Secondes résidences: Vamos a España!

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Second Home, le salon de la seconde résidence, vient de fermer ses portes à Anvers, avec 50% de visiteurs en plus que lors de l’édition précédente. Le salon rouvrira à Bruxelles du 29 septembre au 1er octobre prochains (*). La grande tendance actuelle? Vamos a España! Selon un sondage réalisé lors de Second Home à Anvers, 41% des visiteurs envisagent un achat en Espagne. Suivent le Portugal et la France dans les destinations les plus prisées, devant la Belgique qui reste un choix rationnel pour une seconde résidence de vacances. Mais pour mesurer le succès de l’Espagne, nous avons mieux qu’un sondage: voici les chiffres du Consejo General del Notariado (l’association espagnole des notaires), cités par Azull, le leader belge de l’immobilier espagnol. En 2016, quelque 3.243 biens ont été vendus à des ressortissants belges. Soit quasi neuf biens immobiliers par jour! Ce succès est en grande partie lié aux prix bas toujours en vigueur dans la péninsule ibérique. Après la crise de 2008, les prix de l’immobilier ont chuté. Et même s’ils remontent désormais (+5% en 2016 et sans doute autant en 2017), les prix restent encore aujourd’hui 30% inférieurs à ceux d’avant 2008. Selon Azull, le nombre de secondes résidences vendues à des Belges en Espagne a été multiplié par… 14 en 10 ans, avec une nouvelle hausse de 10% en 2016. Deux régions sont particulièrement prisées par nos concitoyens: la Costa Blanca (Benidorm, Alicante…) et la Costa del Sol (Malaga, Marbella, Torremolinos…).

Baby-boomers

En moyenne, les biens achetés par les Belges en Espagne coûtent 150.000 euros, pour une surface moyenne de plus de 80 m2. Et 30% des achats concernent des surfaces supérieures à 100 m2, ce qui est très grand sur le marché espagnol. Une majorité d’acheteurs belges sont des baby-boomers (nés entre 1945 et 1965), relève Azull. «Une part d’entre eux considère cet achat en Espagne comme un investissement en vue de leur future pension. Ils veulent en profiter, mais ils pensent aussi aux générations suivantes. Ils veulent aussi en faire profiter leurs enfants et petits-enfants. L’argument revient souvent: ils vont investir pour ceux qui suivent, car ils en ont les moyens. Cette génération des baby-boomers a conscience qu’elle est peut-être la dernière à avoir pu épargner correctement», explique Marleen De Vijt, CEO d’Azull. La société immobilière constate en outre un autre phénomène neuf: des firmes privées belges, notamment dans l’IT, achètent des biens en Espagne pour en faire profiter leurs… employés. Ces derniers sont envoyés là-bas pour des vacances bien méritées ou… des sessions de travail en groupe, loin des bureaux belges.

Faites-vous assister!

Le marché de la seconde résidence, on le voit, est en plein boom. L’une des raisons est le faible taux d’intérêt sur les comptes d’épargne classiques. Des Belges, à l’approche de la pension par exemple, investissent leurs économies qui ne rapportent plus rien dans un bien immobilier et se font plaisir en même temps. Plusieurs agences confirment d’ailleurs que les achats se règlent souvent sans prêt bancaire. Mais ce n’est pas toujours le cas. Et voici un autre indicateur de la bonne santé du marché: Deutsche Bank a enregistré chez nous une progression de 39% d’emprunts pour l’achat d’une seconde résidence entre janvier et avril de cette année 2017! Cette banque diffuse par ailleurs une foule de conseils pour les candidats acheteurs, le premier étant de se faire assister par des professionnels, tant en Belgique qu’à l’étranger lorsque l’on ne maîtrise pas les lois et règles locales. À ce sujet, l’expert cité par Deutsche Bank, l’avocat Wim Vermeulen, constate que l’exotisme est au rendez-vous: «Une seconde résidence en Afrique du Sud, en Uruguay ou à Bali, cela n’a plus rien d’exceptionnel. Pour leur coin de ciel bleu, les Belges choisissent de plus en plus des destinations exotiques». Attention, derrière un achat coup de cœur, se cachent une série d’implications, fiscales notamment. Premier conseil de Deutsche Bank: se faire assister d’un expert fiscal. Une discussion d’une heure ou deux suffit souvent pour se mettre au courant des pièges possibles. Autre conseil: se faire assister d’un avocat spécialisé en immobilier dans les pays où les notaires ne remplissent pas le rôle de protecteur. En Belgique et en France, le notaire est clairement investi d’une mission de conseil et de protection. Ce n’est pas le cas en Espagne ou au Portugal, où les notaires n’effectuent aucune recherche, aucun contrôle à votre place, se contentant d’apposer une signature au bas de l’acte… En Italie, l’assistance du notaire est plus importante mais n’est pas non plus suffisante pour avoir tous ses apaisements, explique Wim Vermeulen. Une fois le bien acheté (avec des droits d’enregistrement très variables d’un pays à l’autre, de 10% en Espagne à 2,5% en Italie, en passant par 5,8% en France et 6% au Portugal), gare aux taxations sur place si vous mettez cette maison ou cet appartement en location: les revenus locatifs réels sont imposés dans les quatre pays cités plus tôt (24% en Espagne, tarifs progressifs dans les trois autres). Ces revenus locatifs doivent aussi être déclarés en Belgique (ils ne seront pas taxés une deuxième fois mais entreront dans le calcul de votre taux d’imposition général). Il est utile aussi de se renseigner sur le système de droits de succession en vigueur dans le pays où vous achetez et de penser à la donation, si vous voulez que vos enfants et petits-enfants profitent longtemps de votre seconde résidence!

(*) À Brussels Expo. Entrées gratuites pour nos lecteurs à télécharger sur le site https://www.secondhome-expo.be/fr/lesoir/

 
 
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