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Voici pourquoi il faut prendre soin de son microbiote, organe le plus important du corps humain

Le bon entretien de votre microbiote intestinal vous fera gagner de nombreuses années en bonne santé. Copiez les supercentenaires !
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Le gastro-entérologue et hépatologue français William Berrebi pratique la médecine microbiotique depuis seize ans. Ce spécialiste considère en effet le microbiote (appelé autrefois « flore intestinale ») comme l’organe le plus important du corps humain, le « patron » de tous les autres. Son dernier ouvrage « Vivez 100 ans grâce à votre microbiote » (éd. Harper Collins), qui fourmille de conseils concrets, révèle – fait rare chez les médecins – une approche holistique des soins de santé. Et bien sûr, tout tourne autour de ce fameux microbiote, composé de pas moins de 600.000 gènes et investi de quelque 39.000 milliards de bactéries… Pour entretenir ce trésor de manière à pouvoir vivre longtemps en bonne santé, une bonne hygiène de vie s’impose, que le Dr William Berrebi détaille en dix points cruciaux qu’il appelle « Power 10 » : la gestion du stress, l’activité physique, le sommeil, le jeûne séquentiel, l’alimentation riche en végétaux et en fibres, la consommation raisonnable d’aliments d’origine animale, le bannissement des aliments ultratransformés assorti de la limitation du sucre, la vision optimiste de la vie, l’arrêt du tabagisme et les soins de la bouche. Les études menées sur les supercentenaires (nom donné aux personnes âgées d’au moins 110 ans) ont ainsi démontré que l’on pouvait attribuer leur longévité pour 10 % à leurs gènes et pour 90 % à leur mode de vie. « Le microbiote des centenaires et plus a ceci de particulier de posséder à la fois une quantité élevée et une grande diversité de bonnes bactéries, mais aussi une présence réduite de bactéries pathogènes, nous explique le Dr Berrebi. Ces personnes âgées ont en réalité un microbiote intestinal jeune. »

Il faut dire qu’à partir de 60-65 ans, le microbiote s’appauvrit, tant en quantité qu’en diversité d’espèces de bactéries. Heureusement, on connaît désormais ce qu’il convient de faire pour le restaurer et ce constat ouvre d’enthousiasmantes perspectives, notamment celle de pouvoir éviter ou retarder l’apparition de certaines maladies.

Rajeunir le microbiote

Jugez plutôt : entre autres exemples, le spécialiste nous explique qu’en créant un écosystème réceptif, on multiplie par trois la réponse de notre organisme à une chimiothérapie. Mieux encore : la transplantation fécale – « technique qui consiste à implanter dans l’intestin d’un patient une flore bactérienne saine apportée par les selles d’un donneur sain », explique le Dr Berrebi – se prépare à devenir l’un des traitements les plus prometteurs du futur. Le microbiote ainsi « rajeuni » pourrait notamment permettre de retarder le vieillissement ovarien ou encore de traiter la maladie de Parkinson. Et l’auteur de citer une première, réalisée par l’Hôpital universitaire de Gand, qui a démontré que les patients atteints de la maladie de Parkinson qui avaient reçu des selles de donneurs sains ont vu notamment leurs symptômes moteurs s’améliorer de façon significative au bout d’un an. La transplantation fécale pourrait également constituer une solution (en cours d’étude) pour le traitement de la maladie d’Alzheimer. Aujourd’hui, la technique n’est indiquée que pour les infections récidivantes à Clostridioides difficile.

« Avant de m’intéresser au microbiote intestinal, j’étais un gastro-entérologue lambda, qui se contentait de soigner les symptômes, sourit le Dr Berrebi. Je ne m’occupais pas de traiter le microbiote de mes patients. Or, les bactéries circulent partout, c’est le premier réseau interconnecté. Cela a changé radicalement ma vision des choses. Désormais, je m’intéresse à la nutrition et au mode de vie de mes patients. » Le livre du Dr Berrebi parle à tout le monde. Il pourrait bien changer votre vie.

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