Hakim Jemili: «L’humour est la solution à tout»
Alors qu’il cartonne sur le petit et le grand écran, Hakim Jemili, le comédien au sourire le plus lumineux de l’Hexagone, revient aux sources avec « Fatigué », un seul-en-scène mariant rire, tendresse et actualité.

Qu’est-ce qui vous a donné envie de remonter sur scène ?
C’est ce que j’aime le plus : me retrouver devant les gens, les faire rire… Il n’y a rien de plus beau que de provoquer le rire en instantané. Si en plus je peux leur redonner de la force dans des moments difficiles, ça me fait un bien fou. Ce qui ne m’empêche pas d’aimer la télé et le cinéma. D’ailleurs, là, je suis en plein tournage d’un film, où je tiens le premier rôle. Et j’écris le scénario de mon premier long-métrage. Mais j’avais besoin de retrouver ce contact direct avec le public.
Quel est le fil rouge de ce spectacle ?
Contrairement à ce que le titre laisse penser, ce n’est pas la fatigue. J’y parle de l’actualité, de religion, de ma vie personnelle… avec humour et beaucoup de sincérité. Dans un monde qui se perd dans des folies mensongères, ça me tient d’autant plus à cœur !
Vous mettez-vous des limites ?
La seule que je m’impose, depuis toujours, c’est de ne pas blesser les autres. Au contraire, je veux rassembler. En ne blessant pas les gens, on peut parler de tout !
L’humour serait-il la solution à tout ?
En tout cas pour résoudre nos petits problèmes, mais pas pour la paix dans le monde, hélas ! (Rires)
C’est aussi une voie pour les jeunes issus de l’immigration de s’exprimer, de trouver leur juste place ?
Oui, sans revendication ni victimisation, je dis souvent que l’humour est le seul endroit de France où l’on voit « réussir » des Arabes et des Noirs. Parce que c’est le public qui décide de vous regarder ou pas, si vous méritez votre place ou pas.
L’un des thèmes du spectacle, c’est la paternité. En quoi vous a-t-elle changé ?
Cela m’a « affaibli » psychologiquement et physiquement. Je suis devenu plus sensible à tout ce qu’il se passe dans le monde, en particulier quand ça touche des enfants. J’ai toujours aimé leur vision des choses, leur sincérité. Depuis que je suis papa, je me sens investi d’un rôle de protecteur, pour mon fils et pour tous les enfants.
La paternité, est-ce aussi un peu fatigant ?
Au début, un peu, parce qu’on change de rythme, on doit se lever la nuit, mais ça passe vite, et ensuite, ce n’est que du bonheur. Et puis, j’ai la chance d’évoluer dans un couple hyper égalitaire (avec l’humoriste Fadily Camara, ndlr), où il n’y en a pas un qui prend plus de charges et donc de fatigue que l’autre. Il y a d’ailleurs un conseil que je donne aux couples et jeunes parents : prenez du temps pour vous, reposez-vous. Quand on prend soin de soi, on est bien dans son couple et avec son enfant.
On vous voit souvent avec Fadily – dans « LOL », dans des vidéos de youtubeurs par exemple – mais sans que vous dévoiliez trop votre vie privée…
On veille à conserver la distance entre notre vie privée et le boulot. Il y a une tendance à vouloir tout montrer qui m’exaspère. C’est devenu un business chez certains. Dernièrement, je suis tombé sur une vidéo d’un couple qui mettait en scène sa rupture, j’ai trouvé ça horrible ; on a atteint un point de non-retour. Fadily et moi, on nous voit ensemble, on bosse parfois ensemble, on raconte ce qui peut être drôle de notre couple, mais on ne va jamais publier des vidéos de nos vacances en famille.
En France, elle a assuré vos premières parties. Aura-t-on cette chance en Belgique ?
J’ai fait appel à des talents belges, mais oui, il y a des chances pour qu’elle soit là aussi !
«Fatigué», le 23/1 au Forum de Liège, le 26/2 au Cirque Royal (Bruxelles).








