pose les bases dans un échange d’énergie. Point basculant, le moment où Formiga, pour la première fois, est « accrochée » au portique de suspension, à l’aide d’un mousqueton. Les pieds au sol, on entre dans une autre dynamique. Elle se laisse soulever par la poulie, son corps flotte, « obéit » à la traction. Imperceptiblement, elle ferme les yeux, le rapport de force, ou d’abandon, prend une saveur plus complexe. Oka, suprême délicatesse, insère régulièrement des fleurs entre les liens, geste anodin mais posé les yeux dans les yeux, comme une pommade sur les zones de tension. À chaque rose, Formiga pousse un petit râle de plaisir, elle la fleur qui offre sa jeunesse et son corps en toute confiance à son partenaire de jeu. Le couple est en osmose, tout est progressif, lent, comme un lent garrot qui enserre plus qu’il ne serre. Aucune violence ne ressort de l’exercice, place est donnée à la suggestion, c’est avant tout l’imaginaire qu’on va titiller.

Au fur et à mesure des encordements, la pression sur le corps augmente. Formiga s’élève et ne repose plus que sur une pointe de pied. Le public, novice, ne bronche pas, silencieux, en attendant la suite, soit l’élévation complète, l’abandon total de Formiga à son mentor. À mesure que les nœuds s’enchaînent, le poids du corps se répartit, s’horizontalise, et la tension sur les membres diminue. C’est le climax : elle pend, totalement « emprisonnée ». On sent dans son regard, sa respiration, qu’elle « bascule » dans autre chose. L’image est forte, on ne sait où se situe la frontière entre la douleur, la complicité et le « bout de soi ». L’âme ailleurs mais… sourire aux lèvres, dans un étrange ballet ni érotique ni dérangeant, elle vole, légère, aérienne, ficelée mais libre comme l’oiseau. La « redescente », étonnamment, se fait très rapidement. Il n’y a pas de hasard dans les gestes, mais de la maîtrise. Pas question de « tomber » comme un sac. L’apesanteur ? Émotionnelle, sûrement.

Pour plus d’informations, rendez-vous sur le site www.aropeartist.com

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