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Programme télé de ce mercredi 27 mai : notre sélection

Ce soir à la télé, « Benedetta» avec Virginie Efira en tête d’affiche. Retrouvez également les critiques de Dominique Deprêtre.
Journaliste Temps de lecture: 3 min

Toscane, dix-septième siècle. On y vit toujours dans un climat de Contre-Réforme en réaction à la contestation protestante qui a au moins réussi à amener un renouveau radical dans les us et coutumes d’une Église catholique qui ne l’était pas moins. L’abbesse Benedetta guide son couvent entre mysticisme et saphisme envers une jeune protégée, ce qui lui vaut d’être bientôt « mise en examen » à la demande de celle qui l’a précédée au titre, par un nonce…

La vraie Benedetta Carlini est née en janvier 1590 à Vellano, et s’est éteinte recluse et âgée de 71 ans à Pescia, ville située entre Florence et Lucques, future ville natale de la maman de Carlo Lorenzini, l’auteur de « Pinocchio » sous le pseudo de Collodi. Coïncidence allégorique à l’affabulation de la religieuse lesbienne ? Comme on devait s’y attendre, Paul Verhoeven, l’auteur néerlandais des « Turks Fruit », « Basic Instinct », « Showgirls » et « Elle » a largement tenu à mettre en exergue la plus-value sulfureuse d’un scandale d’antan dont on ne sut jamais la vérité. La genèse du film est tout aussi hésitante. Le succès du susmentionné « Elle » déclenche en 2016 un enthousiasme presque dithyrambique autour d’un auteur décoté depuis son retour chez lui en dépit d’un sensationnel « Zwarteboek » considéré comme son vrai chef-d’œuvre 20 ans après sa sortie. Il est question de plusieurs projets, dont ce biopic sur sœur Benedetta d’abord intitulé, sans rire, « Sainte Vierge » ! Le producteur franco-tunisien Saïd Ben Saïd veut à nouveau réunir Virginie Efira et Isabelle Huppert, en sachant que cette fois, notre Schaerbeekoise aurait le rôle titulaire, mais en fin de compte, ce sera Charlotte Rampling qui jouera la mère supérieure, avec Lambert Wilson en inquisiteur et une autre Bruxelloise, d’origine grecque, Daphné Patakia, en jeune proie de son aînée. Laquelle ne se cache pas, ce qui sera le cas de le dire. Très admirative de l’œuvre de Verhoeven, elle se déclare en effet « prête à tous les sacrifices ».

Il y aura malheureusement le Covid-19 en cours de route. Le tournage lui-même n’en est pas trop perturbé ce qui n’est pas le cas d’une sortie qu’on prévoit tapageuse. À l’octantaine bien entamée, l’auteur amstellodamois n’a rien perdu ni de ses obsessions ni de son sens de la provocation, avec ce titre très romancé dont l’héroïne, entre perversion charnelle et lesbienne, est très à la mode… de nos jours, certes proscrite à l’époque où Molière dénonçait pourtant l’hypocrisie du clergé. Résultat décalé, aussi spectaculaire que passionnant et même assez rigolo. Tout Virginie, quoi…

« Benedetta », 21h00, Arte, Trois étoiles.

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