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Pour Anouk Grinberg, «quand un producteur engage Depardieu, il sait qu’il engage un agresseur»

Elle fait partie des actrices qui ont brisé le silence autour des agressions sexuelles dans l’industrie du cinéma.

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Il y a quelques jours, une décoratrice du film de Jean Becker « Les volets verts », sorti en 2022, a porté plainte contre Gérard Depardieu pour agression sexuelle. Une autre membre de l’équipe a dénoncé aussi une agression.

Anouk Grinberg, l’une des actrices qui a dénoncé le comportement de l’acteur, s’est de nouveau exprimée sur l’affaire. Dans un entretien accordé à l’AFP, elle revient sur le tournage du film auquel elle a participé. Elle explique : « Ce que les gens ont vu dans ‘Complément d’enquête’ (sur Depardieu), c’est à peu près soft par rapport à ce que moi j’ai vu sur les ‘Volets verts’, et je ne suis pas la seule, on l’a tous vu, on l’a tous entendu (…). Du matin au soir, on avait le droit à ses salaceries (…). »

L’actrice connaît Gérard Depardieu depuis longtemps. Si ses propos ont toujours été déplacés, son comportement a évolué, estime-t-elle : « Je l’ai toujours entendu avoir des propos sexuels, graveleux, mais oui ça a très, très gravement empiré, avec la permission du métier qui le paie pour ça, et qui couvre ses délits. »

Elle précise aussi : « Sur ‘Les volets verts’, il y avait paraît-il une dame (référente) dévolue (à prévenir les) agressions. On me l’a jamais présentée, (…) elle n’a jamais apporté son soutien aux femmes qui se sont fait agresser. Elle n’est jamais intervenue quand on entendait parler de moule, de chatte, de bite, de se faire sucer. »

Pour Anouk Grinberg, les équipes étaient au courant du comportement de l’acteur avant le tournage : « Quand les producteurs de film engagent Depardieu sur un film, ils savent qu’ils engagent un agresseur. Pas un agresseur potentiel : un agresseur (…). (Jean) Becker ose dire dans les journaux que mes propos sont scandaleux et qu’évidemment si Depardieu avait mal agi, il lui en aurait parlé entre hommes. Allons ! Il savait très bien que deux femmes avaient été agressées gravement. C’est pour couvrir leur lâcheté, leur incapacité à protéger les femmes que (Jean Becker et les producteurs du film) m’accusent (de mentir). »

Elle explique aussi que l’omerta est parfois exigée sur les plateaux de tournage : « Sur certains films avec Depardieu, on dit à l’équipe avant le tournage : ‘S’il y a le moindre problème vous vous taisez. Si vous parlez, vous êtes virés.’ C’est efficace. (…). Les gens ont peur pour leur pomme, peur de perdre leur boulot, et peur de ne pas être crus. »

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Plus largement, Anouk Grinberg affirme que « beaucoup de femmes savent » ce qu’il se passe dans le monde du cinéma. Elle espère qu’elles soient plus nombreuses à « parler ». Elle conclut en précisant qu’elle aussi a subi des agressions, « et j’ai été entraînée à les considérer comme normales, pas seulement pour pouvoir fonctionner dans le métier mais tout simplement pour pouvoir fonctionner dans la vie. Quand on est une femme, on a intégré que se faire agresser, ça fait partie de la vie. C’est ça qui est en train de changer. »

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