Drogue, alcool et scandales : les addictions touchent aussi les têtes couronnées

Des souverains du XIXe siècle aux princes contemporains, on les imagine protégés par l’étiquette et le protocole. Pourtant, l’histoire royale est jalonnée d’excès, parfois politiques, parfois intimes. Ces trajectoires racontent moins le scandale que la vulnérabilité. Hier instrument économique ou remède médical, aujourd’hui confession intime ou chute publique, l’addiction traverse les siècles. Sous les diadèmes, il y a des failles. Et parfois, des combats silencieux.
Victoria, l’opium et l’Empire
Au XIXe siècle, la très morale reine Victoria fut qualifiée de « baronne de la drogue ». Non pour des frasques nocturnes, mais pour une stratégie impériale. Jusqu’à 20 % des revenus britanniques provenaient du commerce de l’opium avec la Chine. Pour compenser le déficit lié aux importations massives de thé, Londres inonda la Chine d’opium cultivé en Inde. Les guerres de l’opium et la dépendance d’une partie de la population chinoise en furent les conséquences. Ironie de l’histoire : Victoria elle-même consommait des dérivés opiacés lors de ses accouchements et en post-partum. À l’époque, le laudanum relevait de la médecine, non du scandale.
Harry, l’aveu comme rupture
Un siècle plus tard, le prince Harry choisit la transparence. Il reconnaît avoir consommé cannabis, cocaïne et champignons hallucinogènes. Des confidences inhabituelles dans un univers bâti sur la retenue. Il évoque ces « expériences » comme une tentative de survivre au traumatisme de la mort de sa mère, Diana. Oublier, anesthésier, tenir. Il parle aussi d’une relation compliquée à l’alcool dans sa jeunesse. Là où l’institution cultive le silence, il revendique l’aveu comme outil de reconstruction.
Mette-Marit, le pardon avant la couronne
En Norvège, le passé de Mette-Marit ressurgit à l’annonce de son mariage avec le prince héritier Haakon. Consommation de drogue, fréquentations douteuses, un ancien compagnon sulfureux. À quelques jours des noces, elle convoque la presse et s’excuse publiquement. Elle parle d’« expériences chèrement payées ». Le geste surprend, mais désarme. La monarchie norvégienne survit à la tempête.
Rama X, l’exil polémique
En Thaïlande, le roi Rama X incarne une autre image de l’excès. Vie privée controversée, goût pour la fête. Pendant le confinement mondial, il choisit de s’installer en Allemagne, privatisant un palace bavarois avec son entourage. Dans son royaume, la critique demeure sensible. À l’étranger, elle est frontale. Deux perceptions pour un même souverain.
Ernst-August, la chute visible
Ernst-August de Hanovre traîne depuis longtemps une réputation d’alcoolisme. Altercations publiques, condamnation en Autriche à dix mois de prison avec sursis pour violences envers des policiers. Fin 2024, un nouvel incident dans un restaurant madrilène ravive les inquiétudes. Cure, rechute, exposition médiatique : ici, la dépendance n’a rien d’abstrait.








