En pleine tournée de la « Star Academy », Anouk se confie : « J’ai un peu peur de me mettre dans une case »

Anouk Klein, connue par les téléspectateurs par son simple prénom, est entrée dans la lumière lors de la dernière saison de la « Star Academy ». Avant cela, c’est à « The Voice Kids » Belgique que la jeune femme, originaire de Wanze, s’était fait remarquer en atteignant la finale. Aujourd’hui âgée de 20 ans, Anouk a séduit les téléspectateurs, belges et français, tout au long de la treizième saison de l’émission culte de TF1. Depuis son départ du château, la jeune artiste s’attelle à ses projets personnels, mais elle est aussi sur scène avec ses camarades pour la tournée « Star Ac ». Une tournée qui a fait halte mi-avril à Forest National et qui sera le 15 mai prochain à l’ING Arena (Palais 12) de Bruxelles.
Comment se passe la tournée ? La réalité est-elle à la hauteur du rêve ?
C’est une bonne question… Le vivre « en vrai » est forcément différent de ce qu’on imagine. Cela implique plein de choses, notamment de s’adapter à un nouveau quotidien pour tenir le rythme. Mais à côté de ça, c’est vraiment incroyable. C’est même au-delà de mes espérances. En fait, je n’avais pas vraiment d’attentes parce que je ne pouvais pas imaginer ce qu’était une tournée. Donc c’est une très belle surprise, et tout se passe super bien.
L’accueil du public est impressionnant. Comment vivez-vous ce passage de l’ombre à la lumière ?
Je me rends compte que ce n’est pas quelque chose de naturel. Même quand on veut faire de la musique, il y a généralement un long chemin avant d’accéder à de grandes scènes. Là, c’est particulier. Ce qui est très beau, c’est la diversité du public : des enfants, des adultes, toutes les générations. Réussir à rassembler autant de monde grâce à cette aventure, c’est fort. Pour le passage de l’ombre à la lumière, je ne m’y habitue pas vraiment. Je ne réalise pas encore totalement parce que tout s’est enchaîné très vite. Le fait de vivre ça avec les autres candidats m’aide beaucoup : on est tous dans la même situation. On en parle entre nous, et ça permet de mieux comprendre ce qu’on vit.
L’osmose entre vous, née au château, est-elle toujours là aujourd’hui ?
Oui, mais c’est différent. Au château, comme on est coupé de nos proches, on crée presque une forme de dépendance les uns aux autres. On vit quelque chose de très intense, donc on a besoin de le partager. On était très proches. Aujourd’hui, chacun a retrouvé son entourage et ses projets, mais on a gardé des liens forts, beaucoup de respect. Je suis vraiment contente de ce qu’on a construit.
Entre votre sortie du château et le début de la tournée, tout s’est enchaîné. Avez-vous eu le temps de vous poser ?
C’est vrai que tout est allé très vite et je n’ai pas encore vraiment eu le temps de me poser longtemps avec mes proches. Mais j’ai quand même réussi à organiser des moments en famille, revoir mes amis. On trouve du temps, même quand il y en a peu. Et je pense aussi aux finalistes, pour qui c’était encore plus intense. Moi, j’ai eu le temps de me reposer un peu et de commencer à réfléchir à mon projet personnel. Le timing restait faisable.
Quand vous repensez au château, qu’est-ce qui vous revient en premier ?
Je pense surtout à la personne que j’étais au début. Aujourd’hui, je me sens mieux. Au château, on était constamment en remise en question : sur notre place, sur la perception du public qu’on ne connaissait pas. Ça crée une introspection permanente. On se demande si on gère bien le stress, si on s’intègre bien. Moi, je n’avais jamais vécu en dehors de chez mes parents, encore moins en groupe ! Je me revois comme quelqu’un qui doutait beaucoup, mais qui a été rassurée en sortant. J’ai vraiment l’impression d’avoir grandi.
Votre entourage vous trouve-t-il changée ?
Oui, on me l’a beaucoup dit, et je le ressens aussi. Quand ce sont les proches qui le disent, c’est encore plus concret. En même temps, rien n’a changé dans mes relations : tout est resté très sain. C’est important pour moi de garder mes repères, mes amis. Mais cette expérience m’a apporté plus de confiance. J’ose davantage croire en mon rêve. J’ai aussi plus confiance en mon corps : au château, j’avais peur de ne pas tenir, de manquer de sommeil. Finalement, j’y suis arrivée, et ça m’a beaucoup aidée.
Comment garder les pieds sur terre après une telle expérience ?
Ce n’est pas évident parce que notre quotidien est désormais centré sur la musique, alors que ce n’est pas celui de la majorité des gens. C’est important de garder des proches en dehors de ce milieu, pour parler d’autre chose, relativiser. Il faut aussi se détacher de la pression des réseaux sociaux. Et rester conscient de la chance qu’on a. Pour nous, vivre de la musique, c’était un rêve. Aujourd’hui, c’est le cas grâce à la tournée. Je ressens beaucoup de gratitude.
Comment envisagez-vous la suite ?
À court terme, la tournée continue, avec des week-ends chargés. C’est un marathon, donc je dois prendre soin de moi pour tenir le rythme et éviter de tomber malade. La fatigue est là, même si c’est une expérience incroyable. Et à côté, je continue à travailler sur mes projets musicaux. C’est ce que je fais depuis ma sortie du château, et j’adore ça.
Avez-vous déjà une direction artistique en tête ?
C’était une vraie question en sortant : comment m’exprimer, trouver mes mots, écrire seule ou pas ? Finalement, je pense avoir une idée assez claire de ce que je veux, tout en restant ouverte aux conseils. J’ai surtout le sentiment de faire quelque chose qui me correspond.
Quelle est votre identité musicale ?
J’ai un peu peur de me mettre dans une case. Pour l’instant, j’ai l’impression que ce que je fais me ressemble, donc la « case », ce sera moi. Ce seront en tout cas des chansons en français.
Qu’avez-vous envie de transmettre à travers la musique ?
C’est important pour moi de me sentir utile. Avant, je faisais du droit pour ça. Aujourd’hui, si je vis mon rêve, j’ai envie de trouver un moyen de faire du bien aux gens. Mais je suis aussi consciente que j’ai 20 ans et que je dois encore vivre pour nourrir mon écriture. Je ne veux pas écrire des choses qui me dépassent. Ça va évoluer avec le temps.
Avez-vous déjà reçu des propositions de collaborations ou de maisons de disques ?
Oui, on est beaucoup sollicité après la « Star Academy ». L’émission nous a exposés, donc beaucoup de gens nous découvrent. J’ai eu des propositions, ce qui m’a permis de faire des sessions en studio avec d’autres artistes, d’apprendre leurs méthodes. J’ai aussi moi-même contacté des artistes qui m’inspirent, simplement pour apprendre, sans pression. Ça m’a ouvert à beaucoup de rencontres. Et parfois, je me dis que la Anouk d’il y a un an serait impressionnée par tout ça.
C’est important de garder des proches en dehors de ce milieu, pour parler d’autre chose, relativiser.







