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« Il vient juste de prendre la place de Dieu » : la mort de Chuck Norris rend virales de nombreuses blagues

L’acteur s’est éteint à l’âge de 86 ans. Mais ne serait-ce pas plutôt la mort qui s’est « chucknorrisée » ?
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Chuck Norris est décédé. Mais personne n’y croit vraiment. « Chuck Norris n’est pas mort, il vient juste de prendre la place de Dieu », cet aphorisme tout frais a rapidement rejoint la légion d’autres « facts » dédiés au géant du cinéma d’action très premier degré. Car Chuck Norris est sans doute moins connu aujourd’hui pour la qualité de son jeu ou de ses films que pour les célèbres « mèmes » satiriques autour de sa personne : textes, images, vidéos ou GIF devenus viraux sur les réseaux sociaux.

Il est mort deux fois en 47 minutes

L’acteur et champion d’arts martiaux américain, né Carlos Ray Norris le 10 mars 1940 en Oklahoma, est officiellement décédé le matin du jeudi 19 mars 2026, à l’âge de 86 ans, à Hawaï, après avoir été hospitalisé en urgence médicale. Il s’est éteint dans sa chambre d’hôpital, entouré des siens. Comme diraient d’aucuns, la mort a attendu qu’il soit fin prêt avant de l’emporter.

Le décès de Chuck Norris fut soudain et inattendu. À son âge, il était encore en très bonne forme physique. Le 10 mars dernier, à l’occasion de son 86e anniversaire, il avait posté une vidéo d’entraînement dans laquelle il « massacrait » un sparing-partner. L’acteur précisait ensuite, goguenard, face caméra : « Je ne vieillis pas, je passe à un niveau supérieur. »

Immortel, on pensait qu’il l’était, en effet, depuis 2017. Cette année-là, après une apparition aux championnats du monde de la United Fighting Arts Federation à Las Vegas dans le Nevada, il est foudroyé par une crise cardiaque dans sa chambre d’hôtel. Lors de son transport vers l’hôpital, il subit un double arrêt du cœur. Les urgentistes parviennent à le ramener par deux fois à la vie. « Tout s’est passé si vite qu’on a eu l’impression qu’il était mort deux fois en 47 minutes ! », racontera un témoin. Ce double come-back miraculeux a contribué à sa légende.

Le combattant

Le personnage de Walker, le Texas Ranger, a installé la notoriété de Chuck Norris à la télévision.
Le personnage de Walker, le Texas Ranger, a installé la notoriété de Chuck Norris à la télévision. - Content Curation

Avant de devenir une star de série B, Chuck Norris fut d’abord un « warrior », un vrai combattant. Au divorce de ses parents, alors qu’il est âgé de 16 ans, le jeune Carlos déménage en Californie avec sa mère et ses frères (dont le futur producteur Aaron Norris). Études en poche et alliance au doigt, il rejoint les rangs de l’US Air Force et effectue son service militaire à la base d’Osan, en Corée du Sud. C’est là qu’il reçoit son fameux surnom de « Chuck », là aussi qu’il se passionne pour un art martial, le tangsudo.

Lorsqu’il quitte l’armée en 1962, il devient champion du monde de karaté (de 1968 à 1974) et ouvre une école à son nom en Californie, fréquentée par de nombreuses célébrités, dont un certain Steve McQueen. Norris se passionne pour tous les arts martiaux et décroche des ceintures noires dans à peu près toutes les disciplines. Il est même grand maître en taekwondo (8e dan).

La star

S’il brille sur les tatamis, il doit son passage sur grand écran à un autre champion, Bruce Lee. La star du kung-fu le veut comme « grand méchant » dans son film « La fureur du dragon » en 1972. S’il se prend une dégelée sur écran, son charisme évident, et l’appui de Steve McQueen, lui ouvrent la voie du cinéma. Même s’il en a plutôt emprunté la contre-allée que les Champs-Élysées hollywoodiens ! À quelques films d’action à l’efficacité reconnue – « Les casseurs » (1977), « Portés disparus » (1984), « Sale temps pour un flic » (1985), « Delta Force » (1986) –, il ajoute un sacré paquet de nanars de série B qui ont forgé sa légende de héros américain viril et sans peur, au kitsch bien aidé par des ralentis douteux et des dialogues devenus cultes : « Attention où vous mettez les pieds ! » / « Je mets les pieds où je veux, Little John. Et c’est souvent dans la gueule. » On sent que les doubleurs francophones s’en sont donné à cœur joie…

La série « Walker, Texas Ranger » (1993-2001), qui a fait les beaux après-midi dominicaux de TF1, a quant à elle durablement installé dans la culture populaire sa silhouette – jeans, Stetson, santiags, regard d’acier – et ce fameux coup de pied retourné qui clôturait invariablement chaque épisode ! Certes, Norris n’était pas le plus grand acteur de sa génération, mais il était, incontestablement, l’un des plus identifiables.

Le mythe

Les nanars dans lesquels il a joué ont façonné son image de superhéros américain très viril.
Les nanars dans lesquels il a joué ont façonné son image de superhéros américain très viril. - Content Curation

Puis internet est arrivé, et avec lui cette étrange forme d’immortalité. Au début des années 2000 apparaissent les « Chuck Norris facts », aphorismes absurdes et hyperboliques qui transforment l’acteur en figure quasi divine, symbole d’invincibilité, une icône intergénérationnelle. Mais derrière le personnage glorifié par sa caricature, il y avait aussi un homme aux idées assez affirmées. Soutenant initialement le Parti démocrate, il le juge « trop à gauche » et déconnecté de la réalité américaine et devient un républicain engagé, notamment en faveur de Donald Trump.

Il accorde pareil soutien au Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou, « seul leader à se dresser contre les forces diaboliques qui menacent Israël et les États-Unis », dira-t-il. Il n’aura pas vu ces derniers réussir leur coup de force contre l’Iran. Chuck Norris est parti castagner les étoiles. Il laisse derrière lui son épouse Gena O’Kelley et cinq enfants. Et une éternelle question : Chuck Norris est-il vraiment mort ? Ou bien la mort a-t-elle fait semblant de gagner, histoire de ne pas perdre la face ?

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