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France Télévisions promet un budget « resserré » pour le Festival de Cannes

Les dirigeants du groupe en ont profité à envoyer des piques à Canal+.
Par l’AFP
Temps de lecture: 3 min

Moins d’émissions et une gestion plus rigoureuse des frais d’hôtels : les dirigeants de France Télévisions ont promis mardi un budget « resserré » au Festival de Cannes (12-23 mai), tout en adressant plusieurs piques à Canal+, l’ancien diffuseur, dans le giron du milliardaire conservateur Vincent Bolloré.

« Tous les programmes sont soumis à un effort d’économie pour gérer la baisse des dotations publiques qu’on doit absorber », a expliqué lors d’une rencontre avec des journalistes le directeur du cinéma de France Télévisions, Manuel Alduy.

Outre la diffusion des cérémonies d’ouverture et de clôture, « une seule équipe » de l’émission « C à vous » sera sur place, « Télématin ne descendra pas à Cannes », tandis que « C ce soir », le débat animé par Karim Rissouli, traitera pendant cinq soirs du cinéma, a-t-il notamment détaillé.

De quoi dégager des économies sur les nuits d’hôtel, dont le prix sera par ailleurs plafonné (de 180 à 500 euros), à l’exception des dirigeants invités par le festival, a ajouté le numéro 2 du groupe public, Stéphane Sitbon-Gomez.

Les frais d’hôtel pour France Télévisions lors de l’édition 2023 du festival ont été pointés par le rapporteur de la commission d’enquête sur l’audiovisuel public, le député Charles Alloncle (UDR), leur montant s’élevant à plus de 110.000 euros.

Mais le groupe public s’est défendu en assurant n’avoir pas déboursé un euro, car il avait recours à la pratique du « barter », qui consiste à recevoir des services en échange d’espaces publicitaires invendus.

Les dirigeants de France Télévisions ont insisté sur l’importance à leurs yeux d’exposer le festival sur les chaînes du service public, tout en adressant plusieurs piques à Canal+, son ancien diffuseur jusqu’en 2021.

Stéphane Sitbon-Gomez a notamment estimé que le PDG du groupe privé, Maxime Saada, avait « menti » devant la commission d’enquête en affirmant que France Télévisions avait fait de la « surenchère » pour arracher les droits de diffusion à sa chaîne.

« Depuis qu’on est partenaires, il y a un Français sur deux qui est en contact avec le Festival de Cannes (…), donc on est passé d’une caste à un peuple », a lancé le numéro 2 de France Télévisions.

« La seule niche qui existe aujourd’hui, c’est la ‘niche Bolloré’ », a-t-il ajouté, alors que les médias dans le giron du milliardaire conservateur ont souvent ciblé ces derniers mois le coût de l’audiovisuel public, aussi accusé de pencher trop à gauche.

Tout en ayant baissé ses investissements, Canal + reste le premier financeur du cinéma français, avec 480 millions d’euros minimum de 2025 à 2027. France Télévisions a investi 65 millions d’euros par an depuis 2024.

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