Michel Bouquet: dernière scène
Disparu à 96 ans, il aimait le théâtre classique et le cinéma d’ambiance. Comédien moine d’une discrète exigence.
La modestie est-elle l’indice d’un talent absolu, signe de reconnaissance des plus grands ? Si c’est le cas, Michel Bouquet répond parfaitement à cette première approche. Tout au long de sa vie qui se confond avec son métier, il a mis toute sa force, tout son travail, tout son engagement dans ses rôles. Précis, tel un horloger des passions, sobre (car il se gardait de toute emphase, il n’en avait pas besoin), présent, il jouait. Il a accompagné trois générations de spectateurs : 75 ans de carrière, on ne lui connaît pas d’équivalent. Cette longévité n’avait en rien entamé ses convictions : il servait le texte, les auteurs ; il se décrivait comme un instrument, une mécanique de haute précision.








