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Programme télé de ce vendredi 8 mai : notre sélection

Ce soir à la télé, le documentaire « Les enfants des inondations ». Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Par Ingrid Otto
Temps de lecture: 3 min

Visage de l’info lors des inondations de juillet 2021, Luc Gilson prête aujourd’hui sa voix à un documentaire qui revient sur les lieux, cette fois à hauteur d’enfant. Entretien.

Cinq ans ont passé depuis la catastrophe. Quel souvenir en gardez-vous ?

Le temps file, mais je m’en souviens comme si c’était hier. À l’époque, j’étais à la présentation du journal ; je me rappelle précisément les avertissements des jours précédents. Il y en avait tellement, souvent sans suite, qu’on n’imaginait pas l’ampleur du cataclysme à venir. Le premier jour, pendant le 19h, on a vu la violence des pluies s’intensifier en direct. En fin de journée, la prise de conscience a été brutale. C’était totalement inattendu. On a envoyé des équipes partout. Je l’ai vécu de l’intérieur, par le prisme de l’information.

Le documentaire s’intéresse aux enfants, ces « sinistrés silencieux ». Pourquoi cet angle ?

On a déjà beaucoup traité le sujet – j’ai moi-même participé à des émissions spéciales depuis le drame. Ici, l’approche est différente : on donne la parole à ceux qui étaient enfants ou adolescents à l’époque. On découvre comment ils ont vécu le choc et, surtout, où ils en sont aujourd’hui. Est-ce qu’un traumatisme persiste ? Comment se reconstruit-on après avoir été bloqué dans un centre de vacances sans nouvelles de ses parents, ou après avoir attendu les secours sur le toit de sa maison ? Chaque parcours est différent, marqué parfois par des épreuves supplémentaires, comme ces familles victimes d’arnaques et d’escroqueries durant la reconstruction.

Le traumatisme est-il toujours omniprésent chez ces jeunes ?

Clairement. La plupart sont profondément marqués. Pour certains, la peur de l’eau ou de la pluie est toujours là, viscérale. D’autres ont décidé de tourner la page, mais ressentent encore ce besoin vital de s’exprimer. On sent un « avant » et un « après ». À l’époque, ils étaient impuissants, spectateurs forcés d’un événement qui les dépassait. C’était un devoir de leur donner la parole pour comprendre comment ils ont géré cette bascule.

Peut-on y voir un signal d’alarme sur l’éco-anxiété d’une génération qui doit apprendre à vivre avec ces menaces climatiques ?

C’est la conclusion logique. Ces témoignages révèlent une maturité impressionnante. Face aux dérèglements climatiques et à la répétition de ces catastrophes, ces jeunes réclament un monde qui ne « part pas en vrille ». On sait que la conscience écologique est forte chez les nouvelles générations, mais chez eux, elle est décuplée par le vécu. Ils connaissent le prix du risque.

Peut-on tout de même parler de résilience ?

Oui, car malgré les cicatrices, la vie a repris son cours. Ils ont appris à gérer ce traumatisme et ils en parlent aujourd’hui avec une grande sérénité. Ils ne sont pas brisés, ils sont marqués. C’est là que réside leur force : cette capacité à avancer malgré les fantômes du passé.

« Les enfants des inondations », 19h50, RTL-TVI.

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